‹ Le missionnaire des enfants [microforme]Chapitre 96 sur 228 · LES FRÉQUENTATIONS · texte numérisé non relu

LES FRÉQUENTATIONS

Le châle trouvé, — Un soir, c'était vers cinq lieures de l'après-midi, un agent de police suivait les rives de la Tamise à Londres, près des docks, du côté du fleuve où il y a peu de maisons, Tout en cheminant, il voit un châle étendu par terre au bord du fleuve, Il le ramasse, le considère et se demande avec surprise comment ce châle se trouve là. Une femme l'auraitelle laissé tomber par mégarde, ou bien la personne à qui il appartient se serait-elle noyée dans la Tamise ? Dans l'incertitude où il se trouve, il prie quelques hommes de l'aider à sonder le fleuve. Ils retirent de l'eau quelque chose de pesant : c'était le cadavre d'une jeune fillet Sa chevelure était noire et sa tête n'avait pas de coiffure, Le cadavre est déposé dans un cabaret qui à pour enseigne La Tête du Roi. On fait une enquête judiciaire pour savoir ce qui s'est passé, Personne n'avait été témoin du fait, et on ignorait si la jeune fille s'était noyée elle-même ou si elle avait été jetée dans le fleuve. Enfin on à l'idée de visiter ses poches; on trouve dans l'une d'elles une lettre que la noyée adressait à sa tante et que nous reproduirons tout à l'heure, On verra par la lettre que l'infortunée était une catholique irlandaise, Elle avait quitté l'Irlande pour se rendre à Londres auprès d'un oncle et d’une tante dans l’éspoir d'améliorer sa position, Comment l'améliora-t-elle ? On le verra par sa lettre. Arrivée à Londres, elle forma de mauvaises liaisons, elle entretint de mauvaises fréquentations et par suite elle s'attira un terrible malheur. La honte et le désespoir lui firent prendre le parti de se noyer. Elle écrivit une lattvo à sa tante pour l'informer de sa résolution, mit la lettre dans sa noche et alla se jeter dans le fleuve, Voici cette lettre

“ Ma chère tante, rappelez-moi au souvenir de mon père et .

de ma mère qui sont en Irlande, et dites-leur que je ne suis plus! Adieu, mon oncle et ma tante; je suis partie et profondé-

Ne m'oubliez pas, car je viendrai vous trouver; mais n'ayez pas peur de moi! Adieu à vous, ma tante, et aussi à ma petite sœur Fanny ; car je ne suis plus. C'est au fond de l’eau que vous me trou orez! Jamais, jamais plus, non jamais plus! C'est pour toujours! Ma tante, ma tante, mon cœur! Ma tante, souvenez-

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Vous de moi; pensez à moi, tandis que je suis profondément endormie et que les poissons veillent autour du cadavre de Hannah Kelly, de la ville de Kilhaven en Irlande, Ma tante, rappelez-moi au souvenir de tous mes amis

serve d'avertissement aux jeunes filles et les mauvaises liaisons, ,

O Hannah Kelly ! les poissons, dites-vous, veillent autour de votre corps! Mais dites-nous, dites-nous quelle espèce de poissons veillent maintenant autour de votre âme? Et vous, jeunes filles, que l'exemple d'Hannah Kelly .oit, comme elle le dit ellemême, un avertissement pour vous ! — Sur le rivage de la mer on élève un immense poteau au sommet des rocs Pour avertir le: marins de se tenir à distance, s'ils ne veulent pas faire naufrage ; de même, que le cadavre d'Hannah Kelly, vetiré de l'eau avec sa noire chevelure pendante, soit pour les jeunes filles un avertissement qui les détourne de toutes les mauve Que doit-on faire relativement aux gens, ne fréquentez pas les jeunes personnes ne fréquentez pas les jeunes gens. « Quand il bois, le feu s'éteindrar » — Quant aux enfant les garçons jouent avec les garçons, et les filles avec les filles. Ecoutez ce que dit saint Alphonse sur cette matière 4 gens et jeunes filles, dit-il, fuyez les fréquenta Inencement, le démon ne vous suggère rien de mal une mauvaise pensée ; mais bientôt l'affection prend raci

le savoir,

t votre Dieu !

Combien de jeunes gens innocents le démon a séduits de la

Une jeune personne désire faire une question, — “ Je suis, dit-elle

» VOUS êtes sur le point d'épouser ce jeune homme : eh bien! voici ce que vous devez faire, D'abord, ayez soi jamais vous trouver seule avec lui, surt

l'obscurité, en secret, ou en des lieux solitaires, Ensuite, évitez les longs entretiens et les longues pro

marier avec dui, dit-elle, je doi ce qu’il est. » Jeune person

(1) Pros +5: 20,

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l’épouser, vous avez besoin de savoir ce qu'il est, Soit. Mais, dites-moi, quel est le meilleur moyen de le connaîtré? Est-ce de Converser beaucoup avec lui? Non. — Pensez-vous que s'il d'un mauvais caractère, il vous: le révélera ? I] est plus que probable qu'il aura le mensonge à la bouche pour vous tromper, Il vous flattera, il vous promettra le mariage, promesse que peut-être il n'x nullement l'intention de tenir. Des centaines, des milliers de jeunes gens ont promis le mariage à leurs victimes ; puis, après les avoir précipitées dans le crime et le déshonneur, ils ont trahi leurs engagements et couru d'autres aventures. Le meilleur moyen de connaître le caractère d'un jeune homme, c'est d'interroger non pas lui, mais les personnes qui le connaissent. Si vous agissez autremen » VOUS Courez risque de vous perdre,

Le commencement de la berdition. — Une jeune fille ne doit :

jamais souffrir que l’on se permette avec elle aucune familiarité contraire à la modestie chrétienne, par exemple, qu'on la prenne par la taille, ete. Il y a des Jeunes personnes qui se contentent alors de rire ; mais soyez sûr que celles qui permettent des familiarités de ce genré deviendront ja proie du démon. Elles ne sont pas dignes de recevoir les sacrements et ne donneront jamais rien de bon. Il est certain que ces manières trop libres sont pour elles l'occasion et la source de toutes sortes de maux; celles qui s’y prêtent sont tout près de la perdition. Par conséquent vous, jeune homme, ne vous permettez jamais de pareilles familiarités, Dieu frappera cette main qui conduit les autres à la mort. « Si votre main droite vous scandalise, coupez-la, » vous dit Jésus- Christ.l Et vous, jeune fille ou jeune femme,ssi vous rencontrez des jeunes gens qui se comportent de la sorte envers vous, ne répondez pas à leurs manières par un rire stupide, comme font certaines filles insensées. Témoignez à l'instant votre indignation; déclarez que vous ne souflrirez jamais un tel manque de respect et, pour l'amour de Dieu, quittez une pareille société, Uné jeune personne disait toujours qu’elle n'aïmait pas ces familiarités, et cependant elle allait volontairement dans les compagnies où elle savait qu'on se les permettrait, Cetre fille était coupable ; car elle s'exposait de son plein gré au danger du péché, Ne recevez ni lettres ni présents, quand vous savez que vos parents en auraient du déplaisir. Les jeunes filles pauvres doivent

leur sont offerts par des étrangers qu'elles ne connaïssent pas, surtout si ceux-ci leur propo-

Voulez-vous savoir commènt meurent ceux qui entretiennent des fréquentations? Ecoutez une histoire rapportée par saint Léonard de Port-Maurice.

La mort d'une jeune file qui entretenait une fréquentation,

(1) Matth. v.

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— Une jeune fille se pr'omenait;un jour sur le grand chemin, Un jeune homme la rencontre et lui de

à un village voisin, Elle la lui indiq

suit qui dure environ une demi-heure, Après le départ du jeune homme, la jeune fille se dit en elle j

ec le jeune homme. La malheureuse ne tient nul compte de leur défense ni de

lui parle dans le même sens; mais elle n’en et.les choses continuent sur le même pied, Quelques mois après, la jeune fille tombe gravement malade. Le docteur est appelé; mais tous les remèdes sont inutiles et elle est bientôt réduite à l'extrémité. « Il est temps, disent les voi- Sins, qu’elle pense à son âme et qu’elle se prépare à la mort. » On appelle le prêtre, Arrivé au chevet de la malade, l’homme de

ces tête-à-tête, de ces entrevues multipliées e avaient lieu même dans les ténèbres, Moi combien tout cela était dangereux, » —Ene la malade fond en larmes et dit :

tenant combien tout cela était mal mencerai plus. » — Le prêtre est si bonnes dispositions. I] entend d nistre les derniers Sacrements et à Mourante fait dire à son père qu'elle le prie de monter dans sa chambre, qu’elle veut lui parler. — Le père vient et lui demande ce qu’elle désire, « J'ai pensé, dit-elle, à ce jeune homme, Je voudrais le voir et déclarer en sa présence qu'à l'avenir je ne le fréquenterai plus, » - Cela ne isai ; Cependant, comme sa fille paraissait y tenir beaucoup et qu'il s'agissait, ce semble, de tranquilliser davantage sa conscience, il envoya chercher le jeune homme. — Celui-ci, apprenant le désir de la moribonde, se présente et monte auprès d'elle ; mais le démon y monte avec lui. A la vue de l’objet de sa passion, la fille relève un peu sa tête mourante, Pendant quelques instants elle fixe les yeux sur la figure du jeune homme sans rien dire. Enfin d'une voix tremblante elle s'exprime ainsi : « Mon cher, je me meurs et Je dois te dire que

je t'ai toujours aimé; mais maintenant je t'aime mille fois plus qu'auparavant. Par amour pour toi j'ai foulé aux pieds mes devoirs envers Dieu, et je sais que ce fatal amour me conduit en enfer ; mais je ne m'en soucie pas : à cause de toi je veux être damnée pour toujours en enfer! » — Ce furent ses dernières paroles. Elle laissa retomber sa tête sur son oreiller; elle était morte, et son âme comparaissait devant le tribunal de Jésus- Christ pour se voir précipitée en enfer et pour se sentir dévorer par les flammes,

Quel changement! Il n’y a qu'un moment elle aimait tellement ce jeune homme, que pour lui elle donnait son âme aux démons; et maintenant en enfer elle le hait de la haine la plus furieuse, Si elle pouvait le saisir, elle se jetterait sur lui comme une bête féroce et le déchirerait; elle lui ferait connaître ce qu’ellemême avait ignoré jusque-là : combien il est affreux pour une âme rachetée par le sang de Jésus-Christ d'être perdue sans ressource! Pauvre fille, quel dommage pour elle «voir fait appeler ce jeune homme! Le dernier moment de sa vie approchait. Elle était en de bonnes dispositions pour mourir; mais l'occasion du péché fut poar son cœur ce que serait une étincelle pour la poudre : une mauvaise pensée y pénétra; elle y consentit et mourut à l'instant-même. Qui donc osera jamais dire : « J'irai dans l’occasion du péché, mais je ne pécherai pas? » Cette jeune fille s’exposa à l’occasion du péché ; il semblait qu’elle eût un juste motif de le faire, elle touchait à son dernier moment, elle venait de recevoir les sacrements : et cependant elle tomba dans le péché! :

Lejeune homme qui fréquentait une jeune fille. — Le spectre de feu. — Ecoutez une autre histoire, et voyez encore les suites (lune fréquentation. Ce que je vais vous dire s’est transmis, comme de main en main, des parents aux enfants dans l'endroit même où le fait s’est passé, et il n'y a rien de plus authentique,

Un jeune homme fréquentait une jeune fille, Or, un Jour il l'entraina à commettre avec lui un péché mortel très-grave, A la vérité il lui avait promis de l'épouser; mais il n'avait nullement l'intention de tenir sa parole. La jeune fille mourut subitement le soir même de ce funeste jour, La mort la surprit, lorsqu'elle s’y attendait le moins; elle mourut done dans l'état du péché mortel, sans avoir fait pénitence, Elle comparut ainsi devant le tribunal de Jésus-Christ et entendit la terrible, mais juste sentence de condamnation prononcée contre elle. Tout cela se fit en un clin d'œil pour ainsi dire ; et tandis que ses parents se penchaient encore sur elle pour voir si elle était véritablement morte, son âme était déjà dans les flammes de l'enfer !

Il était minuit, et le jeune séducteur de la malheureuse était dans son lit dormant profondément, Sa conscience endurcie, vous pouvez le supposer, ne troublait pas son sommeil, Tout à

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Qu'est-ce qu'il garde à travers

Z-vous? » Le spectre de Je suis l’âme de

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“ Maudit jeune homme! lui dit-elle, je retou n'en plus sortir. Je vais me coucher sur un lit de feu d'où jamais — jamais je ne me Jlèverai, excepté une seule fois : lorsque tu viendras toi-même en enfer, Je serai sur mes

ferai voir ce que c'est que de Perdre pour toujours une âme rachetée Dar le sang de Jésus-

Cette histoire s'est transmise de génération en génération,

Puissent de là les jeunes gens apprendre de bonne heure le danger des fréquentations!

Un jeune homme et une jeune fille se fréquentaient comme ils ne devaient pas le faire. Tout à coup1

de Jésus-Christ pour y rendre compte de leur Mauvaise fréquentation. « N'allez Pas dans la voie de la perdition.\ » :

(1) Eccli. xxxn, 25,

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