LES EMPLOIS DANGEREUX
Ateliers et fabriques. — Quarante-neuf filles converties. — Tout le monde sait que les ateliers et les fabriques de nos contrées sont pleins de dangers. Cependant, par une sorte de miracle de la divine Providence, beaucoup de jeunes gens employés dans ces fabriques se préservent du péché et mènent une vie chrétienne, comme Loth se préserva du péché au milieu de Sodome,
Une cinquantaine de filles travaillaient ensemble dans une grande fabrique du nord de l'Angléterre. Une seule d’entre elles était catholique; mais elle était parfaitement fidèle aux préceptes de sa religion et menait une vie exemplaire. Les autres qui étaient protestantes, ne cessaient de proférer des mauvaises paroles ; de leur bouche sortaient des propos qu'on ne devait jamais entendre parmi des chrétiens. Jamais la jeune fille catholique ne prenait part à de telles Conversations, Lorsqu'elle avait l’occasion de parler, elle le faisait toujours avec douceur, avec charité et en se tenant dans les bornes prescrites par la mode:tie. Ses compagnes s’en aperçurent et en furent blessées. Trouvant sa conduite étrange, elles lui demandèrent pourquoi elle n'était pas comme les autres. « Je suis catholique, leur répondit-elle, et ma religion me défend de tenir de mauvais discours. » Aussitôt elles se mirent à la persécuter 3 CAT « Ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ doivent souffrir persécution. » — Elles la vexèrent de mille manières, se moquant d'elle et lui disant en face les paroles les plus abominables qui se puissent imaginer. — Que fit-elle? Elle ne leur répondit jamais que par son silence et sa patience. « Znjuriée, elle n'injuriait pas? » Elle leur parlait d’une manière affectueuse, ne montrant jamais la moindre irritation, ne perdant. jamais sa sérénité et continuant son ouvrage avec une parfaite régularité. Bien des fois, sans que les autres s'en aperçussent, elle disait dans son Cœur : « Jésus et Marie, secourez-moi. » .
Un an s'était à peine écoulé, qu'un grand changement avait eu lieu dans cette fabrique : toutes les filles protestantes étaient devenues catholiques. Voici ce qui avait déterminé leur conver-
(1) II Tim, mt, 12, (2) I Petr, 28.
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Quelle patience garde ! Si nous tenons des pro seule réponse, c'est de baisser les yeux. Vous ‘leurs fruits, a dit Notre-Seigneur.
reconnaître que la religion catholiq religion, » — C'est ainsi qu’elles se décidèrent toutes à se faire catholiques, — Allez, enfants de fabriques, er faites de même.
Certaines fabriques sont encore pires que les autres. Il ya aussi dans une fabrique certains emplois où la vertu est particulièrement exposée, Les allées et les venues sont souvent dangereuses, — Gardez-vous de travailler dans ces fabriques qui ont Mauvais renom; car « /es Mauvais entretiens Corrompent les bonnes mœurs? » Que les parents en retirent leurs enfants, I] n'est guère de fabrique hélas! où il ne se dise de mauvaises paroles, où il re se Commette de mauvaises actions et où il ne se donne de mauvais exemples.
Six choses à faire dans les fabriques, — 10 lièrement sur vos gardes dans le tem trouvent ensemble, c'est-à-dire s'ouvrir; car, dans le nombre i COTFOMpUs, — 2° De même, à bien ceux avec qui vous allez ret prenez vos
parmi ceux qui
— 4° Vous entendrez cer-
ses paroles, Vous ne pouvez pas
es ; fermez au moins votre cœur et ne faites
pas attention à de tels Propos. En agissant de la sorte, vous ne pécherez pas, « Q Seigneur, disait le Psalmiste, n'inclinez pas MON Cœur vers les paroles de malice. 3 » — 5° Ne souffrez jamais que quelqu'un se permette envers Vous aucune familiarité que réprouve la modestie chrétienne, — G° Les filles employées dans les fabriques ou ailleurs doivent être surtout prudentes dans
leurs rapports avec les commis, les inspecteurs, les Surveillants, les maît
leurs filets, Ils la tourmentero l'araignée épier la mouche, l’e Que les parents veillent sur
(1) Matth. vr, (3) I Cor. xv, 38. (3) Ps. ox, 4.
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les plus perçants. L'iniquité est venue... de ceux mêmes qui paraissaient gouverner le peuple.
Les ouvriers de fabriques courent le risque d'être pris par les courroies et les engrenages, et de perdre ainsi leurs doigts, leurs bras et même la vie. Mais qu'ils craignent bien plus encore d'être pris par le démon qui'se met en embuscade... pour tuer l'innocent.® Souvenez-vous que, lorsque vous péchez, vous êtes pris par Satan. Si vous faites un péché véniel, c'est comme si vous perdiez un doigt ; si vous commettez un péché mortel, c'est comme si vous perdiez la vie.
Les ouvriers de fabriques feront bien de réciter un Ave Maria chaque fois qu’ils iront à leur travail, pour que Dieu les préserve de tout accident.
Le service. — Les tentations des domestiques. — « Les ennemis de l’homme, sont les habitants même de sa maison. » Les servantes doivent savoir qu’elles peuvent se trouver dans les
.plus dangereuses occasions de péché. Ces dangers viennent sou-
vent des maîtres qu'elles servent. L'iniquité est venue de ceux qui paraissaient gouverner.* Ils peuvent venir aussi des hommes et surtout des jeunes gens qui demeurent dans la même maison. Ces tentations sont tout ce qu’il y a de plus périlleux pour les servantes, car lorsqu'e/les y sont exposées, ces pauvres filles ne peuvent pas toujours s’y soustraire en quittant la maison, soit parce qu'elles se sont louées pour un cértain temps, soit parce qu'elles ne savent pas où se réfugier en attendant qu'il se présente un autre service.
Ecoutez, pauvres servantes, et apprenez ce que vous devez faire lorsque quelqu'un cherche à vous séduire.
1° Les filles, surtout les jeunes, ne doivent pas se placer dans une maison où il n’y à pas de maîtresse. — 2° Recourez au prétre, consultez votre confesseur pour savoir ce que vous avez à faire, lorsque vous rencontrez un tentateur, — 3° S'il est nécessaire que vous parliez à celui qui vous a tentée, faites-le brièvement et en vous tenant à distance. Ne restez jamais seule avec lui, « Lorsque Suzanné fut tentée, il n'y avait là personne, dit la sainte Ecriture.5 — 4° Si la tentation vient, de ceux qui demeurent dans la même maison, que la servante en informe le maître ou la maitresse pour qu'ils y mettent ordre. Si la tentation vient du maitre lui-même, que la servante avertisse sa maîtresse, — 5° Priez avec ferveur. — 6° Si, malgré tout cela, vous sentez votre faiblesse et si vous vous voyez exposée à tomber dans un péché grave, il n’y a qu'une chose à faire : quitter la maison coûte que coûte. Perdez tout plutôt que votre âme ; Jésus-Christ a dit : Si votre main droite vous scandalise, coupez-la.5
(1) Dan. x, 5. (2) Ps. 1x, 8. (3) Matth, x.
(4) Dan. x, 5. (2) Ibid. 16. (6) Matth, v, 30.’
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Observation d'une servante. — Une servante désire parler, Ecoutons-la. « Je suis en place, dit-elle, je suis tentée de la manière que vous dites. Je voudrais bien quitter la maison où je me trouve; mais si je la quitte, je perds trois mois de gages. » — Pauvre servante, qu'est-ce que vous estimez le plus, ou de trois mois de gages ou du salut de votre âme qui est immortelle et rachetée par le précieux sang de Jésus-Christ? — Notre-Seigneur dit : Que sert à l'homme de gagner le monde entier, s'il perd son âme? Qu'est-ce que l'homme donnera en échange de son âme ?1 Laissez là votre place et vos trois mois de gages, et sauvez votre âme. Dieu vous donnera des gages éternels dans le royaume des cieux.
Une autre servante a aussi une obsérvation à faire : « Moi aussi, dit-elle, je suis fort tentée dans la maison où je me trouve;
tation, vous devez à l'instant et malgré tout quitter la maison où vous êtes, Mieux vaut perdre votre place que le ciel; mieux vaut n'avoir point de place du tout que d’en avoir une en enfer. Mieux vaut exposer votre corps à mourir de faim que de tuer
Une servante doit. prendre ses précautions pouraller à la messe tous les dimanches et pôur fréquenter les sacrements.»
Que penser de la messe du dimanche et des sacrements ? — Si vous êtes dans une maison Où Vous ne pouvez que rarement
pouvoir aller à la messe sans négliger en rien votre travail et sans incommoder personne, Si on ne peut vous accorder d'aller
à la messe tous les dimanches, demandez à ÿ aller tous les
quinze jours ou au moins fréquemment? Si on vous dit que vous ne pourrez jamais aller à la messe les dimanches, n'acceptez pas une telle place.
Les domestiques ne trouvent pas toujours facilement du temps pour aller se confesser et communier. En ce cas, qu'ils s'entendent avec leur confesseur, Ils lui demanderont à quelle heure
(1) Matth. xvr, 26.
(2) On suppose ici que la servante trouverait très-difficilement une autre place, où elle pourrait aller tous les dimanches à la messe,
ils peuvent venir se confesser, Il est triste de voir des domestiques rester des années entières sans recevoir les sacrements, et perdre souvent leur foi et leur religion par suite de cette privation des grâces de Dieu.
Les pâtres et les ouvriers des Champs. — Beaucoup d'enfants et de jeunes gens se louent dans la campagne pour mener paître
et soigner le bétail, ou pour travailler dans les champs. On:
trouve un grand nombre de ces ouvriers dans le nord de l’Angleterre, en Ecosse, en Irlande, surtout dans les comtés de Donegal et de Derry et dans le Lagan. Ces enfants et ces jeunes gens sont exposés à vivre sans soutien au milieu des plus mauvaises compagnies, où ils entendent toutes sortes de paroles et de chansons obscènes. Qu'ils aient soin de se tenir à distance et ne pas prêter l'oreille aux mauvais discours. S'ils sont avec des . personnes qui les portent au mal, ils doivent les fuir autant que possible, et si cela ne suffit pas, quitter la place où ils se trouvent,
Les jeunes filles qui travaillent dans les champs doivent tâcher de se réunir pour travailler ensemble. Elles auront soin de se concerter avec leurs maîtres pour qu'elles puissent aller à la messe tous les dimanches et s'approcher au moins de temps en temps des sacrements.
Beaucoup de filles travaillent à l'aiguille,
Marie et la couturière, — Vous trouverez à peine un emploi qui n'offre quelque danger de péché. Considérez par exemple l'état de couturière ou de modiste.
Une fille appelée Marie apprenait l’état de couturière. Elle travaillait dans une chambre avec d'autres jeunes personnes. Comme leur ouvrage était long et ennuyeux, elles tâchaient de se distraire, mais comment ? Leur distraction consistait à parler des choses les plus honteuses dans un langage à révolter toute
oreille chaste et chrétienne, Un jour l'une d'elles tire un livre de sa poche et se met à lire à hauteoix tandis que les autres travaillent. Quel livre était-ce, croyez-vous? C'était un roman de la pire espèce. Les jeunes couturières se mettent à rire en écoutant cette lecture ; mais Marie rougit et tient les Jeux fixés sur son travail. Sa conscience lui dit que, si pareille chose continue, elle pourrait devenir aussi mauvaise que les autres; c’est pourquoi elle va avertir sa maîtresse de ce qui se passe, et la prie d'y mettre obstacle, La maîtresse ne tient aucun compte de sa plainte, Qu'avait-elle donc alors à faire? Elle ne pouvait pas se boucher les oreilles, Elle a soin de ne jamais prendre part aux mauvais entretiens de ses compagnes ; elle fait tout son possible pour ne point y prêter attention et prend la résolution de quitter sa place aussitôt qu’elle en trouvera une autre. Dieu bénit Marie pour sa bonne conduite; car peu de temps après, on lui offrit une place meilleure que celle qu’elle avait auparavant,
Ce danger des mauvais discours pour les couturières se ren-
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contre également parmi les tailleurs, et en général parmi ceux ou celles qui sont réunis ensemble pour exercer un métier quelconque, Ils ne doivent jamais souffrir parmi eux une personne qui tient des conversations indécentes, Ils feront bien de chanter de pieux cantiques, — Les jeunes filles ne doivent admettre dans leurs ateliers aucun jeune homme ni aucun musicien,
Les marchands de paniers, de fruits, d'oranges, de pommes, de boutôns, de fil, d’allumettes, etc., se rappelleront qu’en allant vendre leurs marchandises, ils sont exposés à tomber en toutes sortes de mauvaises compagnies ; ils ont par conséquent un grand ‘besoin du secours de Dieu pour se sauver, — Il y a beaucoup de jeunes garçons qui font le métier de polisseurs de souliers,
Les polisseurs de souliers. — Elisabeth et le navire, — Le grand danger des jeunes garçons qui nettoient les souliers, c'est qu'ils sont exposés à n'avoir point de messe le dimanche, et à entendre les mauvais propos que tiennent souvent ceux dont ils polissent les souliers, La bénédiction de Dieu ne sera pas sur celui qui préfère gagner quelques sous à polir une paire de sou-
trop tard : le mal était fait et on ne pouvait plus y remédier.
Le même malheur arriva à une autre jeune fille qui allait vendre des oranges aux marins.
Une fois pour toutes, que les jeunes filles soient bien averties qu'elles doivent toujours se tenir éloignées des marins ; qu'elles n'aillent pas dans la voie de ta perdition.\ A Londres, à Liverpool, à Kingston, à Cork et en d'autres villes des bords de la mer, elles sont exposées à rencontrer de très-mauvaises gens sur les quais, dans les bateaux et les navires.
Les villes qui possèdent une garnison offrent aussi des dangers particuliers, Pour l'amour de Dieu, que les parents aient soin de ne pas laisser leurs filles s'approcher des casernes.
Nous arrivons maintenant à la plus dangereuse de toutes les Occasions de péché, nous voulons dire les fréquentations,
(1) Eccli, XxxI, 25,
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