‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 107 sur 143 · FLEURANT D'ILLIERS · texte numérisé non relu

FLEURANT D'ILLIERS

Quant à moy je conseilleroye

N en faire plus pour le présent.

Et qu'on deremparast la voye, i3,i85

Et pour peur d'inconvénient.

Je regarde que tous noz gens

Sont de cest assault tant lassez

Qu i ne peuvent plus tirer avant.

Les ungs mors, les autres blessez. 13,190

VUXARS. •

C'est une chose difficilie

Ce que vous ne reffusez mie :

C'est que mon estandart jolie,

Que vous voyez là droictement, i3,aao

Soyez soigneux, je vous supplie; La regardez incessamment.

Et dessi toust que la verrez, Apressez près de la muraille.

Entendez bien et regardez, is^aari

*335i^. Celle y touchera sans nulle faille;

Et se vous voyez qu'elle y aille L'estandart, et que soit si près Quelle y touche, comment qui! aille, Venez à moy tout par exprès. i3,93o

Je ne seray pas loing d'icy; Derrière les Augustins Me trouverrez, n'ayez soussy.

Et là venez à toutes fins.

Entendez y de point en point, i3,a35

Amy, et le me venez dire Incontinant, et sus ce point Qu'elle y touchera, mon très doux sire.

JEHAN DE MES

Dame Jehanne, je le feray.

Ne vous doubtez aucunement; i3,a4o

A vostre estandart regarderay.

Que se il touche nullement.

Savoir le vous feray bonnement.

Ainsi que chargé le m'avez. .

LA PUCELLE

Je vous en pry parfaictement, i3,a^5

Ainsi que faire le savez.

Pose.

MICHEL

0 Roy divin, tout vostre bon voloir 18,875

Acompiiray à la noble Pucelle,

Et de par vous luy feray assavoir,

Mon chier seigneur, vostre bonne nouvelle. *

A vostre fille, qui est très doulce et belle,

Signiffier luy vois vostre plaisir. i3,«8o

DIEU

D^ores en avant ne trouverra rebelle Ses anemis, mes fera définir.

MICHEL

Fille, le Dieu du ciel m'envoye Par devers vous présentement,

Que vous preignez plaisir et joye, i3,a85

Sans estre doloureusement.

Voz anemis certainement Subjuguerez à vostre plaisir, F* 336 y\ Et poursuyvez entièrement.

Que désormais n'auront puissance. 13,990

LA PUCELLE

0 Dieu, la vostre providence.

Très humblement le remercie; Obeyr vueil à sa plaisance Gomme sa servante et amye.

MICHEL

Parseverez, ne doubtez mie, i3,«95

Que vous pervendrez à vos fins.

. De voUoir tousjours batailler; Il n'y auroit point de raison , Que noz gens sont tous travailles.

F* 337 ^. Une autre foiz pourrez bailler

Et recouvrer une autre fois; 1 3,390

Mes vous mesmes vous reposerez :

C'est le meilleur, comme je crois *

GRAVILLE

Voulez vous donc recommancer

Nouvel assault présentement,

Et ne le voulez point cesser? i3,3a5

Simplesse seroit bonnement.

Vous savez véritablement

La peine que vous avez eue :

Tant blessez, tant mis à tourment!

Il n'est celuy qui n'en tressue. i3,33o

LA HIRE

Je ne dy point pour couardie;

Mes je dy qui n'est point mestier

De recommancer la saillie,

Que y sont fort fortiflSez.

Nous les avons fort défiiez, «3,335

Et baillé maint divers assault;

Si nous ont tous contrariez ,

Et n'y avons fait rien qui vault.

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