FLEURANT D'ILLIERS
Quant à moy je conseilleroye
N en faire plus pour le présent.
Et qu'on deremparast la voye, i3,i85
Et pour peur d'inconvénient.
Je regarde que tous noz gens
Sont de cest assault tant lassez
Qu i ne peuvent plus tirer avant.
Les ungs mors, les autres blessez. 13,190
VUXARS. •
C'est une chose difficilie
Ce que vous ne reffusez mie :
C'est que mon estandart jolie,
Que vous voyez là droictement, i3,aao
Soyez soigneux, je vous supplie; La regardez incessamment.
Et dessi toust que la verrez, Apressez près de la muraille.
Entendez bien et regardez, is^aari
*335i^. Celle y touchera sans nulle faille;
Et se vous voyez qu'elle y aille L'estandart, et que soit si près Quelle y touche, comment qui! aille, Venez à moy tout par exprès. i3,93o
Je ne seray pas loing d'icy; Derrière les Augustins Me trouverrez, n'ayez soussy.
Et là venez à toutes fins.
Entendez y de point en point, i3,a35
Amy, et le me venez dire Incontinant, et sus ce point Qu'elle y touchera, mon très doux sire.
JEHAN DE MES
Dame Jehanne, je le feray.
Ne vous doubtez aucunement; i3,a4o
A vostre estandart regarderay.
Que se il touche nullement.
Savoir le vous feray bonnement.
Ainsi que chargé le m'avez. .
LA PUCELLE
Je vous en pry parfaictement, i3,a^5
Ainsi que faire le savez.
Pose.
MICHEL
0 Roy divin, tout vostre bon voloir 18,875
Acompiiray à la noble Pucelle,
Et de par vous luy feray assavoir,
Mon chier seigneur, vostre bonne nouvelle. *
A vostre fille, qui est très doulce et belle,
Signiffier luy vois vostre plaisir. i3,«8o
DIEU
D^ores en avant ne trouverra rebelle Ses anemis, mes fera définir.
MICHEL
Fille, le Dieu du ciel m'envoye Par devers vous présentement,
Que vous preignez plaisir et joye, i3,a85
Sans estre doloureusement.
Voz anemis certainement Subjuguerez à vostre plaisir, F* 336 y\ Et poursuyvez entièrement.
Que désormais n'auront puissance. 13,990
LA PUCELLE
0 Dieu, la vostre providence.
Très humblement le remercie; Obeyr vueil à sa plaisance Gomme sa servante et amye.
MICHEL
Parseverez, ne doubtez mie, i3,«95
Que vous pervendrez à vos fins.
. De voUoir tousjours batailler; Il n'y auroit point de raison , Que noz gens sont tous travailles.
F* 337 ^. Une autre foiz pourrez bailler
Et recouvrer une autre fois; 1 3,390
Mes vous mesmes vous reposerez :
C'est le meilleur, comme je crois *
GRAVILLE
Voulez vous donc recommancer
Nouvel assault présentement,
Et ne le voulez point cesser? i3,3a5
Simplesse seroit bonnement.
Vous savez véritablement
La peine que vous avez eue :
Tant blessez, tant mis à tourment!
Il n'est celuy qui n'en tressue. i3,33o
LA HIRE
Je ne dy point pour couardie;
Mes je dy qui n'est point mestier
De recommancer la saillie,
Que y sont fort fortiflSez.
Nous les avons fort défiiez, «3,335
Et baillé maint divers assault;
Si nous ont tous contrariez ,
Et n'y avons fait rien qui vault.