‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 108 sur 143 · D'ILLIERS · texte numérisé non relu

D'ILLIERS

Je ne pourrois cecy entendre, F» 338 1^. Si promptement recommancer. »3,3ûo

Ny n'est nuï «qui le peut comprandre, Ne qui s'en voulsist avancer.

Et les avez en grant tormetit

Boutez plus qu'i ne vous ont mis. 18,370

Quant de présent les assauldrez,

Y se trouverrbnt esbayz,

Que y sont beaucoup travaillez,

Qu'i ne savent que devenir.

Et s'esbayront sans mentir 18,375

Où aurez pris ceste puissance;

Y se trouverront desconfiz

Et tous boutez hors d'ordonnance.

Vous savez qu'i sont mas et las,

N'y ont plus force ne puissance; i3,38o

Delesser ne les devez pas,

Mes les assaillir à oultrance.

Y ne pevent avoir recouvrance De nul qui soit pour le présent;

Par quoy n'ont nulle espérance 1 3,385

Résister aucunement.

POTON

Dame Jehanne, je vous suivray, P339r*. Et croy en voz dis fermement;

L'assault je recommanceray

Encor plus oultrageusement. 18,390

Faictes sonner diligemment Trompetes et grant bruit ensemble; Les espoventez aucunement :

N'y aura d'eulx nul qui ne tramble.

BARON DE COLUNCES.

Je ne demeuray pas derrière, 18,395

Quant la Pucelle se présente.

Mes gens, qui sont soubz ma baniere,

Lors les trompetes sonneront de plus fort en plus fort, et seront les Anglois tout esbayz de voir telle puissance revenir sur eulx, et y a ung P 3&0 r°. grant assault. Et ceulx de la ville sonneront et sauldront pour venir secourir la Pucelle et gens d'armes, et feront des planches de bois pour venir aux Tourelles et passer sur les arches rompues, et puis viendront ayder au bouluart de la Relie Croix, et de si grant force d'un cousté et d'autre que les François gaigneront le bouluart des Tourelles. Et se retrayront Glasidas et autres cappitaines, grand nombre d' Anglois sur le pont, lequel avoyent rompu; et tout à coup cherra ledit pont soubz lesdits Anglois , et seront tous noyez : c'est assavoir Glasidas , le sire de Pont , le sire de Molins, le bailly de Mente et plusieurs autres. Et furent prises les Tourelles d'assault et tout tué, fors que ung peu de prisonniers qu'on amena en la ville. Et puût [après] icelle pause et bataille dit

LA PUCELLE

Nobles et vaUlans chevaliers, Qui par voz puissans faiz entiers p 34o V». Avez acquis louenge et gloire,

Encontre Anglois félons et fiers, i3,A3o

Qui tant ont fait de destourbiers,

Il est évident et notoire,

Or est vray et c'est chose voire

Que sur eulx avez eu victoire,

Allencontre vos anemis; 1 3,435

Mes doit ung chascun de vous croire

Que Dieu a volu cecy faire,

Et par luy les avez soubzmis.

Si ne vous fault plus riens doubler.

Puisque les avez déboutez i3,ûûo

Des Tourelles et ruez jus.

Et que les avez surmontez;

De leur grant orgueil desmontez

Les avez et de leurs abus.

Je dy à ce coup sont confus 1 3,465

Des Anglois estoient leans,

Lesquelz ont tous perdu la vie. 18,680

Donques devons à chiere lye Remercyer Dieu et Marie De la grâce qu'i nous a faicte, ps/it V*. De nous oster telle mesgnie,

Tel gent du royaulme anémie, i3,485

Nacion de gens imparfaicte.

BASTÀRD D'ORLEANS.

Certes, Jehanne, vous dictes bien;

Nous devons tous mener grant joye

Et louer Dieu sur toute rien :

Ghascun en doit prandre la voye. 13,690

Je voi cy la plus belle proye

Qui ou royaulme fust onques faicte,

Et dont à vous l'onneur octroyé,

Que ceste chose avez parfaicte.

LE VICONTE DE TOUARS, sire d'Amboise.

Glasidas est noyé sans doubte, 18,695

Avecques luy plusieurs barons

Qui avoyent une grant route,

Et tous fors hardiz compaignons,

Les plus vaillans qui furent ont

Sailliz et venuz d'Angleterre; i8,5oo

Si sont avecques les poissons :

Y ne les fault point ailleurs querre.

^ S6« i^. LE SIRE DE LA TOUR, baron d'Auvei^e.

Le sire de Pont est noyé, Qui estoit avec Glasidas,

Jusque près de souleil couchant, A frapper d'estoc et de taille.

MESSIR£ GERNAY, arragonnois.

Pucelle, dame de renom,

A vous en appartient l'onneur, 13,535

Et le bailler le vous doit on

Sans qu'il y ait autre seigneur.

Avez esté le conducteur

De ceste besoigne cy faire;

A vous, Pucelle de valleur, t3,54o

Si en est le lous et victoire.

Page 1