PREFACE. XXI
ont puise à une source commune, la vëritë? Sur ce point, M. Quicherat, aussi bien que nous pour le moins, sait à quoi s en tenir.
Le point de droit étant hors de doute, on reconnaîtra, en^fait, sans difficulté, que la versification du mystère né rappelle en rien le style du journal du siège ; et du moment que lauteur du premier de ces ouvrages choisissait la méthode exégétique, c'est-àdire se bornait à suivre les faits et k les mettre en action dans Tordre où ils s'étaient passés, il devait nécessairement se rencontrer avec le journal, dont le grand mérite est de raconter jour par jour tous les incidents du siège soutenu par les Oriéanais.
Voyons maintenant si cette similitude est aussi complète que l'a jugée M. Quicherat, et si l'on ne trouve pas entre les deux ouvrages des différences assez notables, pour permettre de croire que l'un n'est pas la source unique de l'autre.
Le journal du siège ne commence qu'à partir du jeudi 12 octobre 1/128, jour de l'arrivée des Anglais devant Orléans. Le poème remonte beaucoup plus haut, et ne consacre pas moins de quatre-vingt-cinq pages aux faits antérieurs.
Il s'ouvre en Angleterre par une réunion des principaux chefs anglais, que le duc d'Orléans vient supplier d'épargner son domaine. On assiste ensuite au départ des Anglais, qui arrivent à Rouen, puis à Chartres, où ils tiennent conseil. De là, l'auteur conduit Salisbury et Glacidas ou Glasdale devant maître Jean des Boillons, célèbre astrologue, qu'ils veulent consulter sur leur future destinée. Enfin, il nous fait voir les préparatifs de défense des Oriéanais, pendant que l'ennemi, après avoir passé la Loire à Meung, arrive devant Orléans, non sans avoir pillé, en passant, l'église de Notre-Dame de Gléry.
De tout cela, rien ne se trouve dans le journal du siège, si ce n'est une mention très-courte de la visite de Salisbury à Jean des