‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 111 sur 143 · LE BARON DE COLONCES · texte numérisé non relu

LE BARON DE COLONCES

En ce cas, ne fault faire atante.

J'emeroye autant morir i/i,aao

Que tel reproche recepvoir, Quant nous aurons temps et loisir Pour les bien combatre et avoir.

POTON

Aller y convient, c'est raison.

Puis qu'an si beau gibier y sont, tû,2a5

Chacer fault telle venoison

Comme ces desloyaulx Godons,

Qui à jamès ne furent bons,

Mes tant fait de doleur et paine.

Lesser aller pas ne devons iA,a3o

De nostre pays et demaine.

LE CAPPITAINE CAVEDE.

Dame Jehanne, qu'an dictes vous?

Les devons nous point assaillir?

Vous voyez ci la voir' de tous; P359V». Faictes en à vostre plaisir. iA,a35

Quant à moy, je suis de loisir; Moy et tous mes gens sommes prest A vostre voloir acomplir, Et à faire ce qui vous plaist.

LA PUCELLE

Mes bons seigneurs, or entendez : i4,aio

J'é ouy vos oppinions Et tout ce que vous prétendez, Avecques voz intencions; Dont vous dis voz affections

Si est les Anglois assaillir. iA,aA5

* Sic, sans doute pour la voix, Topinion.

LA PUCELLE

Y convient que nous nous armyons, Et y allez par bonne voye.

SAINTE SUAIRE

Ce qui vous plaisa nous ferons; F* 36o >". Que tout vostre plaisir octroyé. 16,375

LA PUCELLE

Ghascun de harnois se provoye; Je ne say s'i nous assaudront.

LE SIRE DE GOURAS

Dame Jehanne, je le vouldroye, Que désir de frapper avons.

Lors icy y a grant pause. — Et se doit armer la Pucelle de blans harnois, et tous les autres. Et puis dit

LA PUCELLE

Vous, Bastard d'Orléans, mon chier sire, 16,980

Vous semble temps que nous partions?

BASTARD D'ORLEANS

Tout est prest, n'y a que redire,

Et tous noz gens abillez sont.

Devisez ce que nous ferons, "

Et de par nous sera acomply. t6,a85

LA PUCELLE

F* 36 1 r". Devant les Anglois nous yrons

Pour les vois, et de cueur hardi; Et au seurplus, je vous supplie

James d*eulx vous n'oirez parler Pour venir devant vostre viJle, ^ Ne pour vous voloir exciJler, i4,3io

Ne pour faire autre chose vile.

Retrayons nous tous à Orléans, Que il est aujourd'uy dimenche, Mercyant Dieu sur toutes riens, p 36a r'. , A luy appartient la louenge iû,3i5.

Que de ceste gent ci estrange Vous a ainsi du tout chacée, Et vostre cité pure et franche Vous a préservée et gardée.

Neuf mois il y a tous entiers 1^1,390

Que y vindrent premièrement; Dont par eulx deul et destourbiers Avez souffert et griefvement, Grans peines et grant encombrement, Ainsi que c'est chose certaine. i/i,3«5

Souviengne vous d'où et comment Estes rachatez de la paine :

Que l'an nn*^xxix.

Le vm* ^ jour de may.

Fut rediffié tout de neuf i4,33o

Orléans estant en grant esmay.

Que ce propre jour, sans delay, Honteusement se deslogerent Les Anglois, en grant desarroy,

Et droit à Meung y s'en allèrent. iû,335

Mes amis, bien vous en souviengne.

Et ceulx qui viendront après vous :

Que ceste chose vous enseigne Que Dieu vous a esté bien doux, * Correction; le texte portait d'abord IX*.

Dont par voz puissans faiz et dis

Vous avez obtenu victoire. 1 4,365

Très haulte dame de hault pris,

A vous en est louenge et gloire.

LA PUCELLE

Mes amis, ce n'est pas à moy, C'est à Dieu, qui a cecy fait :

Pitié a eu de vostre esmoy, i'j,37o

De votre doloreux exploit.

Si ayez tous, tant que qui soit.

Dieu devant vous et en mémoire.

Puisque ainsi vous a parfait

Avoir eu ceste grant victoire. 1^,375

Et si ayez en souvenance De ce jour icy, mes amis.

Gomment Orléans eult délivrance De ces anciens anemis.

Comment il ont esté soumis «MSo

L'an mil mi^ xxix ; Faictes en mémoire tous dis; Des jours de may ce fut le neuf.

Et comme j'ay ci recité,

Qu'il en soit mémoire après vous, »i.385

Comment ceste noble cité De Dieu si a esté recoux Encontre Anglois, qui en propoux F* 363 v*. * Avoient de tout point la prandre,

Dont Dieu, qui est courtois et doux, «'1,390

L'a volu garder et deflendre.

Si me vueil d'icy deppartir, Et m'en aller devers le Roy, Et j'é voulante et désir

Honnestement m'avez receue

Et donné planté de vos biens;

Dont, mes amys, à mon yssue i^^Mo

Grâce et louenge je vous rens.

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