‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 117 sur 143 · LE CONTE DE VENDOSME · texte numérisé non relu

LE CONTE DE VENDOSME

Vous dictes toute vérité :

Le délayer rien ne nous vault;

Point ne sommes en seureté, 15,370

Et semble que ne nous en chault.

On ne doit point craindre lassault

De Jargueau ou en autre part;

Mes y doit on, sans nul deffault,

Les assaillir de part en part. 15,375

Noz gens sont frais et refraichiz,

Et perdent leur force et coraige

Pour tant en repoux les tenir

Que ainsi que en reclusaige.

Y*. convient faire ce voyage i5,38o

Droit à Jargueau, y n'est pas loing,

Et la Polie qui est en cage ,

La resveiller à ung mâtiné

MESSIRE FLEURANT D'ILLÏERS.

Messire Jehan et Alixandre,

Ses deux frères, sont avec lui; 1 5,385

De là les fault faire descendre

Et leur donner ung peu d'ennuy.

Si vouldroye que aujourd'uy

^ Jeu de roots sur le nom du chef anglais, qu*on prononçait La Poule,

DUC D'ALANSON.

Tout vostre plaisir nous ferons, ^

Madame, ne doublez de rien.

La Bergère nous mènerons

Et des canons tout aussi bien.

Et dès anuyt, comme je tien, ^^Mo

Tout sera chargé pour mener,

Sans y faillir, fer ne lien ;

Demain y sera à desjeuner.

LA PUGELLE.

Oultre plus, aussi je vous prie

Que demain tous soyez armez, 15,695

Au plus matin, je vous supplie, Pour nostre besoigne affermer Tellement que puissions fermer Demain et tenir siège clos.

Et qui puissent estre enfermez, i5,/i3o

F' 386 r*. Ainsi comme j'ay en propoux.

Et que pour resveiller noz gens Vous faciez trompetes sonner.

Au plus matin, soyez contant;

Partir je vueil sans séjourner 1 5,435

Et dès demain assault donner Es Anglois qui sont à Jargueau :

Par moy seront abandonnez.

Et y feray ung peuple nouveau.

ALANSON.

Tout vostre voloir sera fait, »5,/»ûo

Et ne vous doubtez du contraire.

Si convient que je le revelle

A mon maistre, ains qui soit plus tart.

F' 387 r\ Pose.

LE HERAULT

Monseigneur conte de Suffort,

Plaise vous ouyr et entandre i5,/i65

Dont je vous vois faire rapport Et à monseigneur Alixandre.

Deux jours a que j'é volu prandre Mon chemin aller à Orléans,

Pour ouyr, pour vois et aprandre 15/170

Et savoir qu'on faisoit leans; Si est bien mauvaise nouvelle , Et me pardonnez, s'i vous plaist, Que demain sera la Pucelle

Devant Jargueau, dont me desplaist. 15,475

. Et suis venu tout exprès Pour vous dénoncer ceste chose, Et plusieurs François sont après Pour vous venir cy tous enclose.

CONTE DE SUFFORT

Gomment, messagier, que dy tu? i5,48o

Est il vray ce que tu me dis?

Mon coraige en est fort esmeu.

Et ne say en quel point je suis.

Je te requier tant que je puis

Que tu me comptes hault et bas : * 5,485

Bien certin je cuide estre et suis p 387 v'. Que la Pucelle n'y est pas.

LE HERAULT

Monseigneur, ne le crayez pas,

Demeurer en quelque villaige, i5,5i5

Faire du lait et du fromage,

Qu'il y a desjà plus d'un mois,

Guidant que fi^st en reclusage JE

Et ne pansoye plus la vois.

Mes quoyl y nous fault tenir tous t5,5ao

Et faire bon guait jour et nuyt.

Garder noz murailles et tours

Très gentement, sans mener bruit.

Que chascun de noz gens soit duit

A gouverner l'artillerie, i5,525

Pour bien la tirer à proffit,

Et que on ne leur faille mie..

Page 1