IV BOURGEOIS
Cryer Noël, grans et petis.
Devons pour vous tous, noble dame;
Et sommes tous à vous soumis
De voz servir de corps et d'ame,
Que vous estes celle qu'on clame iS.aao
La réduction de la ville,
Et ung chascun de nous l'afferme :
Le vray est comme l'evangille.
LA PUCELLE
Mes amis, je vous remercie
Que quelcun n en sera pas contant.
Et sachez de vray, je prêtant Que de ma ranson et dommaige F* 38a r\ Aucun qui se fait fort du grant
En paiera partie du voyage; 15,255
Que, par tous les sains, j'emeroye
Mieulx morir que n'estre vengé ,
Et que je ne me trouve en voye
Pour en estre desdommaigé.
Jà Dieu ne plaise que songé i5,a6o
J'eusse aultrement de ce faire,
Et mon coraige fust changé
De delesser ce vitupère.
BASTARD D^ORLEANS
Nous VOUS ayderons à ce faire ,
Ne vous douhtez, et de bon cueur; i5,a65
Voire et avant qui soit guaire,
Quelqu'un en paiera le maleur.
Mes pour estre le conducteur
Parier convient à la Pucelle,
Que de vaillantise et honneur 15,370
Le vray avons trouvé en elle.
DUC D'ALANSON.
J'en ay ouy dire merveille De son sens et de son savoir.
Si veii estre dessoubz son elle
Et la servir à mon povoir, 15,275
Que le Roy m'a prié pour voir Qu'en nulle façon ne la lesse.
p 38a v^ Si y feray tout mon devoir
De la tirer hors de la presse.
De ce que nous avons à faire; Nous ne vous desdirons de riens*
LA PUCELLE
Mes amis, comme je soustien,
Ghascun de vous le feroit mieulx; i5,3o5
En vous est proesse et maintien
Et tous estes vaillant et preux.
Mes, puis qu'il vous plaist, bien je vieulx
Vous dire mon oppinion ,
Devant vous tous, jeunes et vieux, i5,3io
Sauve vostre correction.
Sy me semble que nous devons
Premier aller devant Jargueau,
Et croy que quant devant serons.
Les aurons par force ou par beau. i5,3i5
Y sont leans ung grant tropeau Bien expers en fait de guerre,
P383v\ Fortifiiez comme ung chasteau.
Tant par eau comme par la terre.
Le conte de Suffbrt y est i5.3ao
Et deux de ses frères ensemble,
Nobles et vaillans chevalliers,
Et plus de cinq cens, ce me semble;
Messire Jehan et Âlixandre
Par leurs noms nommez de la Polie. i5,3a5
Si convient qu on les dessemble
Et que sus eulx aillons à folle.
Y pevent faire du mal beaucoup A Tentour de ce pays cy :
Bon est de leur rompre leur coup t5,33o
Et les dechasser du party.
Geans nous avons. Dieu mercy,
Y semble que ne tiengnons conte Ou que volons craindre les coups, Quant nous voyons cy devant nous Que nous sommes environnez 1 5,365
D'Anglois, qui ont mauvais propoux p 384 v«. Pour nous voloir mal gouverner.