‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 126 sur 143 · LE SIRE DE LA TOUR D'AUVERGNE · texte numérisé non relu

LE SIRE DE LA TOUR D'AUVERGNE

Ghere dame, quant vous verrez

L'eure et le temps qui sera bon,

Faictes vos trompetes sonner :

Incontinant prest nous seron, i8,o65

Et vostre plaisir nous feron

Par vostre bon sens et advis,

Que acomplir tous nous voulon

Voz bonnes paroUes et dis.

F* Ul^^ A LA PDCELLE.

Il est aujourd'uy mecredy 18,070

Du mois de juing le .xv*.,

Et demain qui sera jeudy

Que nous disons le .xvi*.

Dont j'espoir que à nostr esme

Pervendrons et à bonne fin, ^ 18,075

Ne plus en France n'auront cresme

Anglois, mes de bref prandront fin.

Demain donques, au point du jour,

LE MISTERE DU SIEGE D ORLEANJS. 695

LE GAPPITAINE DE BAUGENGI.

Messeigneurs, voici grant merveille

De ces nouvelles advenus I F* /i/i8 y\ Onques je n ouy la pareille ;

Je croy que sommes tous perdus. i8,io5

Mes d'où procède ces abus,

Les griefvesmes pertes et essoines ?

Il y a cent ans, voire plus,

Qu'Ânglois n eurent de si villaines.

Esbay suis dont vient ceci, 1 8,110

Nous vois telle desconfiture,

Ne comment nous perdons ainsi

Noz corps et biens oultre mesure.

Que ce n'est d'Anglois créature

Qui François ose plus afandre , 1 8, 1 1 5

Que devant eux n'est nul qui dure :

Ce cas yci ne puis entandre.

Or, ay ge veu depuis .x. ans

Qui ne furent que .xx. Anglois,

Qui deroquerent de tous sans t8,iao

La quantité de cent François;

N'en réchappa ne deux ne trois

Que tous ne fussent à l'epée,

Fors aucuns qui furent de pris :

Par ranson fut leur vie sauvée. i8,n5

De présent va bien autrement;

Jargueau nagueres a esté pris,

Où d'Angleterre entièrement

Estoient chevalliers de pris;

En moins d'un jour estre sommis i8,i3o

Et y faire tel desarroy F' Uk^ r^. Que tout a esté mort ou pris

LE SIRE D'ESGALLES.

Capitaine, bien je voudroye

Que vous n'eussiez point tant de peur :

Frayeur souvent 1 omme devoye

Et n'en est on point, si fort seur.

Y fault que vous ayez bon ceur 18,170

Pour encontre eux résister,

Soy monstrant rempiy de fureur

Devant voz gens, sans rens doubter,

Vous demonstrant fort et hardi.

Et que François on ne doit craindre, 18,175

Sans soy se monstrer esbay

Envers nul tant que grant ou maindre;

Que en ce cas ne se fault faindre,

Mes se tenir très vertueux,

Sans soy voloir doloir ou plaindre, 18,180

Ainsi comme victorieux.

r iiSo i'. PREVOST DE PARIS. ^

Vous doubtez que les François viengnent

En bref temps devant ceste ville.

Gomme les heraulx le tesmoignent

Et comme est le commun setille; i8,t85

Si fault trouver voye utille

Pour encontre eulx remédier,

Par cautelle bonne, sutille

Sonieusement y ovier.

Premièrement, je vous diray 18,190

Qui sera bon que nous facions

Ainsi comme j'é advisay.

Et que ensi faire devons.

Vous savez bien que nous avons

ÂGn que inconvenyent Y ne nous en puisse advenir, Et que soyons resistans Pour nous garder d'en encourir.

Si est que devez sans atandre 1 8,3^0

F* àbi i*. Eslire de vos gens de fait

Et leur baillez le cas entendre,

Qui jour et nuyt seront d'aguet,

Armez de bon harnois comptant,

Gens puissant et fors corageux, i8,a35

Pour sus les François faire exploit

Tant qu'i soyent victorieux.

SENESCHAL BOYENCY.

Nous autres, nous tandrons armée Encontr'eulx et résistance

A force de lance et espée. t8,a^io

Pour eulx avons assez puissance A tenir loust en instance Tant que noz gens soient sailliz, Lesquieux qui à grant abondance Viendront sus les François ferir, iHM^

Qui leur sera grant destourbier Par ce point et très grant oultrage.

, Et pourront bien estre en danger, Qui leur sera ung grant dommage, Pour y perdre leur vasselaige 18,960

Esbaiz et estre confus.

Quant y verront par tel ouvrage Estre enclos et ruez tous jus.

LE GAPPITAINE DE BAUGENGI.

A voz dis très bien je conclus ,

LE MISTERE DU SIEGE D'ORLÏANS. 701

FOUQUAMBERGE.

S'i VOUS plaîst, faictes diligence,

Seneschal, et prenez des gens

Des meilleurs à vostre plaisance

Et à ce faire suflBsans.

Puis, saudrez quant y sera temps, 18,390

Quant ce viendra à Tescarmoche,

Et donnez hardiment dedans

Tellement que n'ayez reproche.

Si le faictes secrètement

Es François ne soit rapporté; 18,395

Que, s'i le savoient nullement,

Tout nostre cas seroit gasté.

Et ne serions en seureté ;

Que ad ce y remedisoient.

Et tumberions en neccessité t8,3oo

Peut estre par aucunes voyent.

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