‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 133 sur 143 · LE SIRE DE LAVAL · texte numérisé non relu

LE SIRE DE LAVAL

De ceste oppinion je suis Qu'i vident hors diligemment,

Que de Chartres ou de Paris ig»^»

Peult avoir secours bonnement.

Et si dit on certainement Que messire Jehan Tallebot p '175 1'. Vient, et Ânglois largement,

Et messire Jehan Facestot. ig*^^^

Pour ce dont, mus plus différer,

Et veu que de ce vous requièrent,

On ne leur doit point refuser.

Et puisqui viennent par prières,

En ce cas ne perderez vous gueres 19^350

Et sera Tonneur des François;

Puis en quelque lieu de frontières

Âultrefoiz les pourrez revcns.

LE SIRE DE LOYAT

Je suis de ce consentement

Et qu y videz ^ sans différence, 19*955

Dès aujourd'uy présentement

Partent, et en nostre présence,

' Lisez : ^'il$ tident, c'estMire partent.

Et que soit de gré d'entre vous.

Leur sera octroyé par non 19,1190

^761^. Que le traicté leur acordons,

Moiennant que ferme et bien clos

Sans deffaillir le garderons :

Si est que pour le sang humain

Eviter et garder d'espandre, i9,»95

Et que nostre roy est begnain,

Prest à tous de à mercy prandre,

Dès aujourd'uy, sans plus atandre,

Partiront et n arestront plus ;

Le chasteau et le pont nous rendent 19,300

En bonne paix et sans abus,

Et par ce s'en pourront aller,

Leur vie sauve et en seureté,

Leurs harnois, leurs chevaux sellez,

Sans nulle difficulté, 19^305

En promectant de vérité

Que de dix jours ne s'armeront.

Pour guerre en quelque cousté

Ne en quelque lieu que facions.

Oultre plus leur sera deffandu i9i3io

Que de leur ménage et biens.

Et à paine d'estre pandu

A celui qui en portera riens

Qui vaille plus d'un marc d'argent ) En bagues ne or ne monnoye. i9»3i5

Et se de ce ne sont contens.

Du traicté plus on ne les oye.

p A76 V». Dont, monseigneur le lieutenant

Du roy, vous ferez le rapport.

Et que chascun en soit contant 19,330

Vous tous, messeigneurs, de l'acort.

Et du propoux délibéré Ordonné comme par arrest.

Tout le cas je le vous^ diray : 19^3^5

Qui vous a esté octroyé, Grâce de pitié et concorde Envers vous, ce présent traicté Dont en vous fait miséricorde.

Que qui eust volu aucuns croire 19,350

p A 77 ^'- Et selon leur intencion.

Pour vérité c'est chose voire, Point n'eussiez de remission; Mes Jehanne, qui de devocion

Et qui est toujours piteable, « 91^55

Vous donne composicion Gomme très bonne et charitable.

Si est qu'au jourd'uy pour le jour Vous partirez de ceste place.

Tant du pont, du chasteau et tour; 191^60

D'Ang^ois n'y en demorra trace , Et de voz vies vous en fait grâce , Que vous partirez seurement «

Sans aucune fraude ou falace

Ne sans aucun empeschement. i9i355

Oveques pourrez enmener Tous voz harnois et voz chevaux Enarnochez et abiUez Des abillement qui leur fault.

Sans vous en faire nul deffault 19*370

Ne nul empeschement quicunques, Qui vous est ung don qui voua vault : Refuser ne devez pas donques.

Oultre ne pourrez enporter

De voz biens meubles seullement 19*37^

Et ne nous armer de dix jours,

Puisque ainsi faire le fault,

Nous consentons bien ce propoux;

Mes que nul qui soit d'entre nous 19,410

N'enporte que ung marc d'argent,

S'i vous plaist et advisez tous

Et que ne soyons tant perdans.

ALANSON.

Se vous volez, n'en faictes riens,

Que vous n'en aurez autre chose; 19,^15

Et plusieurs en sont mal contant

Que la chose ainsi se compose.

Et encor bien dire vous ose

Que se présent le refusez

Et que ne soit promise et close, 19,^20

James vous n'y recouverez.

F*/i79ï^. BAILLY D'ESVREUX.

Monseigneur, puisque le voloir,

De vous le consent et l'acorde.

Vous estes volu travailler

Pour moy, par amour et concorde; igM^

Si ne veil avoir discorde

A vous ne à tous les François.

Puisqu'i leur plaist, je m'y acorde

Faire leur volenté ainçois,

Nonostant que nous soit grief. i9/<3o

Mes, puisqu'il vous plest, le ferons,

Et dont que le voloir si brief ,

Dès aujourd'uy nous partirons.

Et ainsi le vous prometons

Et sans aucune chose enfraindre, 191^35

LE MISTERE DU SIEGE D*ORLEANS. 7â3

De devers le bailly d'Esvreux, 19*^55

Auquel j'é esté dénonçant Le voloir de vous et plusieurs.

Et tous les poins j'é, ce mes Dieux, Leur recitez en brief langaige,

Dont, s'i sont dolant ou joyeux, t9,/i6o

Présent vous lessent ce passage.

Ont promis qu'i n enporteront Aveq leurs chevaux et harnois G'ung maro d'argent, et ne s armeront De dix jours que passez ne sois. »9/j65

Et s'i vous plaist les venir vois A faire leur deppartement; Que à leur fait y fault provois Pour acomplir leur tenement,

Accordé tout entièrement « 9*^70

p A80 \\ Promis et juré sus la foy

Qu'i ne l'enfraindront nullement,

Mais Tacompliront sans delay.

Vous remercyant et le Roy

En vous delessant ceste terre, tg,h^^

Ainsi que contient vostre octroy

De leurs biens et de leur déferre.

LA PUGELLE.

C'est bien dit, il y fault aller

Pour les vois devant nous partir,

Car prestement, sans reculer, j 9^*80

Je les veuls vois tretous saillir.

Plaise vous vous tous y venir,

Et vous tenez en ordonnance.

Pour les vois à nostre plaisir

Départir de nostre présence. 191&85

Avoir trouvé labiHeté,

Qu'i n estoyent pas pour noz pages;

Et l'ont bien seu de vérité,

Qu i n estoyent pas en seureté,

Et se de leur vie ont proveu, 19,615

Bon mestier leur en a esté

Que il leur en fust mal venu.

LA HIRE

Puisque la chose si est faicte Et que le conseil en est pris,

Y convient qu elle soit parfaite tg^Bao Et à execucion mys.

Puisque lacort leur est promis

Y n'en fault plus parler ne dire; Quant il priront pour leurs amis

La prière ne vous peut nuyre. 19 5a5

Mes fault aller présentement F* A89 1*. Les faire de céans partir,

Et qu i vident diligemment.

Sur peine de mort encourir.

U PUCELLE

Or sus dont, faictes ci venir 19,530

Les trompetes, et sans atandre,

Et en ordre ce maintenir

Qu'i n'y ait nulluy à reprandre.

Lors pose de trompetas. — Et yront tous en ordonnance devant le chasteaii , tous armez. Et ceulx du pont se mettront avec ceuix du chasteau , et puis par ordonnance sortiront tous, deux et deux, la teste nue, combien qu'ilz soient tous armez, leurs salades en leurs mains, et passeront entre les François et la Pucelle, et s*en yront tous hors de Baugenci, en saluant ta Pucelle et les seigneurs. Puis, après que tout sera party, la Pucelle dit :

N'est nul qui ose lever Tueil,

Tant soit seigneur petit ou grant,

Mes sont trestous en très grant dueiL . 19,505

VENDOSME

Messeigneurs, je conseilleroye

Que on fist sonner la trompeté,

Afin que cliascun se provoye

De son logis, de sa retraite.

Et ceux qui pour faire la guiecte 19,570

Sont commis à leur fait entandent,

Et, s'il ont aucune directe,

Incontinant si le nous mandent.

F' 483 v*. RICHEMONT.

Or sus, trompetes, vistement

Trompillez, que savez assez, 19^^?^

Pour donner repoux noblement

A noz gens qui sont fort lassez.

Que chascun se veille amasser

Pour eulx retraîre en leur logis.

Et aussi qui veillent pencer 191^^0

D'eulx reposer à leur devis.

Lors les trompetes sonneront; chascan des François se retrayeront. Puis dit le bailiy d^Esvreux :

BAILLY D'ESVREUX.

Messeigneurs, je ne say que dire

De ceste maudicte journée;

J'en ay le cueur si rempli d'yre,

Gomme personne dévoyée. iî^585

Je voy bien que deshonnorée

Est du tout nostre compaignie;

Résister aucunement;

Mes nous est belle délivrance 19*^90

Réchapper tel encombrement.

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