‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 36 sur 143 · LE PREMIER MARINIER · texte numérisé non relu

LE PREMIER MARINIER

Ça, messeignéurs, la mercy Dieu, Vous estes à port arrivez, 590

Sans du vostre avoir rien perdu , *

Ne sans nul autre destourbier.

Dont devez Dieu remercyer * Que n'avez eu nulle tourmente,

Qui vous ait donné encombrier, 595

Mais avez eu la^er plaisanté.

SAUEBRY.

Messeigneurs, c'est chose excellante Et divine permission , Si devons bien de notre entente Servir Dieu en dévotion; 600

Et c'est bien mon intencion ^ Le remercier humblement, ^

Par sa saincte redempcion , Qu'i nous a gardé de tourment.

' Touqaes (Calvados), sur la rivière de peuvent remonter jusqu'à Touques avec la ce nom , qui , comme l'on sait , se jette dans marée, la mer k Trouvilie. De grosses barques

P i5 r*. MESSIRE GUIUAUME DE U POLLE.

Faire le devons vrayement, 6o5

Et nous y sommes bien tenuz, i

Quant gardez nous a sauvement '

% De inconvénient advenuz I

Autant aux grans que aux menuz.

Dieu si a conduit la besoigne; 610

Si en rendrons grâces et saluz A Nostre Dame de Bouloigne.

« SÂLLEBRY.

^^esseigneurs, faisons, sans esloigne, \

^ue chascun mecte pié à terre, i

Et que aussi on pense et soigne 61 5

Ses bagues cuillir et requerre.

Et aussi de son logeis querre ,

Jusqu^ demain au point du jour;

Puis à Rèuan, sans plus enquerre.

Nous en irons faire séjour. 690

LE SIRE D'ESGALLES.

Vous dictez bien certainement, Nous somm^ laz et travaillez, *

Par quoy il convient bonnement p i5 V*. Soy refrachir et reposer; •

* Que sommes flebles et matés * 695

Tant du vent et de la tourmente, Et de la peine de la mer, H n'est celuy qu'il ne s'en sente.

Puis icy y a pause longue. — Et chascun sault des navires a fout ses bagues; et s'assemblenlitous devant Sallebry. #

2â LE MIStERE DU SIEGE D'ORLEANS.

SALLEBRY.

Messeigneurs, vous voyez comment A bon port sommes arrivez, 63o

Sans avoir eu empeschement Ne autre annuy, comme savez.

Si en devons bien Dieu louer Et la Vierge très excellente,

Qui nous [a] ainsi amenez, 635

Sans avoir eu quelque tormente.

Par quoy, c est bon commancement Pour parvenir à nostre entente; #

Et nen doubtez aucunement.

Que la chose est bien apparante, V ^^^

Si est bien cause consonnante Que nous deussions d'icy partir, Et aller tous, la droicte sente, B'' i6 i'. A Roan pour nous refrachir.

LE SIRE DE GREZ

jg^ Il ne nous fault plus cy tenir; 665

Partons, je vous pry, il est temps*

MESSIRE 6UILUUME DE LA POLLE.

Vous dictes très bien sans faillir; • Il ne nous fault plus cy tenir.

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