‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 37 sur 143 · LE SIRE DE FAUOUAMBERGE · texte numérisé non relu

LE SIRE DE FAUOUAMBERGE

Durant que nous avons loisir,

N arestons plus ne tant ne quant. 65o

MESSIRE JEHAN DE U POLLE

Il ne nous fault plus cy tenir; Partons d'icy, il en est temps.

inp^'pwsï^^.

SALLEBRY. •

Messagier, va legierement A Roan, sans faire demeure,

Et fais bien mon commandement, 655

Sans arrester ne pas ne heure.

Tu t'en yras de grant aleure P 16 v\ Au sire Tallebot noncer

Comment, mais que Dieu nous secourre,

Nous arriverons demain au soir. 660

Vostre messaige tout au long

Acompliray, mon très chier sire,

Devant les princes qui là sont,

Je leur sauray à tous bien dire»

A eulx je m'en voys, droit de tire, ^ 665

Dénoncer voz bonnes nouvelles.

SALLEBRY.

Or, fais tant qu'il doye suffire, jOar ilz seront joy eulx d'icelles.

Pose. — Et va le messagier, qui dit :

Voylà le prince Tallebot,

Avecques des seigneurs foison, 670

Et le sire de Hongresfort,

Qui est prince de grand renom;

Puis y est ce noble baron.

Le vaillant duc de Sombreset,

Avecques des princes de nom , 675

p 17 1'. Qui sont en armes tout parfait.

Très haulx et très puissans seigneurs, Saïïebry devers vous m'envoye, . Et autres notables greigneurs^

Qui viennent vers vo^us à grant joye, 680

Lesquelz se sont tous mis en voye.

Pour vous donner joye et confort; Et si y est, qui les convoyé.

Le puissant conte de Sufibrt.

Enchargé m^ont que je vous dye 685

Que demain ilz arriveront, Avec notable compaignie, Et tous les seigneurs qui là sont.

A vous tous, messeigneurs barons.

Je vous dénonce mon messaige, 690

Ainsi que aommandé le m ont JTous 4es seigneurs du barnaige.

LE DUC DE ^MBRE^T

Pour te respondre en brief langaige, Amy, tu soyes le bien venu;

Joyeulx je suis de ton voyaige, 695

Que tu nous a cy recongnu.

Saiche qu il n'est grant ne menu Qu'il ne soit joyeulx de la chose, Et ung chascun d'eulx sera receu P 17 ^•^ A grant joye , je le suppose. 700

Que dictes vous, seigneurs barons?

Voicy les princes de la terre.

Qui devers vous venuz îlz sont, * Pour nous secourir à la guerre.

Je croy qu'il n est dessus la terre 7^5

Plus puissant ost que nous aurons ,

Et est tout la fleur d'Engleterre, Ainsi que nous espérons.

TALLEBOT.

A grant joye receuz seront

De par nous, et leur seigneurie, i\o

Que je £ongnois bien qu i y sont

Une très noble compaignie.

Faire leur devons chiere lye

Et les recevoir de bon cueur;

C'est la fleur de chevalerie, 7*^

Et aussi gens de grant valleur.

LE SIRE DE HONGRESFORT

Ce sont gens de bien et d'honneur, De proesse et de vaillantise, Et de hardyesse la fleur.

Pour faire une bonne entreprise. 1^0

p 18 r'. Nous pourrons bien à nostre guise

Faire d'ores en avant de France, Et entre noz mains sera mise.

Sans aucune resistence.

LE DUC DE SOMBRESET

Messagier, va toust et t'avance, 7«5

Pour aller leur dire au devant

Que nous avons rejoissance,

Et qui soient les bien venant.

Si sommes icy attendant

Pour les recevoir à grant joye, 1^0

Et sommes très fort désirant.

Qui nous est bien tart qu'on les voye.

messâgœr.

Je m'en revoys la droicte voye,

Mes chiers seigneurs, ne doublez pas,

Et, tant que devers eulx je soye, 735

Je naresteray heure ne pas;

Lesqueiz auront joye et soûlas

De vostre très bonne responce.

P i8 T'. TALLEBOT.

Messagier, va et n oublye pas ,

Et noz nouvelles leur dénonce. iko

Pose. — S*eii va le messagier et puis dit

MESSA6IEB.

Puissans seigneurs, et redoûbtez.

De Rouan je suis revenu,

Et là j'ay trouvé, ne doubtez,

Où j'ay esté le bien venu.

De tous les princes j'ay congnu 7^^

Qui désirent vostre venue.

Et joyeuh sont, grant et menu.

Quant vostre nouvelle ilz ont sceue.

SALLEBRY.

Tu es messagier de vallue.

Dont tu as fait grant diligence. 7^0

Messeigneurs , à nostre venue Mectons nous tous en ordonnance.

Là devant, voyez en présence p 1*9 r*. Roan, la fleur de Normandie,

Nostre séjour, nostre espérance, 755

ppptfpn'"*^*^

Et où chascun de nous se fye.

Les princes sont qui nous attendent,

Qui sont fort joyeux de nous veois ,

Et croy bien qu*i nous y demandent,

II y a passé quatre mois. 760

Ci pourrons nous, à ceste foiz,

Bien vengier de noz anemis,

Encontre contes, ducz ou roys,

Mais que nous layons entrepris.

Je ne croy pas qu'i soit pays 765

Qui nous donne resistence,

Ne qu'il y ait gens si hardis

Qui attendent nostre puissance.

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