‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 45 sur 143 · TOUS ENSEMBLE · texte numérisé non relu

TOUS ENSEMBLE

Nous en sommes trestous contans.

* Peut-éti*e eossez, pour corsée, corsys, cosimf

Puis tous les seigneurs se lievent, et chascun s'en va habiller et ariner, et y a une petite pause. — Puis dit à Glasides

SALLEBRY.

Beau cousin 9 ainsi que j'entend, A Orieans il nous fault aller, 1^410

Et faire assembler tous noz gens, Pour les conduire et ordonner; Et ceulx qui vouldront demourer, Pour garder icy le pays,

Il nous en conviendra parler, w*t5

Et en savoir d'eulx leur advis.

Mais on m'a dit qu'en ceste ville Y est maistre Jehan des Boillons , p 35 V*. Qui joue d'art, et si fort habille

Qui soit en nulles régions. 1A90

Je vous pry que nous y aillons Savoir de nous qu'il vouldra dire , Ne quelle fortune nous aurons; Pour Tescouter ne nous peut nuyre.

GLASIDES.

C'est bien dit, il le fault avoir i/iaS

Et l'ouyr parler. Je vous prie.

Habiller vous fault en archier.

Et qui ne vous coagnoisse mye;

Que, s'i vous congnoist, vous affye,

Il n'osera dire son advis, »A3o

Mais ne dira que resverye,

Qu'il aura peur d'estre repris.

SALLEBRY.

Je le vueil, que habillé soye

5à LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS.

En archier, pour parler à luy,

Sans luy dire point que^ je soye. i635

Aussi qu'on en parie à nuUy, Et qu'on le face venir cy, F' 36 r*. Sans luy dire pour quelle cause.

Vous entendez pourquoy le dy.

Ne vous en fault dire la clause. i4/io

GLASIDES.

Je y vois envoyer prestement

Ung messaige, sans plus attendre.

Lieve toy^ sus legierement,

Et vueille à mon plaisir entendre :

Si est qu'i te fault entreprandre lUS

Devers maistre Jehan des Boillons,

Qu'i s'en viengne à nous droit rendre

Et que parler à luy voulons;

Mais ne luy dy riens autre chose,

Si non ung mot legierement, i&5o

Qu'i viengne icy sans faire pause,

A deux compaignons seullement,

Sans luy desclairer nullement

Que c'est, ne pour (juoy on le mande.

Entends tu, fais le saigement, i455

Sans luy dire qui le demande.

Monseigneur, à vostre plaisir,

Je voys faire vostre messaige, p 36 v^ Et devers vous le feray venir

• Prestement et de bon coraige. «^^o

* Lisez qui je soye.

* S'adressait à ud messager.

SALLEBBY.

Fais le venir par beau langaige , Ainsi que sauras bien le faire.

MESSAGIËR.

H sera en lieu bien reclusaige, •

Se je ne trouve où il repaire.

Adont y a pause. — Et se doit Sallcbry habiller en archier; puis dit

Or, ay tant fait, la mercy Dieu, i465

J'ay trouvé ce que dem^ndoye.

Que je suis arrivé au lieu Lequel droictement je queroye ; Que je voy là, en ceste voye,

Qu'on dit maistre Jehan des Boillons, 1^70

Qui devigne la chose vraye , Et de toutes choses respont.

P 37 r". Maistre Jehan, Dieu yovls croisse honneur,

Joye, santé et bonne vie!

MAISTBE JEHAN DES BOILLONS.

Mon enifant, soyes bon serviteur. 1^75

Maistre Jehan, Dieu vous croisse honneur!

MAISTRE JEHAN

Garde toy de faire folleur, Et fuy mauvaise compaignie.

Maistre Jehan, Dieu vous croisse honneur,

Joyç, santé et bonne vie! i^So

Il convient, et je vous emprie,

Que vous viengnez avec moy.

MAISTRE JEHAN

Va, mon amy, je n'iray mye, Car j'ay affaire icy ung poy.

P 37 v". MESSAGIER.

H fault y venir, par ma foy, i'*85

Voir de voz amys anciens

Deux ou trois, qui sont en esmoy,

Qui veuHent ung' peu passer temps.

MAISTRE JEHAN

Je n iray pas pour le présent.

Mon amy, va-t-en, je te prie. 1^90

Maistre Jehan, vous n'y perderez riens.

MAISTRE JEHAN

Je n'yray pas pour le présent.

Joyeux en serez et content, Maistre Jehan, et n'en doubtez mye.

MAISTRE JEHAN

Je n'yray pas pour le présent, ^H^

Mon amy, va-t-en, je te prie.

C'est une droicte resverye.

A voz amys du temps passé, p 38 r^. Pour Dieu, ne le peffusez mye; '

Je ne scay mon qu'avez pensé. i5oo

MAISTRE JEHAN

Hé dea, c'est icy trop pressé.

Va devant, je m'en voys après. •

Maistre Jehan, ce n'est pas toust, Mais mener vous vueil là où est.

Puis maistre Jehan et le messagier partiront, et y a pose. — Et doivent arriver Sallebry et Glasides ensemble; puis dit le messagier à Sailebry

Compaignons, je voy cy venir i5o5

Vers vous maistre Jehan des Boillons.

J'en suis très joyeuh sans mentir.

Sa*, comment vous portez dont, Maistre Jehan? Mandé vous avons • Pour vous festoyer à plaisir, .' i5io

F' 38 V*. Ainsi que autreffoiz fait avons,

S'i vous en peut point souvenir.

MAISTR^HAN.

Je le croy bien, mais, sans faillir.

Il ne me souvient pas de tout.

' Sk.lÀaeiçà

GLASIDES. .

Je VOUS en croy; mais, à propoux, i5i5

Le temps ay veu que vous faisiés

Plusieurs esbatz, et si saviez

Choses qui estoient advenir,

Et aucune foiz en pariiez,

En passant temps, pour resjouyr. iSao

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