‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 44 sur 143 · BAILLY DE MENTE · texte numérisé non relu

BAILLY DE MENTE

H en du toute vérité;

Se vous allez ailleurs muser, 1390

F* 3« V. Ils fortiffieront leur cité

De vivres, comme vins et blez,

Et manderont leurs allyez,

S'enfForceront de jour en jour;

Là où S se vous les susprenez, lago

Hz n auront de nully secour.

Par quoy je dy que, sans actendre,

Vous devez assembler voz gens

Et vostre chemin tout droit prandre ,

Vous en aller devant Orléans; i3oo

Et ne povez mieulx que présent

A les assaillir en sursault;

Et, s'i vous sont contredisant,

Baillez leur promptement lassault.

LE BâILLY D'ESVREUX.

Je suis de ceste oppinion i3o5

Que vous ne devez ailleurs querre, ^r De paour de leur rébellion ,

Et qui seront durs à conquerre.

Onques n aymerent Angleterre ,

Comme j ay tousjours oy dire; i3io

^ Pour ce, devez, sans plus enquerre, Monstrer vostre fureur et yre.

Se allez en autruy pays, p 33 1'. Peut estre y serez longuement;

Ce pendant, manderont leurs amys, i3i5

Et s'enforceront bonnement, Si ne pourrez legierement, Comme vous pensez , les avoir.

Par quoy je dy que chaudement n les vous convient poursuivoir; i3«o

Et vous dy que, de plaine face, * Là iA, tandis que.

Vous leur devez fort courre sus,

Et les poursuivre à chaulde chasse;

De différer ce seroit abuz.

Par ainsi, les renderez confus i3a5

Et en vos mercyz se mecteront,

Que les verrez si remis jus,

Que les clefe ilz vous apporteront.

LE SIRE DE GRES

Ainsi comme je puis entendre,

Vous devez recouvrer Orléans, i33o

Et est la fin où devez tendre De puissance de corps et biens; Que, se ne Tavez, c'est riens, Car c'est tout le ressort de France, Que de là trestout en deppend, i335

F* 33 V. Et est aux François leur fiance;

Ne autrement je ne croy pas w

Que vous n'y ayez fort affaire.

Et le fault avoir par compas.

Aussi par subtille manière. i34o

Orléans si est tout la frontière * ^

Et tout le port du remanant,

Où des François chascun espère.

Et là où chascun d'eulx se tend.

Je dy que très diligamment i3'i5

Vous les devez aller surprandre ;

Sans aller jiilleurs amusant,

Vous devez ce fait entreprandre.

Pas ne sont de legier à prandre,

Ainsi que la brebis en mue, J35r.

Que pour riens ne se vouldront rendre ,

S'i ne voyent leur ville perdue.

LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS. 5t

LE SIRE DE MOUNS

H ne fault aller çà ne là , Mais à Orléans tout le plus droit, Et, le plus tost que on pourra, i355

Ce fault faire et convient que soit, Les assiéger si à destroit F* u t\ Qu i ne puissent pas enfouyr;

Puis vous les verrez orendroit

Gomme ilz vous viendront requérir! i36o

Et, quant Orléans aurez soubz mis, Vous povez dire seurement Que maistres de la fleur de liz Serés du tout, entièrement;

Ne nul, dessoubz le firmament, ^ i365

Ne vous osera contredire Que nayez le gouvernement.

Que nul jamès vous puisse nuyre.

France jamès ne partira

D'entre les mains de nostre roy; «370

De France et d'Angleterre sera Tout paisible, ainsi je le croy, Ne nul n'osera lever le doy *

Contre vostre magnificence;

Mais ung chascun vous fera la foy, «375

En faisant tous obéissance.

LE SIRE DE PROVINS

Je n'en doubte point nullement Et faire le devez aussi.

Se Orléans avez aucunement,

Vous estes hors de tout soussy. »38o

p 34 V*. Tout viendra à vostre mercy

Le peuple à vous de toutes parts,

Et vous serviront tout ainsi

Comme voz subgectz et soudars.

Je conseille que vous faciez i385

Mener toute l'artillerie

Devant Orléans, sans séjourner,

Sans tarder heure ne demye;

Vous leur ferez telle saillie

Que, avant que soit huit jours entiers, 1390

A grant joye et à chiere lye.

Se rendront à vous voulentiers.

Si les voulez habandonner,

Ils n'arresteront jour ne demy.

Ce sont gens plains et bien gossez', 1395

Et est Orléans très bien garny.

D'or et d'argent assez fourny,

Que voz gens n'auront povreté,

S'i passent une fois parmy.

Que ilz ont des biens à planté. 1/100

SALLEBRY.

Dont, pour cause de briefveté, J'ay o^y vos oppinions.

Dont la pluspart en vérité p 35 r*. Sy est qu'à Orléans nous aillons.

Vous priant, seigneurs et barons, i^o5

S'il n'y a nul contredisant.

Qu'il en die ses conclusions.

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