‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 55 sur 143 · LE CANONNIER · texte numérisé non relu

LE CANONNIER

Il a tout fin droit sa visée

A frapper dedâ!hs la fenestre seao

F" 91 r^. Des Tourelles, qui est levée

Ainsi comme au millieu de Testre.

LE SIRE DE GOURAS

En soupeçon ne devez estre, ^ •

Je congnoi^ toute vérité.

Que des Anglois est mort leur maistre, 3695

Qui leur est grant adversité,

Et, comme par divinité,

Que du coup nulluy n'est vanté;

C'est Dieu qui le nous a ousté,.

Ainsi je le croy et me vente. ' 363o

LE RECEVEUR

Sallebry si avoit promis

' La ferre, le boulet de pierre.

LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS. \àS

A nostre naturel seigneur,

Qu'en sa terre n'en son pays

Y ne feroit mai ne douleur,

Dont lequel s'egt trouvé menteur, 3635

Et aussi Dieu l'en a pugny;

Puis desroba par grant rigueur

La Bonne Dame de Clery.

LE SIRE DE VnXARS.

Croyez, c'est tlivin jugement, Dont Sallebry a telle. fin; p 91 ^•. Dieu vueille qu'en l'achèvement

Y luy plaise mectre sa main.

Nous devons bien du cueur enclin Le servir en devocion.

Quant il a osté du chfimin 3665

Sallebry par permission.

LE SIRE DE SAINTRAILLES

Or, devons nous prandre coraige,

Pour résister vaillamment

A rebouter hors du rivage

Noz anemis viUainement, 365o

Lesquelz n'ont cause nullement

De venir en ceste heritaige.

Pour la ravyr ne tant ne quant,

Mais, croy, ce sera à leur dommaige.

POTON

Messeigneurs, il nous convient faire 3655

Une bombarde merveilleuse.

Pour contre les Tourelles batre,

Qui soit grosse et adventureuse, *• *

\àà LE MISTERE DU SIEGE D ORLEANS.

Portant la pierre vertueuse ^

Gomme de huit vings livres pesant, 366o

Afin qu'elle soit sousteneuse Pour les Angloys esbayssai^;.

F" 99 r*. LE RECEVEUR.

De la faire sommes contant,

La bombarde spacieuse,

Sans delay et incontinent, 3665

Qui gectera pierre oultrageuse.

Si m'en voys, tout de ceste aleuse ^

La commander ung ouvrier.

Qui la nous face plantureuse,

Au mieulx qu'on la pourra ouvrer. 3670

Puis icy y a pause; — et doivent arriver les bourgeois de la ville à Chinon. Puis dit

LE PREMIER

Or sommes nous cy arrivez

Dedans la ville de Chynon,

Si nous fault aller présenter

Devant le Roy, c'est bien raison.

Nostre ambassade luy diron, 3675

Et ce qui vers luy nous amayne.

Je vous pry que nous y aillons;

Yoi le là^ en son grant demaine.

n- ROURGEOIS.

Allons y, sans actendre plus; pga v. Faire nous convient diligence, 368o

Pour retourner, quant au eeurplus,

* Aleuse, aleure, allure, comme ci-dessus plaisa fom plaira. ' Foi' le là, le ^i\h.

LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANSJ

Sans faire longue demourance.

Voylà le noble roy de France, Nous convient à lûy anoncer La doleur et la grant soufirance Qui est à Orléans sans cesser.

Puis s'agenoiUent devant le Roy et dit

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