LE CANONNIER
Il a tout fin droit sa visée
A frapper dedâ!hs la fenestre seao
F" 91 r^. Des Tourelles, qui est levée
Ainsi comme au millieu de Testre.
LE SIRE DE GOURAS
En soupeçon ne devez estre, ^ •
Je congnoi^ toute vérité.
Que des Anglois est mort leur maistre, 3695
Qui leur est grant adversité,
Et, comme par divinité,
Que du coup nulluy n'est vanté;
C'est Dieu qui le nous a ousté,.
Ainsi je le croy et me vente. ' 363o
LE RECEVEUR
Sallebry si avoit promis
' La ferre, le boulet de pierre.
LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS. \àS
A nostre naturel seigneur,
Qu'en sa terre n'en son pays
Y ne feroit mai ne douleur,
Dont lequel s'egt trouvé menteur, 3635
Et aussi Dieu l'en a pugny;
Puis desroba par grant rigueur
La Bonne Dame de Clery.
LE SIRE DE VnXARS.
Croyez, c'est tlivin jugement, Dont Sallebry a telle. fin; p 91 ^•. Dieu vueille qu'en l'achèvement
Y luy plaise mectre sa main.
Nous devons bien du cueur enclin Le servir en devocion.
Quant il a osté du chfimin 3665
Sallebry par permission.
LE SIRE DE SAINTRAILLES
Or, devons nous prandre coraige,
Pour résister vaillamment
A rebouter hors du rivage
Noz anemis viUainement, 365o
Lesquelz n'ont cause nullement
De venir en ceste heritaige.
Pour la ravyr ne tant ne quant,
Mais, croy, ce sera à leur dommaige.
POTON
Messeigneurs, il nous convient faire 3655
Une bombarde merveilleuse.
Pour contre les Tourelles batre,
Qui soit grosse et adventureuse, *• *
\àà LE MISTERE DU SIEGE D ORLEANS.
Portant la pierre vertueuse ^
Gomme de huit vings livres pesant, 366o
Afin qu'elle soit sousteneuse Pour les Angloys esbayssai^;.
F" 99 r*. LE RECEVEUR.
De la faire sommes contant,
La bombarde spacieuse,
Sans delay et incontinent, 3665
Qui gectera pierre oultrageuse.
Si m'en voys, tout de ceste aleuse ^
La commander ung ouvrier.
Qui la nous face plantureuse,
Au mieulx qu'on la pourra ouvrer. 3670
Puis icy y a pause; — et doivent arriver les bourgeois de la ville à Chinon. Puis dit
LE PREMIER
Or sommes nous cy arrivez
Dedans la ville de Chynon,
Si nous fault aller présenter
Devant le Roy, c'est bien raison.
Nostre ambassade luy diron, 3675
Et ce qui vers luy nous amayne.
Je vous pry que nous y aillons;
Yoi le là^ en son grant demaine.
n- ROURGEOIS.
Allons y, sans actendre plus; pga v. Faire nous convient diligence, 368o
Pour retourner, quant au eeurplus,
* Aleuse, aleure, allure, comme ci-dessus plaisa fom plaira. ' Foi' le là, le ^i\h.
LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANSJ
Sans faire longue demourance.
Voylà le noble roy de France, Nous convient à lûy anoncer La doleur et la grant soufirance Qui est à Orléans sans cesser.
Puis s'agenoiUent devant le Roy et dit