‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 56 sur 143 · LE PREMIER BOURGEOIS · texte numérisé non relu

LE PREMIER BOURGEOIS

Très hault et très redoubté sire,

Nostre noble roy souverain,

Vers vous voulons noncer et dire.

Se vous plaist oyr de certain

Des nouvelles, du tout à plaisir,

Que voz bons, saiges et amys

D'Orléans qu'i vous mandent à fin •

Qu'en vostre grâce soient mis.

Très chier seigneur, il est bien vray

Que les Anglois ont assiégé

Orléans et fait ung grant effroy.

Et ont le pays dommage.

Les habitans fort oultraigé

Par plusieurs assaulx et saillies,

Lesquelz si ont contraryé

Encontre leurs faulx anemis.

Dont, par nous vous prient humblement

Qu'i vous plaise les secourir,

Que y veullent totallement

Pour vous, sire, vivre et morir,

Ainçois qu'i vueiUent consentir

James à aux Angloys leur rendre ' ;

* Leur rendre, se rendre.

lie ^ LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEANS.

Mais à vous veulent obeyr

Et à tous voz plaisirs entendre. 37*0

Et, avecques ce, vous requièrent

Leur donner povoir et licence

A démolir maisons prestoires,

Qui pourroient faire nuysance

A la ville et vfbllence, . • 3715

Tous ediffices et églises;

Sire, que c'est leur espérance

Eulx dcfîendre par toutes guises;

Et, s'i vous plaist leur envoyer.

De vostre grâce, du secours > 3730

Qui les peust ung peu soîayer.

Qu'f y aront heure de repoux.

H ont assigé les faubours,

Pris Tourelles et Portereau;

11 en sont maistres et des tours, 37*15

Et tout jusques au rees de î*eau.

V i/d r. LE ROY CHARLES, VIP de ce nuuu

Nos chers et bons amys d'Orléans,

Joyeux suis de vostre venue,

Saichez ne vous fauldray en riens

De chose qui soit soohz la nuf^ S730

Vostre voulenté j'é congnue ,

Que vous estes bons et Idyaulx.

Et en tout temps Tay apperceue.

Vous estes mes amys feaulx.

Du siège qu'avez me desplaist, ^fàb

Dont noz anciens anemis,

Qui vous font des tors et des griefs,

Lesquelz si ont le siège mis.

Je vous prie tant que je puis.

Et sur la foy que me devez, 37/10 •^

Que, vous d'Orléans, soyez unyz, ^ en unyon vous tenez.

De tout ce que faire pourray, Pour vous ayder et secourir,

De très bon cueur je le feray, ^7^5

Croyez le de vray, sans faillir; Et vous vueillez pour sceurs tenir Que, de mon povoir et puissance, Je ne vous lairay encourir.

Mais y feray tout diligence. 3750

En oultre, ce que demandez.

De destruire bours et églises, F* gà t\ Faictes en comme l'entendrez,

Je vueil que à vous soient soubmises,

En faire du tout par voz guises, 3755

Pour préserver vostre cité.

N'en ayez en vous nul faintises.

Vous donne toute liberté. •

Tenez vous le plus que pourrez,

Que bien est mon intencion • 3760

Du secours de vous envoyer.

Et ma deliberacion;

Que, de bref, visitacion

De gens de bien vous envoyeray.

Et toute consolacion 3765

A vous d'Orléans je vous feray.

LE IP

Chier sire, nous vous mercyons

Du grant bien et du bon voloir,

Et à Orléans le rapporterons,

Donques ainsi nous consoloir. 3770

iàS

Si ferons tous nostre devoir,

Et bien l'avons tous entrepris,

De nostre puissance et povoir, •

A rachater noz anemis.

Sire, nous vous recommandons

Vostre ville et les habitans,

Qui, tous les jours, pour le présent.

En peine et en travail sont.

LE ROY

Ainsi que nous espérons,

Y seront de nous bien contans.

r BOURGEOIS.

Sire, nous vous recommandons Vostre ville et les habitans.

LE ROY

Mes vrays amys, je vous respons Que, à tous jours, moy et les myens, Ne vous fauldray pour nuHe riens.

Que trouvez vous ay loyaulx et bons.

LE n* BOURGEOIS.

Sire, nous vous recommandons Vostre ville et les habitans, Qui, tous les jours, pour le présent, En peine et en travail sont.

LE ROY

Je scay bien à besoigner il ont.

Dont il me desplaist grandement; Mais de brief y remedirons,

Et n en doubtez aucunement.

Tenez vous vertueusement, Et ayez en moy espérance ; Je ne vous fauldray nullement De tout mop povoir et puissance.

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