CHABANNES
Nul n'est de nous qui ne désire De combatre et voir les Gondons.
Lors y a pause. — Et partiront, et puis rencontreront les Anglois vers Saint Jehan le Rlanc, sur la turcie^; et puis dit
* Les Goddam, les Anglais.
' Tureie, levée.
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LA HfRE.
Sus, messeigneurs, en ordonnance, h'jbb
F' 118 1^ Je voy là Orieans, là devant.
Et lost des Anglois, sans doubtance,
Lesquelz nous viennent au devant.
Vous voyez une armée moult grant,
Tous arengez de bort à bort, à^^jo
Et là y voy tout evidant
Le grant estandart Tallebot.
SAINTE SUAIRE
H y sont plusieurs estandars,
Et y trouve grant seigneurie
De griffons, lyons et liepars, h-je^
Qui y sont en grant compaignie.
Que nuUuy ne se faigne mie
Pour encontr'eulx résister;
Qui nou3*convient perdre la vie,
Ou aujourd uy les surmonter. ^77^
TALLEBOT.
Seigneurs barons, sans arrester.
On m'a dit qu'i vient du secours
Aux François, sy se fault haster,
Pour se garder de leurs faulx tours,
Qui ne nous preignent en destours. ^775
Trompetes, sonnez vistemeiit.
Soyez vaillans sans avoir pours,
Adfin d acquerre vengement.
Lors les trompetes sonneront d'une part et d'autre, et chascun se boute en ordonnance. Puis dit
P 118 V. LE CONTE DE SUFFORT
Y sont là vers Saint Jehan le Blanc,
Je les voy là sans or^nnance; 4780
Fra]ljpons sur eulx incontinent,
L'avantaige est à qui commance.
LE CONTE D'ESCALLES.
Allons à eulx sans differance ,
Que nulluy d'eux n'en reschappera;
Que y ne sont point grant puissance. ^785
Se volons, tout y demorra.
Adont icy La Hire vient contre les Anglois, et chascun le suyt. Ceulx de la ville sonneront à Varme^ et sauidront tous armez. Et y a grant fait d'armes, et plusieurs blessez et mors, d'une part et d'autre. Et entreront dedans la ville, maulgré les Anglois. Puis [dit]
LE SIRE DE DUNOIS, basUrd d'Orieans.
Bien devons rendre grâce à Dieu De la très puissante journée, F* 1 19 r. Quant la victoire avons heu,
Et leur puissance subjuguée; ^790
Que en la cité renommée
Nous sommes sdins et saullz venuz.
Sans riens avoir de nostre armée
Comme bien peu de gens perduz.
LE RECEVEUR
Messeigneurs, bien soyez venus, ^79^
Et tous voz gens entièrement.
Long temps vous avons attenduz.
En grant peine et en grant torment ; Que, jour et nuyt, incessamment.
Anglois gectent artillerie, Afioo
Que repoux n'avons nullement, Une seule heure ne demye.
SAINCTE SUAIRE
Dieu mercy, sommes arrivez,
Et venuz pour vous secourir.
Si nous fault manière trouver, A80.5
Pour sus noz anemis courrir.
Et pour les faire deppartir
Es environs de ceste terre.
Chaudement les fault poursuivyr,
A force d'armes et de guerre. . • a«io