‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 68 sur 143 · DL'NOIS · texte numérisé non relu

DL'NOIS

Ouy, seureinent, je le congnois Que vous le devez ainsi faire.

LE SIRE DE VILLARS

Diligamment le fault parfaire , ^855

Avant que mal vous en adviengne.

LE RECEVEUR. H

Le faire est ung petit ravoire ;

Mais non pourtant à nous ne tiengne.

Adont icy ceulx de la ville yront abatre tous les faubours et églises, 3aiDt Âignaii, Saint Euvertre, Cordeliers, Jacobins, et mectre tout le feu dedans. Puis, cnla fait, dit

TALLEBOT. •

Messeigneurs, y nous fault penser p lai r". En nostre guerre mectre fin, /1860

Qifc nous y devons, sans cesser, Y bien besoigner à toute fin.

Nous avons cy des gens tout plain, Nombre plus de .xl. mille;

Nous arions dont le cueur bien vain, A8r,5

Se nous ne conquestions la ville.

Nous convient, de l'autre cousté, Aller former ung siège clos, Les tenir en captivité,

Et comme prisonniers à nous; ^870

Que, ainsi que j'é en propoux, N'aura nul qui ose saillir De leur ville ne de leurs tours, S'il ne veult la mort encourir.

Dedans Fegiise Saint Lorens, Et aussi à la Magdalene, Nous nous fortiffirons dedans, Qui est pour nous ung beau demaine.

En ce fait nous fault mectre peine, Pour avoir Orléans sans deffault, Et morront tous de mort villaine, S'i convient les avoir d'assault.

F* lai

LE CONTE DE SUFFORT

Nous sommes icy longuement.

Sans y faire guere^s de chose , Et sommes assez, largement, Pour les François leans enclorre.

Faire le fault, je le suppose, (Ju'i convient qu'i soient assailliz De tous coustez; puis, dire l'ose, Lors se trouverront esbayz.

MESSIRE JEHAN DE LA POLLE

Pour à nostre faijt parvenir, Nous fault trouver, sur toute rien, Façon, voye pour les pugnir.

Par habilleté et moyen.

Si dy que vous ferez très bien Les enclorre de toutes pars, ^nis les prandrez, comme je tien, En leur terrier, comme regnars.

D^ESCALLES.

Ainsi faire nous le devons, • Et en avons beaucoup tardé.

Nous nous tenons cy à ce pont,

P laa ^^

Où nous n'avons gueres amendé.

Gomme j'ay ici regardé, Il y a aujourd'uy trois mois Que nous avons cy abordé Grant nombre de puissans Anglois.

LANCELOT DE LISLE

Le xn® jour d'octobre Arrivasmes premièrement, Où y fut fait ung grant obprpbre D'armes très furieusement; Or, sommes nous présentement Au ni* de janvier :

Ge sont trois mois entièrement.

Sans estre de ce port bougez.

FOUQUAMBERGE.

H est vray. Donques, je conseille Que promptement on les assaille, Et que très fort on les resveille, De tous coustez qu'on le leur baille.

Icy lerrez une bataille Qui pour les Torrelles garder; D'aulfa*e costé, comment qu'il aille, Gonviendra que les assaillez.

LE BAILLI D'ESVREUX. i

Sire Tallebot, c'est bien dit; Traverser nous fault la rivière , Et y mener, sans contredit, Gens pour tenir bon de frontière.

Puis, desployez vostre bannière.

Pour les assaillir sans deffault.

Je ne croy jamès, du contraire,

Que vous ne les ayez d assault. A930

LE SIRE DE GRES

Messeigneurs, y fault adviser

Lesquelz vous merrez par delà;

H est temps en disposer,

Tant ceulx qui demorront deçà;

Que ung chascun de nous fera A935

Tout ce que avez propposé,

Et deust estre fait dès pieça.

Si croy, c'est beaucoup demoré. • •

LE SIRE DE MOUNS

Il est encores assez à heure^

Tous les jours nostre ost se renforce; 69/io

Ne fault que une bonne adventure

A qui Dieu envoyera la force.

Y convient que chascun s'efforce

À faire ung asshult fort cruel.

Dont les François auront la force, 69^5

Mais qu'on leur face bien nouvel.

Pi«3r*. LE SIRE DE PONT.

En ce fait, je conseilleroye

Que on y proveust chaudement,

De toutes parts les assailleroye.

Pour faire fin aucuneinent. hgbo

Vous avez bon commancement,

Quant leur rivière vous avez;

Deçà ne sauldra nullement

Ung oziilon, vous le savez.

GLASIDAS.

Messeigneurs, vous savez assez, ^955

Longuement avez esté cy,

Dont les François avons grevez ,

Et mis en tourment et soussy.

Si nous ont fort lassez aussi ,

Mais, non pourtant, quelque rigueur 4960

De guerre ou traveil, par ainsi

François n'ont pas eu le meilleur.

TALLEBOT.

^ J'ay ouy les oppinions # De vous chascun, de part en part,

^ Si en fais les conclusions ^96^

Icy présent, que Dieu nous gart!

Glasidas, quant de ceste part, F* ia3 v". Les Torrelles vous garderez.

Et à voz gens aurez regart.

Pour les conduire et aourner. ^970

Vous, le sire de Fouqualnberge, Bailly d'Esvreux, sire de Grès, Avecques luy, en ce passaige.

Si vous pry vous y demorez.

Sire de Pont, aussi serez 497^

Avec le sire de Molins, Et la Sauloiigne vous garderez , Tout ce paya, à toute fins.

De l'autre cousté nous yrons.

Le vaillant conte de Suffort ^980

Et son frère nous y meron^.

Qu'il est ung prince de grant port; Le sire d'Ëscalles, le fort»

Ovec toute sa compaignie,

Nostre mareschai Lanceiot, ugSb

Qui conduira la seigneurie.

Me semble que sommes assez,

Avecques nostre artillerie

Et tous mes gens, qui, sans cesser,

Ne desarmeront, je vous aifie. A990

De deçà, ne vous faignez mie,

Quant viendra que Tassault baillerons ;

Et croy que ne demorra mie

Gueres que la ville n'ayons.

' GUSmAS.

. Monseigneur, par vostre ordonnance, ^995

F* nA i^. Nous ferons ce qu'il vous plaisa.

Menez voz gens sans differance,

Et nous demorrons par deçà.

Si besoing est que aillons là.

Vous ne nous pourrez que mander. 0000

. De vous et de nous en aura

Secours, ainsi que l'entendrez.

TALLEBOT.

Or sus, trompetes, sy sonnez, Et toute nostre compaignie . Se vueille icy assembler 5oo5

A partir, en la seigneurie.

A Dieu, messeigneurs; je vous prie, Faictes si bien de vostre part, Affin que chascun de vous die Que victoire aura le liepart. ôoio

FOUQUAMBEBGË.

Lieutenant, ne vous en doubtez,

De ceste part nous y ferons Si bien que François maudiront Qu'il ont voulu résister.

TALLEBOT.

Je vous vueil bien dire et noter SoiS

Que avant huit jours les arons.

F- la/i V*. GLASIDAS.

Lieutenant, ne vous en doubtez, De ceste part nous y ferons.

TALLEBOT.

Adieu, nous allons aprester

Pour aller, et nos compaignons; 5oao

Quant sur les François chargerons,

Gardez vous bien de tous coustez.

LE BAILLY D'ESVREUX.

Lieutenant, ne vous en doubtez,

De nostre part nous y ferons

Si bien que François maudiront 5o«5

Qu il ont voulu résister.

Lors Taliebot part, et toutes ses gens, à trompetas et clarrons; et passent la rivière au droit de Saint Lorens; puis le baffiray sonne d'Orléans; et tous les François seront ensemble, tous armez, et viennent au devant. Puis dit

MONSEIGNEUR DE DUNOIS , bastard dprieans.

Aux armes tous, comment qu'i soit.

Voylà les Anglois cy venir, p ifl5 I*. Devers Saint Lorens, tout le droit.

Si nous convient sur eulx courir, 5o3o

Que y ne puissent parvenir A leur très mauvaise entreprise.

Messeigneurs, pensez de saillir En fait d'armes et vaillantise.

SAINTE SUAIRE

Aller nous convient audevant, 5o35

Qu'en riens ne nous puissent surprandre ;

Chascun y vueille estre vaillant,

Et penser de soy bien deffendre.

Je congnois que y veullent tendre

A nostre cité assiger; 5o'k.

Si nous convient bien y entendre ,

Et songneusement y songer.

LA mRE.

Partir fault, sans actendre plus,

Et, tant qui sont en desarroy,

Saillir y nous convient dessus, ^o45

En coraige et en grant arroy.

Je suis tout prest, quant est de moy,

Et sont ^es gens en ordonnance;

Qu'il est heure, comme je voy.

Sans en faire plus differance. 5o5o

P n5 yt\ THEAULDE DE VALLEPAIGNE.

Je les voy forment apresser.

Et descendant vers Saint Lorens.

Y nous peuvent trop fort enpresser,

Et nous enfermer cy dedans;

Si vault mieulx aller au devant Soo5

Pour résister allencontre.

De souffrir venir trop avant,

G est pour nous donner mal encombre.

POTON

Faictes les trompetes sonner, Qui donront à noz gens coraige , Pour nos anemis dommaiger, Qui sont au long de ce rivage; Adfin que ne facent dommaige En apressant près de la ville, Pour leur deffendre le passaige, Rt leur mauvaistié est subtille.

LE SIRE DE SAINTRAILLES

Quant vous vouldrez, nous sommes prest A partir tout présentement, Si n en vueillez plus faire arrest.

Voicy voz gens entièrement.

y iq6 r*. LE SIRE DE DUNOIS, bastard d'Orieans.

Conduisez vous honnestement Sans saillir sur eulx à la fouUe, Que vous pourriez aucunement Peut estre y perdre coq et poulie.

Or sus, seigneurs, en ordonnance.

Lahire fera lavangarde, Vous, seigneur mareschal de France, Aussi vous vous en prandrez garde; Nous autres, pour i'arrîere garde Fort de près nous vous 'suyverons.

Que cbascun en son fait regarde Adfin que nous résistions.

Les avoir, et est le meilleur,

Et les oster de là dehors

Pour les mectre en terre à honneur.

Gompaignons , prenez le labeur

D'aller choisir noz bons amis, 5 160

Et des François lessez les leur,

Ghascun en fera à son devis.

Page 1