‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 82 sur 143 · REGNAULT DE TERMES · texte numérisé non relu

REGNAULT DE TERMES

Arrestons nous auprès ce bois, 8160

Et ne leur tournons point le doux.

MESSIRE JEHAN DE LA POLLE

A mort! faulx desloyaux François, De ceste heure il est faict de vous!

Lors les Anglois chargeront en grant fait d'armes, et y aura grant P S06 v^ tuerie. Et à la fin le Bour de Bar sera pris prisonnier, et Ghabannes et Regnaiilt de Termes s*en fuyront et eschapperont. Puis dit

LE CONTE D'ESCALLES. •

Or est il donc. Dieu mercy,

Que des François avons victoire, 81 65

Gomme il nous a pieu tout ainsi ,

Fors ceulx qu'on a voulu retraire

Des prisonniers, en la manière

Que avons volu retenir.

D'autres qui par eschappatoire B170

L'ont volu gaigner à fouyr.

MESSIRE JEHAN DE U POLLE

J'é retenu ce prisonnier

Pour présenter à Tallebot;

Il estoit orgueilleux et fier.

Maintenant y ne sonne mot. B175

U n'est plus dedans son trippot

A OHeans, dont il est yssu.

Il a esté ung saige sot, Donques il s est à nous rendu.

ESCAUES.

On dit que c^est le Bour de Bar Bi

p 907 i^. Qui se disoit si très vaillant.

Vous ne deussiez avoir regar Fust à petit, ou fust à grant; Tuez tout et n'espargnez riens, Que riens ne nous proffitent vis. Si

MESSIRE JEHAN DE U POLLE

Pour cestuy j'en feray présent.

Puis en feront à leur devis.

Lors amèneront leurs prisonniers, et pose à trompetes. — Et dit

Seigneurs, ainsi comme j'entent,

Noz gens ont gaigné la journée;

Il nous fault aller au devant s

Pour remercier leur armée.

LE CONTE DE SUPPORT

Je les voy là en celle prée Qui viennent à nous roidement; Leur bande est très bien acoustrée Et abillée honnestement.

F* ao7 V». MESSIRE JEHAN DE LA POLLE.

Sire Tallebot, nous avons

Trouvé les François sur les champs,

Comme il est de droit et raison, Servir le Roy sans mesprison

Et luy voloir bien obeyr. 8«a5

Donques je n ay pas eu loisir Y aller plus toust, sans mentir; Mais, de présent, je suis tout prest A y aller sans deffaillir,

Et à mon povoir le servir 8s3o

En fait d'armes et loing et près.

Vous, Gillebert de la Saiecte, Qui estes mareschal de France, Allons à Orléans, s'i vous haicte.

Que il est temps, comme je pense. S935

Les Anglois y sont à oultrance p ao8 v^ Qui leur font de divers assault;

Partons , se c'est vostre plaisance , Et y allons sans nul deffault.

GILLEBERT DE LA SAIECTE, mareschal de France.

Quant à moy, dessy je propose 8«Ao

A partir tout incontinant,

Ne je ne requiers autre chose

Que voir les Anglois çombatant.

Je me sens, Dieu mercy, puissant

De corps, d'armes et de chevance, 8fl&5

Pour m'y employer en tous sens;

C'est tout mon déduit et plaisance.

ALLEBRET.

Or allons donc en ordonnance,

Que je prie à Dieu qu'i nous gart,

Sans plus ^faire de demourance ^^^o

Ne actendre qui soit plus tart.

U HIRE

Messeigneurs, bien soyez venant,

Et tous voz gens qui icy sont;

Bien besoing de vous nous avons,

Que vous estes nobles vaillant. 8175

ALLEBRET.

Dieu gard le bastard d'Orléans

Et tous les princes et barons

Qui tous assemblez icy sont,

Et les secourir en tous sens !

Sachez j'é esté desplaisant 8980

Que plus toust je n'é peu provoir

 venir et moy et mes gens;

Volenté m'estoit de vous voir.

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