‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 83 sur 143 · GILLEBERT DE LA SAIEGTE · texte numérisé non relu

GILLEBERT DE LA SAIEGTE

ïé demeuré bien longuement;

Mes plus toust venir ne povoye, Siss

F* aïo r^. Et m'en desplaisoit grandement

Que mieulx faire je ne savoye.

Mes, puis que je suis cy en voye Et que vers vous je suis venu,

Il m est bien tart que je m'employe 8290

Encontre homme qui ait vertu.

BASTARD D'ORLEANS

Messeigneurs, bien soyez venuz;

De vous nous avons fort affaire,

Que aucuns cas sont survenuz

Où vous nous serez neccessaire. , 8^95

Se longuement la guerre dure.

Fort me desplaist ceste adventure 83ao

Dont ilz ont pris le Bour de Bar, p ail r^. Qui luy feront 80uffi*ir grant laidure

Sans avoir pitié ne regart.

Donques nous convient il penser

Nous mesmes aller dedans Blois ssss

Au conte Gleremont noncer

Le fait et venue des Ânglois,

Afin que on puisse provoir

A leur desloyalle entreprise;

De leurs vivres, de leurs hamois, 833o

Ce nous seroit une belle prise.

Vous, messire Jehan Estuart,

Estes connestable d*Esco8se :

Vous et moy yrons ceste part

Et pour demonstrer nostre force. 8335

Se aucun vient et qu'i s'efforce

Pour nous faire mal ou grevance,

Je croy que y prandra grand torce,

Ou il aura grande puissance.

Aussi le sire de la Tour 834o

Et le viconte de Thouars,

Nous vous supplions par amour

Que ad ce vous ne faillez pas.

Venez aveq nous de ce pas

Et partons sans atendre plus; S3&5

Si yrons au pays d'embas

Pour nous vengier des faulz abus.

Vous autres, messeigneurs barons,

Trouvez vous tous à la journée ; p su Y*. Vous savez bien où nous serons 835o

Et là où sera nostre armée.

LE MISTERE DU SIEGE DORLEANS. 325

Mais que la chose soit celée

Et le jour du département;

Conduisez bien vostre assemblée

Et y faictes tous vaillamment. 8355

U HIRE

Nous y ferons certainement

Si bien que il devra suffire.

Allez et partez vistement,

Que aucuns ne vous puissent nuyre,

Et pensez de vous bien conduire. 836o

Nous sarons bien le temps et Teure,

Et ne nous en fault jà riens dire :

Que de son fait chascun labeure.

Pose. — Lors le bastard d'Orieans, Estuart, le sire de la Tour et leurs gens partiront tous pour aller à Blois. Puis dit le bastard d^Orleans arrivé :

LE BASTARD D'ORLEANS

Noble conte de Gleremont, p an r^. En qui est honneur et vaillance, . 8365

Proesse et vertu à grant mont, Et où gist toute Texcellence, Farde vers vous, cy en présence, Sommes venuz dire nouvelles.

Que Anglois amènent puissance 8370

De vivres et autres séquelles; Si voulons aller au devant En Beausse, pour les destrousser, Et faire une armée belle et grant Pour ensemble nous amasser, ^375

Et pour estre recompancez Des Anglois lemprise perdue.

Nous ne pourrions mieulx propencer, Puisque nous savons leur venue.

CONTE DE CLEREMONT.

Je suis bien contant y aller "^ saso

Et tous mes gens entièrement; De riens ne me pourriez parler Qui mieulx me pleust certainement.

J'ay des gens d'armes largement, • Nombrez de trois à quatre mille, 8385

Qui s'i porteront vaillamment; De guerre savent le stille.

Demain je suis prest à partir v^ 9t2 M". Et mectre tout en ordonnance,

Puis y aller tout à loisir, 8890

Sans faire bruit n aultre semblance«

ESTUART.

Ce pendant on fera diligence

De soy abiller et empoint.

Et de son cas la provoyance

De «ce qu'i fault de point en point. 8395

Puis^icy y a pause. — Et dit messire Jehan Facetot, à Paris :

FASCETOT.

Or çà, monseigneur le Prévost, Sommes nous tous prest à partir?

Que vous semble , que dictes vous ?

Faictes tout à vostre loisir.

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