PREVOST
Sire, tout est prest sans faillir, 84oo
328 LE MISTERE DU SIEGE DORLEANS.
Lors partiront toas en ordonnance; et y a pose.
U HIRE
Sa, seigneurs, il nous fault entendre A tenir les champs promptement. Et en Beausse nous aller rendre s&So
Sans deffaillir aucunement.
Je croy que demain proprement Le vaillant conte Gleremont Partira de Blois vrayement,
Ainsi comme mandé le m ont. 8635
Pour ce, messeigneurs , advisez De vous qui y vouldra venir Et en vueillez disposer.
Aussi fault la ville garnir,
Qui ne nous puisse survenir, saao
F» aiû r*. Durant nostre département,
A la ville nul desplaisir Ne aultre nul encombrement.
Pour conduire ceste besoigne
Et pour la mectre en ordonnance, 8&&5
Fault que chascun entende et soigne En toute bonne diligence.
Pour nostre première deffence Et pour la première avangarde, Icy vueil bien estre en présence s^^o
Avecques gens de bonne garde; Avecques moy sera Poton, Ganede, vaillant cappitaine.
Et aussi le puissant Sautoh
Avec la compaignie qui mayne. 8^55
Ayez en fiance certaine De rencontrer vos anemis,
Pour acquérir ^oire haultaine En deffendant la fleur de liz.
Soyez tous vaillans, je vous prie, 8A60
Ailebret le sire d^Orval,
Et y allez à chiere lye; '
Vous, sire Guillaume Estuart, Et messire Jehan de Vaillat,
Qui est seigneur de Ghasteaubrun; 8A65
Puis Loys de Rochechouart, Avecques le sire de Verdun.
p «lû ¥*. Après sera Loys de Gulan
Avec messire Jehan Ghahot,
Âcompaignez de gens de bien 8&70
Pour bien deflendre leur escot.
Gardez, quant viendra au complot, Que vous n'ayez le cueur failly, Qu'i ne fault c'un mauvais cahot Bien souvent pour estre affoibly. Sh^b
Et pour vous dire en gênerai, Je vous prie que nous partions Pour sercher amont et aval Se noz auemis trouverrons.
On ma dit que partiz y sont , 8A80
De Paris, il y a deux jours.
Et bien trois cens charroy il ont Qui leur feront ung grant secours.
LOYS DE CULAN.
Tous noz gens sont en ordonnance
Et bien en point, prest à partir. 8/j85
N'en faicles plus de demourance;
Que c'est très bien nostre plaisir
De voloir sercher et quérir
Les Anglois pour les desconfire, p ai5 1'. Qui sans cause veuBent venir 8690
En ce pays pour le destruire.
Lors partiront en ordonnance. — Trompetes et grantttfefe^— 'Puis dit LE CONTE DE CLEREMONT.
Or est il tempB, comme je croy,
Que nous partions sans plus atendre;
Pour ce mectotts nous en arroy
Et chascun à soy vueille entendre, 8^5
Que on ne nous puisse surprendre.
Soyez saiges et ententis,
Et pensez de vous bien deffendre,
Que vous puissiez gaigner le pris.
LE BASTARD D'ORLEANS
J*entend qu i sont sur le pays 85oo
Et qui sont partiz dès pieça,
Amenant vivres de Paris,
Et qu'i s'en viennent par deçà.
Me semble deusaions estre jà
Sur les champs pour les rencontrer; 85o5
Si fault envoyer çà et là
Des espies pour les nous creter^.
CLEREMONT.
Or partons, que Dieu nous conduie!
p ai5 V*. Et nous en allons au devant
Sans faire bruit, ne grant crier ye, 85 10
Que de nous ilz n oyent le vent.
Portez vous y tous bien vaillant, ' Silete, chant, antienne. — ^ Sic, sans doute fwxr gneiter.
Que, se la destrousse gaignez,
Vous estes riches et puissant
Et ung grant honneur acquérez. 85 1 5
Lors partiront, et y a pause.— Puis dit
LA HIRE
Mes bons amis, entendez cy
Que on ma présent rapporté
Que les Anglois sont près d'icy,
Gomme on me Ta dit et compté.
Et ne sont pas de vérité 859o
Plus de seize à dix huit cens;
Par quoy sans difficulté
Y ne sont pas à nous puissans.
POTON
Allez les nous fault ravissant
Ainsi que sont hors d'ordonnance; ssas
Vous les ferez esbayssant Et raviz en une instance; N'y feront point de delayance.
Frappons sur eulx, je vous eraprie, Que y m'est tart que je commance 853o
p9i6 1^. A faire sur eulx la saillie.
LE CONTE DE aEREMONT.
Messeigneurs, on m'a adverti
•Que les François si sont en voye ,
Et que des Anglois ont ouy
Des nouvelles pour chose vraye. 8535
Adfîn que Toust ne se devoye,
As.
A La Hire convient mander
Qui n y touche par quelque voye ,
Et qu'i vueille larmée tarder.
Messagier, va diligamment 856o
Dire à La Hire et aux seigneurs Qui sont en Beausse assemblement Es Anglois ne facent rigueurs, Ne travail ne autres labeurs,
Mais atendent nostre venue; S5&5
Qu'il en pourroit venir doleurs Et nostre entreprise perdue.
Demain serons au plus matin Avecques eulx, se nous povons,
Pour faire ensemble le butin , 855©
Et ensemble les assauldrons.
Dy leur qu'i nous atendent dont, Sans nullement les assaillir.
Je m'en voys sercher où ilz sont F' ai6 V*. Pour vostre messaige acomplir. S555
Pose. — Et arrive es François et dit
MESSAGfER.
Dieu sault les haulz princes de nom
Et toute la grant baronnie!
De par Tainsné filz de Bourbon
Viens devers vostre seigneurie,
Qui affectueusement vous prie <*^fio
Que es Anglois ne vous monstrez.
Tant que luy et sa compagnie
Les voyez demain arriver.
LE MISTERE DU SIEGE DORLEANS. $33
Par la mort bieu I nous n'en ferons riens.
Maintenant sont en desarroy; 8565
Y se parqueront cependant
Et s'enclorront de leur charroy,
De leur piques, comjne je croy.
Nul ne les osera assaillir,
Se nous atendons tant soit poy, 8570
Et pourrons nostre fait faillir.