‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 91 sur 143 · PREMIER BOURGEOIS · texte numérisé non relu

PREMIER BOURGEOIS

De ce n'en faictes nul esloigne, p aAo t\ Poton; y vous appartient, sire.

POTON

Très hauit puissant prince de nom, 9660

Dieu vous doint acomplissement De vostre voloir et selon Vostre désir entièrement.

Vers vous, sire, présentement

Nous sommes à vous cy venuz 9hkb

Pour aucuns cas certainement Qui sont à Orléans survenuz.

Voicy les bourgeois de la ville Envoyez par les habitans,

Pour ung fait desloyal et vile g^^o

Des Anglois qui sont là devant.

Six mois a qu'i sont là estant Pour voloir la cité destruire , Oii il n'ont ^roit ne tant ne quant, Chascun le peut savoir et dire. 9^^^

A tort, sans cause et sans raison.

Sont venuz desordonnement, Volant destruire la maison Du duc d'Orléans entièrement.

Monseigneur, vous savez comment 9^60

11 ont son corps en Engleterre ; p a4o v^ Puis veuUent destruire ses biens,

Degaster et avoir sa terre.

S'i vous plaist y remédier

Et nous donner provision 9^^^

Des Englois et du destourbier

Recongnoistront que j'é congnue, Que je leur vueil faire des biens. 9495

Et pour honneur de mon parent Lequel tiennent en Engleterre, Je leur feray lesser Orléans; Les en vueil prier et requerre,

Et que nullement en la terre 9500

D'Orléans n y aillent ne ne viengnent, S'i veuUent mon amour acquerre Et qu'en mon plaisir se maintiennent.

J'ay mon herault que j'envoyeray Avecques vous pour leur noncer, 9606

Et es Ang^ois commanderay Qu'i vueillent leur guerre cesser, F* aûi \\ Et tout le pays delesser

Contenant la duché d'Orléans,

Et de dix lieux [n']en appresser 9510

De toute la terre en tous sens.

POTON

Monseigneur, nous vous mercyons

De l'onneur et du grant plaisir

Que il vous plaist de nous offrir,

Sans que desservy nous l'ayons. 95»5

DUC D£ BOURGOIGNE

Je feray que y s'en yront.

Ou je leur feray desplaisir.

r BOURGEOIS.

Monseigneur, nous vous mercyons De l'onneur et du grant plaisir.

LE DUC DE BOURGOIGNE

Et se les Anglois ne le font, gSao

Je feray tous mes gens venir, Sans ung seul homme retenir.

De mes pays ez environs.

P :î/i9 r'. POTON.

Monseigneur, nous vous mercyons De lonneur et du grant plaisir 9695

Que il vous plaist de nous offrir, •Sans que desservy nous layons.

LE DUC DE BOURGOIGNE

Trompeté, entens mes raisons:

Avecques ses gens tu yras;

Jusques à Orléans te menront, 9530

Auprès des Englois tu seras.

A Tallebot feras messaige :

C'est que , de par toy, je luy mande Luy, princes et tout^leur barnaige Ne facent OHeans nulle escande, 9535

Mes vueillent partir de la lande Sans plus leur mener de malerre.

Et que je leur prie et commande Qui vueillent cesser ceste guerre.

Et se de ce sont reffusant, 95&0

Tu publiras à haulte vois Que, sans delay, incontinant, yide[nt] hors de loust des Englois Tous mes subgectz et mes convois ¥* 96a ^\ Qui sont de mon obéissance, 9^45

Sans plus guerroyer les François Ne faire aucune violence.

LE HERAULT

Monseigneur, à vostre plaisance

Je Tacompliray de bon cueur,

Et es Anglois feray deffence 9^^^

De ne mener plus de rigueur

En la terre de monseigneur

Le duc d'Orléans, vostre parent.

LE DUC DE BOURGOIGNE

Or va, et te pry deffens leur

Et que je n'en suis pas content. 9555

Lors y a pause. — Et partent pour eulx retourner avec le herault. Puis dit

POTON

Messeigneurs, je voy là Orléans Et Toust des Englois au plus près; Si vous volez venir dedans, Et puis en l'oust yrez après.

Premier je m'en voys par exprès 956«

Acomplir tout vostre messaige , Et, sans en plus faire d'arrest, Je m'y en voys de bon coraige.

Lors arriveront les François à Orléans, el y a une petite pose. — Puis dit

POTON

Messeigneurs, par vostre congié

Et par vostre bonne entreprise, 9^65

Gomme nous avez envoyé

Pour une besoigne exquise,

Ainsi que par vostre devise,

C'est devers le duc de Bourgoigne

Que nostre ambassade promise 9670

Pour le cas de nostre besoigne.

Lequel a esté fort joyeux ,

Et nous a très bien recueilliz,

Nous voulant faire tout le mieulx

De nostre voloir acomplir; 9^75

Que, s'i peut, fera deppartir

Le siège de devant Orléans,

Et s'i ne veuUent consentir.

Si fera il en aller les siens.

P a43 V*. PREMIER BOURGEOIS.

11 est venu ung messagier f^oSo

De par luy en l'oust des Englois

Pour les faire de là bouger

Et les séparer des François \

De Flandres, de Bourgoigne, Artois.

Tous ceulx qui sont de ce pays 95S5

Deslogier fera, comme je crois,

Sans plus estre noz anemis.

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