‹ Le mistère du Siège d'OrléansChapitre 108 sur 154 · ALAIN GIRON · texte numérisé non relu

ALAIN GIRON

En ce cas je ne scay que dire : Vous estes saige et prudente Pour Lien la besoigne conduire Et parvenir à vostre entente.

Fait avez ouvraige excellante A Saint Lou et Saint Jehan le Blanc , Qui estoit une chose pesante Dont estes venue en avant.

LA PUCELLE

Bonnes sont vos oppinions, Et en voz diz est apparence; Mès les batailles qui se font Ne viennent pas tous par puissance, Mès par divine providence , Ainsi comme cliascun peut croire :

Ung en vault dix par excellance A qui Dieu veult donner victoire.

Au nom Dieu , c'est ma voulenté De tenir icy siège clos, Et demain, en ma liberté, Assaillir bouloart et tours.

Que de raoy n'auront nul repoux Tant que soyent leans en place; Les auray et y morront tous Avant que jamès j'en desplace.

BASTARD D'ORLEANS

Dame Jehanne, à vostre plaisir.

Nous ferons ce qui vous piaisa; Puisqu'i vous plaist les assaillir, Ghascun de nous s'i trouverra.

Et à vous on obbeyra.

Ne vous doubtez, ayez fiance, Ne nul ne vous contredira Qui ne face à vostre plaisance.

pause.

GLASIDAS.

Très hault puissant princes de non, Qui avez partout eu renon, Tant que le monde a eu durée, Et de présent nous nous voyon Que nulle puissance nous n'avon Encontre une petite armée, Laquelle nous a reboutée, Comme par vois desordonnée Et sans conduite ou autrement.

Une seule fille esgarée, Nous a nostre armée dévoyée, Et ne scay pour quoy ne commant.

Vous la voyez cy devant nous.

Qui sans cause et sans propoux.

Elle nous vient cy assiger; Qui est deshonneur à nous tous De reculler contre ces coupz.

Et pour tout nostre oust laidenger, Qu'elle nous face ainsi renger Et honteusement desloger.

Qui sommes la fleur d'Angleterre.

J'aymeroie mieulx enrager Que je ne m'en peusse venger, Et estre à cent piez soubz terre.

FOUQUAMBERGE.

Je n'y sarois quel conseil querre Ne je ne scay que c'est à dire.

Par tous les sains ! le cueur me serre , Tant suis rempli doleur et d'ire; Et en soufi"re si grief martire Que je ne scay que je doy faire, Et croy de vray, sans contredire, Qu'elle est une esprouvée sorcière.

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