MESSIRE DENIS DE CHAILLL
Dame Jehanne, puis qu'ainsi est Qu'i vous plaist faire départie, Vostre ^ départ très fort desplaist manuscrit donne vous.
A toute vosti'e compaignie.
Mais se vous estes establie Et que ce soit vostre plaisir, Chascun de nous vous remercie De voz enseignemens et fruiz.
JAMET DE TILLAY
Je croy, dame, qui sera besoing
De revenir bref par deçà ,
Que les Anglois ne sont pas loing;
A Jargueau, à Meung en y a.
Ne soyez gueres par delà;
Tous vous en prions de cueur fin.
Que sans vous nul de nous n'yra, i/i,55o
Et tous tandons à ceste fin.
LE SIRE DE COLONCES
Dame Jehanne, esleu vous m'avez
Aller en vostre compaignie,
Dont grant honneur fait vous avez
A moy et à ma seigneurie. i/i,555
Vostre je suis, ne doubtez mie,
Pour vos bons plaisiz acomplir,
Et loyaulment toute ma vye
De bon cueur je vous vueil servir.
LE SIRE DE RAIS
Aussi moy, dame, ne doubtez, Faire vueil ce qui vous plaira; Mes allez et depputez.
Dame, sachez, tout y vendra.
Et vostre voloir on fera
Du tout en tout, à vostre guise, Et quand vouldrez on partira, En faisant à vostre devise.
Mes bons seigneurs, je vous mercie, Tant comme faire je le puis.
De vostre haulte courtoisie.
Nobles, vaiîlans princes gentilz, Quant ainsi vous estes soubmis A mes bons voloirs acomplir, Je vous en rens cinq cens mercis Qu'i vous plaist cest honneur m'olTrir.
Donques je prans congié de vous, Mes bons loyaulx seigneurs de France; Que Dieu vous doint paix et repoux Ensemble et bonne concordance.
Ne soyez point en differance, Mès vous tenez tousjours ungniz; Nul ne vous peut faire nuysance , Ne dommaige ne desplaisir.
A Dieu vous dy pareillement Aux vaillans bourgeois et bourgeoises.
Portez vous estes vaillamment, Sans avoir eu ne bruit ne noises; Mès, comme saiges et courtoises, Y avez ouvré saigement, Que le renom des Orlenoises Dura perpetuelment.
A Dieu je vous dy de présent, Que devers le Roy je m'en vois; De bref vous revendre je vois , Avant qu'i soit gueres de temps.
BASTARD D'ORLEANS
Dame, nous sommes desplaisant Quant vostre départ nous fault vois.
A Dieu je vous dy de présent, Que devers le Roy je m'en voys.