‹ Le mistère du Siège d'OrléansChapitre 118 sur 154 · LE PROCUREUR · texte numérisé non relu

LE PROCUREUR

Has! dame Jehanne, ce n'est riens :

Ce que avons fait sulfist pas; Plus grant chose vous appartient Cent mille foiz, ne doubtez pas.

Et qu'i vous plust que vostre cas Fust avecques nous demeurer, En ceste ville hault et bas, Nous le vous vouldrons délivrer.

Il" BOURGEOIS.

Plaise pardonner la deffaulte Que envers vous avons mesprise, Dont à vous, personne très haulte, N'avons pas la chose premise Qui vous appartenoit, et mise, Pour vous servir comme devions; Dont en ce que avons mesprise.

Dame, s'i vous plaist, l'amendrons.

LA PUCELLE

Mes amis, y suffist assez; Je me tiens bien contant de vous.

De présent vous vueil delesser, Mès vous reviendray voir bien toust.

Soyez tousjours courtois et doux, Envers vostre roy bien servir,

Dieu vous gardera, n'ayez poux, De tous maulx et de tous periz.

Lors icy y a pause. — Et puis dit :

Vous, messeigneurs en gênerai, D'avecques vous me fault partir.

Et devers le bon Roy loyal Aller me convient, sans faillir.

Que certainement je désir i'j,'t6o Acomplir mon intencion, Luy faisant service et plaisir De toute mon affection.

Vous, monseigneur Bastard d'Orléans, Je vous remercie de l'onneur i/i,/i65 Que vous m'avez fait en tous sens, F" 365 r°. A moy de petite valeur.

Tant que je vivray, de bon cueur Vous feray service et plaisir,

A mon povoir, mon cbier seigneur, a,47o

De ce que vous pourray servir.

Vous tous autres, mes bons seigneurs,

Pareillement vous remercye

De voz plaisirs, de voz honneurs

Et de vostre grant courtoisie, i '1,675

Qu'é eue en vostre compaignie

Durant le fait de ceste guerre,

Priant à Dieu, le filz Marie,

Que son royaulme puissiez acquerre.

A vous tous je vous dy à Dieu; 1 '1,680

Pour le présent m'en vueil aller.

Je vous lairay tous en ce lieu.

Fors ceulx que je vueil emmener.

S'y leur plaist de me convoyer Tant que devers le Roy je soye, A qui je vueil un g peu parler Et lu y donner confort et joye.

Si est le baron de Colunces; Viendra avecq moy, si luy plaist.

De par moy luy prie et dénonces Que luy et ses gens soient prest, Avecques le sire de Rais , Se c'est son plaisir y venir.

Je les en supplie par exprest Compaignie me veullent tenir. - Mes gens aussi pareillement Je meneray aveccpies moy.

Sans plus demeurer longuement, Aller je vueil devers le Roy, Que, tout ainsi comme je croy, Y désire fort ma venue.

Que couronné sera sans delay, En bref tans, sans longue atendue.

LE BASTARD D'ORLEANS

Dame Jehanne, fort nous desplaist Dont vous faictes département; Que vostre personne nous plaist Que nulle sous le firmament.

Nostre voloir et pencement Si est faire selon voz dis, Vous obeyr entièrement A vostre voloir et advis.

LE SIRE DE GRAVILLE

Dame, se c'est vostre plaisir

De vous tenir avecques nous, Il n'est nul de nous, sans mentir, Qui ne vueille obbeyr à vous.

Vous estes nostre seul recoux.

Vous estes tout nostre espérance, Qu'il n'est nul, sachez, de nous tous Qui ne face à vostre plaisance.

LA HIRE

Dame de très liaulte excellence,

Vous estes la protection,

La sauve garde et providence,

Des François la redempcion.

Par quoy doit estre mencion

De vous et de voz nobles fais,

Et à tout temps relacion ,

De vous mémoire à tousjours mès.

FLEURANT D'ILLIERS

Jehanne, se c'est vostre plaisir,

Avecques vous nous en yrons,

Pour compaignie vous tenir.

Ainsi que faire le devons.

Et comme faire le volons.

Si n'espargnez nul qui que soit.

Que nous tous vous obbeyrons

En tous voz faiz, comment qu'i soit.

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