‹ Le mistère du Siège d'OrléansChapitre 136 sur 154 · LE CAPPITAINE DE BAUGENGI · texte numérisé non relu

LE CAPPITAINE DE BAUGENGI

A voz dis très bien je conclus.

Et congnois qu'il, est bon ce faire. Diligemment, sans tarder plus, Devons ceste chose parfaire; Que il est tout cler et notoire De ce ne nous peut mal venir, Mais à François grant vitupère Pour les faire perdre et finir.

S'i vous plaisoit, vous seneschal.

De ceste besoigne conduire.

Vous congnoissez en gênerai Comment et ce peut bien produire, Et estes aussi pour cslire Ceulx qui seront pour ceci faire, Leur remonstrer et introduire Amsi que ce devra parfaire.

Prenez des gens aveques vous.

Et tous desquieux que vous voudrez.

Sans espargner nul de nous tous.

Vous prient que vous choisissiez Pour les conduire et adresier, S'i vous plaist en prandre la charge.

Et le plus toust vous embucher :

Me semble que on fera (|ue sage.

DUC DE SOMBRESET.

Capitaine, vous dictes bien, 11 est ad ce faire propice; Bailler luy fault sur toute rien Ceste besoigne et ceste office.

S'i luy plaist, fera ce service Et de luy en sera mémoire, Que par son art et artifice Aura aquis renon et gloire.

FOUQUAM BERGE.

S'i VOUS plaist, faictes diligence, Seneschal, et prenez des gens Des meilleurs à vostre plaisance Et à ce faire sufiisans.

Puis, saudrez quant y sera temps.

Quant ce viendra à l'escarmoche, Et donnez hardiment dedans Tellement que n'ayez reproche.

Si le faictes secrètement Es François ne soit rapporté; Que, s'i le sa voient nullement.

Tout nostre cas seroit gasté, Et ne serions en seureté ; Que ad ce y remedisoient, Et tumberions en neccessité Peut estre par aucunes voyent.

LE SENESCHAL

Messeigneurs, pour vous je feroye Le possible certainement, F-iSav". Et voz dis acomplir voudroye,

Si je savoye aucunement; ' i8,3o5

Mès ce fait, ne puis bonnement Le parfaire ni acomplir.

Ne ne pourrai suffisamment A un si grant fait parvenir.

Si me pardonnerez, je vous prie, i8,3to Et à aultre baillez la charge, Que ma personne si n'est mie Pour conduire un tel ouvrage.

i8,3oo

Y fault que ce soit homme sage,

Bien entendu en fait de guerre,

Et qui aultre foiz tel passage

A passé : ung tel devez querre.

Mès très bien pour iuy ayder

Et de bon ceur le secourir,

Du tout m'y veil abandonner,

El très volantiers le servir.

Si ne me veillez requérir

Que moy seul en preigne le fait,

Mès vous, seigneurs; que pour raorir

Je ne le feroye jaymès.

CAPPITAINE BAUGENGY.

Et vous le ferez, s'i vous plaist, Ne plus à autre n'en parlerons.

Vous estes esleu par exprest Et de tous les seigneurs qui sont; Que en vous du tout nous fions.

Ne à autre bailler la charge.

Si ne nous escondissez dont Kt le faictes de bon corage.

LE SIRE HONGREFORT.

Monseigneur, vous le devez faire

Et n'en devez point différer.

Faictes, et vous allez retraire.

Et prenez de nos gens assez.

Il est temps de s'en despescher,

Et n'y faictes plus de séjour,

Que vous y soyez embuchez

Dès demain, comme au point du jour.

LE SENESCHAL

Messeigneurs, puisque le voloir, Je n'y saroye contredire; J'en feray volantiers devoir Puisque m'avez volu eslire.

Si voudroye, pour le voir dire, Que ung autre y eussiez commis; Mès je ne veil nului dédire, Je l'acompliray, se je puis.

Je m'en voys donques de présent Pour ordonner de ceste armée; Mais, pour Dieu, qu'elle soit cellée!

Domniaige y pouroit avoir grent.

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