PRÉFACE. XXV
argument pour assigner à la rédaction de ce document la date approximative de 1^67. Or, il n'est pas question de cet Aymar de Poisieu dans le mystère, et nous voyons là un nouvel indice de son ancienneté. En effet, s'il eût été composé dans la dernière moitié du xv*" siècle, on n'aurait pas manqué d'y faire figurer ce seigneur, que la faveur de Louis XI éleva au commandement d'une division de francs-archers comprenant l'Orléanais.
Les noms des mêmes personnages, principalement ceux des chefs anglais, sont étrangement défigurés dans les deux ouvrages que nous comparons;* mais ils n'y sont pas orthographiés, ou, si l'on veut, estropiés de la même façon; et cette remarque ne s'applique pas seulement aux noms d'hommes, mais encore aux noms de lieux : par exemple, le fort dont la reprise décida la levée du siège est appelé fort des Tourelles dans le mystère comme dans les comptes de l'hôtel de ville d'Orléans de cette époque, tandis que le rédacteur du journal du siège écrit toujours les Tournelles. Ces différences d'orthographe , lorsqu'elles se produisent avec persistance, n'éloignent-elles pas toute idée de calque, tout soupçon de plagiat?
En somme, si les deux ouvrages se ressemblent tant, en dépit des différences que nous venons de noter, c'est qu'ils ont une commune origine, c'est qu'ils ont été écrits sans doute dans la même ville, par deux Orléanais, qui fun et l'autre, et chacun de son côté, ont puisé aux mêmes sources, consulté les mêmes notes ou registres, et recueilli les mêmes souvenirs en s'inspirant des mêmes sentiments.
Cette origine orléanaise ne nous semble pas plus douteuse pour l'un que pour l'autre. Sans parler de la provenance du manuscrit de notre mystère, qui faisait partie de la bibliothèque de l'Orléanais Petau, l'influence locale se révèle presque à chaque page du poëme. L'auteur, bien qu'il ait donné à la Pucelle la place et le