‹ Le mistère du Siège d'OrléansChapitre 25 sur 154 · XXXVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XXXVIII PREFACE

genre. Nous aimerions à le croire, et toutefois, comme rien ne je prouve, nous n'avons pas entrepris de les corriger ^

S'il nous eût fallu appliquer à ce texte le système de rectifications, de corrections perpétuelles, auquel on a soumis les œuvres mêmes de nos grands maîtres, nous l'aurions singulièrement modifié, et sans avantage bien apparent, à ce qu'il semble, excepté pour les personnes qui font leurs délices de la grammaire et qui ne trouvent rien de si beau qu'une orthographe constante et régulière. Comme c'est, après tout, un goût fort respectable et que nous sommes loin de blâmer, nous aurions pris plaisir à le satisfaire, et nous nous serions appliqués à faire du Mystère du siège d'Orléans un modèle d'orthographe, si cette tâche ne nous eût paru ofîrijdes difficultés au-dessus de nos forces, et si, d'ailleurs, nous n'avions vu à une pareille transformation des inconvénients préjudiciables à la cause même que nous aurions voulu servir, celle de la grammaire. Justifions notre scrupule par deux exemples.

Il arrive assez souvent à notre auteur (c'est bien lui, en ce cas, et non son copiste qui est le coupable) d'en user très-librement avec le pronom féminin de la troisième personne elle. Il ne le compte que pour une syllabe, comme l'avaient fait parfois et longtemps avant lui ses prédécesseurs du moyen âge. Mais ceuxci, du moins, figuraient ainsi le mot : el. En ce cas, au moyen d'une apostrophe, si on le juge à propos, on peut marquer l'élision que le mot a subie. Selon le parler de notre poëte, elle se réduit encore davantage et devient un son simple qu'il a eu l'idée de noter ainsi :

' Ce qui nous donne sujet , au contraire , de lui attinbuer ces fautes, c'est qu'il en est qu'on ne peut porter qu'à son compte ; telle est surtout celle qui consiste à employer l inlînitif pour un autre mode . ou le

participe présent pour l'infinitif, faute qui revient très-fréquemment et qui donne parfois à son langage une certaine ressemblance avec le parler des nègres. Voyez , par exemple, p. 8.3 , dernier vers.

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