‹ Le mistère du Siège d'OrléansChapitre 37 sur 154 · MESSIRE GAULTIER DE FIONGRESFORT · texte numérisé non relu

MESSIRE GAULTIER DE FIONGRESFORT

J'ay ouy cy et entendu Voz diz et voz oppinions, Lesquelles, comme j'ay conceu.

Très belles et très bonnes sont.

Si est que pas nous ne devons Aller à Orléans le premier, Et que avoir fault les environs, Adfin qu'on le puisse enclouer.

Je ne doubte point autrement Qu i ne facent resistence, Et nous donneront empeschement.

S'y peuvent, de toute leur puissance.

C'est une des villes de France, Et là où leur roy plus se fie.

Qui plus nous donnera de nuysance.

Je le scay bien, je vous afFye.

Neantmoins fault il que l'ayez, Ou autrement ne faictes riens; Et en vain vous vous travaillez, Se vous ne conquestez Orléans; Et, pour l'avoir, il faut avant Prandre Bourges et autres villes,

Puis les enclorre là dedans, Enfermer en leurs bastilles.

LANCELOT DE LISLE, ie bailly de Chartres, mareschal.

Vos oppinions et propoux

Sont très bons, je n'en doubte mye,

Et bien proppos[ez] à vous tous

Que la chose soit accomplie;

Mais, s'il vous plaist, que je vous dye

Mon advis, ainsi qu'il me semble,

Cy, devant vostré seigneurie,

Et puis que nous sommes ensemble.

Vous parlez d'aller en Berry,

A Bourges et en autre part;

On en pourroit estre marry

D'avoir actendu ung peu tart. ^

Les Orlenois sont à l'esquart,

Tous les jours, à vous escouter,

Oreillant, comme le regnart,

S'y verron[t] riens de 'tous coustez.

Je dy qu'on doit aller à eulx

Tout de bout et de les sommer;

Et, se les trouvez rigoreux,

Plainement de les desfyer.

Ne autre part ailleurs n'allez;

Et que vous les lessez en paix,

Hz diront que vous n'oserez,

Et vous en seront plus pervers.

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