‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 122 sur 222 · A PUCELLE · texte numérisé non relu

A PUCELLE

A nom Dieu, qu’i ne vous desplaise. t«,oi5

Se n’est il pas, je le scay bien,

Ccstui qui est assis en chaise;

11 ne luy ressemble de rien.

Le vray Roy et bon crestien

Le congnoislray mès que le vove; io,o«o

El nonpourtant vostre maintien Mon esperit ne se desvoye.

LE ROY

Plus dissimuler n’en pourroyc.

Fille, comment vous portez vous?

Ml

LA PUCELLE

Vous estes cil que je queroye, i*,ou5

Vray roy de Frauce par sus tous.

F" aôô t'1. Lors la Pucelle se agenouille devant luy et lui baise les pie/., et dit

. LA PLCELLE.

Vous avez héu du couroux

Et de l’annuy pour vostre royaulme,

Que Anglois, sans cause et propoux,

Veullent avoir vostre heaulme; io.o3o

Chier sire, vucil à vous parler

Comme il m’est en commandement,

Que Dieu m’a volu reveler De ses secrectz aucunement.

Vostre royaume est en grant tonnent Pour le présent et en dangier;

Si veult que ayez recouvrement Par mes faiz et vous solagier.

Et m’a commandé que vous die

Que par moy le siégé d’Orléans iu,oa«.

Soit levé, sans quel que nul die.

Des Ànglois qui sont là devant.

11 y ont esté longuement En espérant de l’avoir,

Doncques Dieu n’en est pas contant; io.ua.1

Les en feray deremparoir *.

Puis après, vous merray sacrer F*a55v". A Rains, comme vray roy de France,

A qui est le droit droicturier,

1 Désemparer. — On trouve souvent dans ce poème plat ta pour plaira ou t pour r; c’est ici la permutation contraire.

F* j5fi r*.

Sans que autre y ait joïssance.

Dieu vous a eu eu souvenance D’une pricre d'un tel jour Que luy Gstes en reverance,

Dont il vous a pris en amour.

Si faictcs donc diligemment Que je soye en présent armée,

Et inc baillez gens mesmement Que à Orléans soye menée.

Que par ma longue demouréc Les François n’ont pas eu du mieulx.

Faictes que je soye abillée De harnois et gens vertueux;

Que je vueil bouter les Anglois Dehors du royaulme entièrement,

En le delessant es François A qui il est totallcmcnt;

Et se par mon commandement Ne retournent en leur pays,

Pugniz par moy très grièvement, Qu’ilz en seront tous osbays.

LE ROY

Fille, je suis très fort joyeux De voz parolles, doulcc amie.

Priant A Dieu, le roy des cieulx.

Qui vous dont joyc et bonne vie,

Et que bien la chose acomplie Puisse eslre par vostre moyen;

Tenu à vous, je vous aflic,

Je le scray sur toute rien.

Messeigncurs et mes bons amis, Faictes qu elle soit convoyée

io,o55

In.oflO

îo.oRo

De par vous jusque en son logis Et très grandement honnorée,

De noz biens aussi festoyée Tout au mieulx que faire pourra,

Que elle est de nous bien aymée,

Et tout plaisir on luy fera.

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