‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 134 sur 222 · IP CONSEILLER · texte numérisé non relu

IP CONSEILLER

Dame, puis que vous le vouiez,

Vostre vouloir sera acomply.

Lors arriveront devant le Roy; puis dit le premier couseillier :

PREMIER CONSEILLER

Chier seigneur, sommes revenue De Poicticrs avec la Pucelle,

Où nous avons esté reccuz

Très grandement pour l’onneur d'elle.

F* *65 »*. Ont parlé à la jouvencelle

Parlement, docteurs en l’eglise;

L’ont trouvée ferme, vraye ancelie, Saige, prudente, bien aprise.

Ne en elle riens n’ont trouvé Que tout bien, vertu et honneur;

Et tout son fait bien esprouvé.

Tout est de Dieu le créateur.

Par quoy vous mandent de bon cueur Que faciez tout le gré de luy

to,45r>

Par vous comme vray et seigneur,

Et soit son vouloir acomply.

LE ItOY.

Messcigneurs, très joiculx en suy;

Et avoye bien en pensée Que Dieu l’avoit voulu ainsi Par sa puissance redoublée;

Que Jebannc, pucelle lionnorée,

M’a révélé de mon secret

Qu’i n'y avoit personne née

Que le sccust, que Dieu qui tout scet.

Pareillement de Baudricourt

La lectre (|u’i m’a envoyée;

Comment elle vient en sa court.

Ferme de corps et de pensée.

Qui est chose bien esprouvée Que c’est tout par ouvre divin.

A Dieu soit elle commandée;

Mon royaulme veut mectre en sa main.

Or çà, Jebannc, ma doulce fille,

Voliez vous donques estre armée?

Vous sentez vous assez agille Que vous n’en soyez point grevée?

Que tout du loue d’une journée Porter harnoiz sus vostre doux.

Vous en serez bien toust lassée :

Belle fille, qu’en dictes vous?

LA PUCELLE

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io,48o

An non Dieu, je le porteray bien.

Faictes qu i soit puissant et fort ,

Que je ne m’en soussye en riens.

Je me sens puissante et de port.

LE ROY

M’amye, j’en suis bien d’acort;

Faire vous en feray ung plaisant.

Et le plus bel, je m’en fais fort,

Qui onques fut et plus puissant.

Oultre plus, y vous fault avoir Une espée; devisez la.

Je la vous feray faire, pour voir,

Y telle comme il vous plaise.

F* afi6 v’. LA PUCELLE.

D’cspéc point on n’en fera,

Que j’en ay une toute guise';

Et, si vous plaist, querre on yra En ung lieu où elle assise.

Dès long temps y a esté mise,

Du temps des grans princes et roys.

Derrière l’autel et église Saincte Katherine Fierbois.

Entre autres en y a une Qui a cinq croix en la croisée.

Et n’est pas de façon commune;

Je vueil que me soit apportée.

LE ROY

Môs qui la vous a enseignée?

L’avez vous donc autreflby veue?

Se vous estes acerteuée

Qu’elle y soit, comme l’avez sceue?

1 Ou qu Ue?

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LA PL’CELLE

Sire, je ne la viz jamès,

Ne je n’y fuz onques en ma vie; Mais je scay bien (ju’elle y. est,

Et luy trouverrez, vous affie.

F* 3«7 r". LE ROY.

« Je y cnvoicray, n’en doubtez mie.

Sus, messagicr, legicrcment Va querre l’espée à m’amye,

Et faiz bien et diligemment.

LA PL'CELLE

Mon amy, vous la trouverrez Derrière l’autel proprement,

Et au preslre vous luy direz Qu’i la vous baille seurement.

Elle a cinq croix entièrement,

Et n’y a qu'elle qui les aye.

Lesscz les autres là dedans;

Mès convient que icelle j’aye.

ME'SAGIER.

Madame, je y vois à grant joye Et reviendruy incontinent;

Que V m’est bien tart que je y soie Pour acoinplir vostre tallent.

LA PL'CELLE

Or vu, et sove diligent De la porter, et je t’emprie.

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Ail

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