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LE MISTERE DU SIEGE D'OULEANS.
Je viens de vers la seigneurie
Et en toutes les garnisons, <3,870
Lesquels viennent, ne doubtez mie.
P 3 .li t‘. TALLKBOT.
Messagier, fais toust, je te prie;
Sonnez tous clairons et trompetas,
Jusques à une heure et demie,
Que noz besoignes soient faictes. 13,870
Et sonnez ainsi que retraictes Pour amasser icy noslre oust.
MESSAU1KB.
Voz diz et voz raisons parfaictes.
Mon cher seigneur, seront tanlost.
Or sus, trompetes et clairons, i3,sho
Sonnez sans que plus on le die,
Pour assembler tous les barons Et princes de nostre partie.
Ne cessez heure ne demie.
Que ainsi m’est il commandé. i3.88.r»
Ne vous faignez, je vous emprie,
Que vous avez beaucoup tardé.
Lors tous, clairons, trompetes et autres instrunieus sonneront jusque* P" 35i >*. <jue les Anglois seront arrivez devant Tnllcbot , et se serront eus des bans. El puis se lieve Tallebol et dit
TALLEBOT.
Messeigneurs, vous savez comment Nous sommes venuz cv, devant
Geste cité, Orléans nommée, i3,89o
Et avons esté longuement.
Il y a neuf mois proprement Que fut la première arrivée,
En la quelle grant assemblée Y arriva, et noble entrée,
Des plus haultz princes d’Angleterre, Lesquels si ont conduit l’armée Si à point et bien ordonnée Que on peusl faire en fait de guerre.
Dieu ayt l’ame de Sallebry, Lieutenant du bon roy Henry,
Qui son parent prochain estoit!
Et de la vaillance de luy N’est à comparoir à nulluy Ne du sens qui en luy gisoit;
Que de ce qu'il entreprenoit Tousjours à bonne fin venoit.
Et au dessus de son aiïaire.
Jarnès bataille ne perdoit,
El chascun luy obeissoit :
liions ne trouvoit à luy contraire.
Vray est que de plaine arrivée Quant y vint, luy et son armée,
Les Tourelles du pont gaingna,
Dont la ville fut effrayée Et griefment molestée,
Si que chascun d’eulx le doubta.
Et du premier qu’il arriva
Aux Orlcnois uotillia
Qu’il les auroil dedans six jours;
Mès la mort vint qui le tua D’ung tret qui sa teste emporia, Dont ne peut fournir son propoux.
Lli MISTER K DU SIEGE D'ORLEANS.
Depuis, ainsi que vous savez,
Y vous a pieu de moy mander A venir à vostre assemblée,
Et, comme <4 mes amis privez,
Av volu vers vous arriver
En personne et tout mon armée.
El advint que 5 mon entrée Charge me fut par vous baillée Estre lieutenant dessus vous,
Dont, se je ne l’ay excersée Suffisamment, s’i vous agrée.
Vous le me pardonnez vous tous.
En oultre vous savez aussi Glasidas, nostre bon amy,
Fut esleu garde desTorclles
Et du Portereau, par ainsi
Que il auroit avccques lui
Gens de bien, pour garder les elles;
Dont l’avoir de tous fussent telles
Que pour garder donques ycelles
Le sire de Pons y seroit,
Qui savoit des tours et cautelles En fait de guerre, et si cruelles Que homme vivant n’en craignoit.
Avccques eulx, en celle Gante,
Y fust mis le bailli de Mente,
Aussi le sire de Molins,
Et des chevaliers bien quarante.
Qui eussent osé faire atante A mille François bien en point.
Et y estoient de point en point Hommes d’armes les plus certains.
Bien cinq cens en leur compaignic,
Lesquelz sont tous morts et estains.
Noyez, tués et mis à fias,
Par art ou par enchantecye.
Je en ay en moy tel douleur 13,960
Je n’en puis avoir joie au cueur,
Quant de ce fait cv me souvient.
Helas! quant, j'eusse esté bien sceur,
Pas y n’eussent eu ce malheur.
Je y fusse bien allé à tant; 13,965
Mès jamès ne pensoie à riens.
Qu’il cstoient si suflisans Pour atendre toute puissance !
Il estoient artillez leans,
Fortilïiez hoi'9 et dedans, 13.970
Et de vivres grant abondance.
Messeigneurs, je vous ay mandez Pour tenir conseil en cè cas.
Et à vous tous pour demander
Que nous devons faire en ce pas. 13,975
Dictes en icy hault et bas Ce nous devons plus cy tenir;
Que autrement je ne vueil pas Sinon voz voloir acomplir.
DUC DE BKTEFORT.
En ce fait cy ne say que dire : iS.qS.-
Je voy devant nous le maleur,
Et voy que nous avons le pire.
Pour le présent, j’en suis bien seur.
Que nous avons perdu la fleur
De nostre armée ou autant vault. 13.98;.
Si croy que ce seroit le inilleur De ne leur donner plus d’assault.