‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 168 sur 222 · LE FAISEUR DE GUET · texte numérisé non relu

LE FAISEUR DE GUET

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F' 356 v*. LA PUCELLE.

Mon amy, de riens ne doubtez;

Lcsscz faire leurs entreprises :

Y sont assez las et matez,

Qu’i 11e sont pas à leurs devises.

Très noble et très puissante dame, Plaise vous ouyr et entendre Ce que dire vueil, sans nul blasme.

Et ainsi que le puis comprendre :

Sus les murs, anuyt, sans mesprandre. Ay fait le guet toute la nuyt;

Mès nul ne pourroit pas comprendre Comment Anglois ont fait de bruit.

Les ay veuz aller et venir Toute la nuyt, it grandes tourbes.

Sy pensent quelque desplaisir Nous faire ou donner des coups orbes.

Dame, je ne say de leurs forbes Ne aussi leurs intencions;

Mès se François ne les destorbes,

Je croy que des maulx nous feront.

Bien souvent de grans convoitises On ne vient pas où on prêtent:

Vient souvent aucuns qui le brisent, Que tout si devient à néant.

BASTARD D'ORLEANS

Dame Jeliannc, Dieu vous salue Et vous doint aujourd’uy bon jour !

M’estoit tart que vous eusse veuc.

Que vous estes notre recour.

Si avoye de vous grant pour Dont vous fustes hyer blessée D’un tret, que je voy à l’entour De vous, dont fustes trespcrcée.

LA PUCELLE

Bastard d’Orléans, mon chier amy, De cela, se Dieu plaist, n’est riens. Dieu ne m’a pas mis en oubly :

Besconforte tousjours les siens.

Si vous plaist, que incontinent Facicz les trompetes sonner,

Pour faire venir tous noz gens Et pour icy les assembler.

BASTARD D’ORLEANS

Dame Jchanne, y sera fait Iucontinant, puisqu'i vous plaist.

Trompetes, sus, sans plus de plait, Avancez vous, soyez tous prest; Faictes que noz gens loing et près Yiengnent cy en nostre presance.

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