MESS1RE ALIXANDRE
Plus à elle je ne pansoye.
Et depuis le siège d'Orléans
k*3«h»\ On disoil qu’elle esloit en voye «5,53o
Et que d’elle n’esloit plus riens.
Elle a fait du mal si très grant Que nul ne le saroit pencer :
Par ces fais, ainsi que j’entant,
Elle fist Glasidas noyer, i;»,53ri
Qui esloit puissant cappitaine.
Très fort hardi et corageux;
Si luy fist souffrir tant de paine,
Puis l’a mort oveques plusieurs.
Par assaulx si très merveilleux «5,54©
Que nul ne les pourroit comprendre.
Mès une faulte fut en culx .
Qui se lesserent trop surprendre.
Il avoit divisé un pont
Assis sur deux arches coppées; «5.545
F'.ISi) i*.
Mès y n’y ad visèrent onc Quant vint es batailles données.
Dessus ce pont à grant volées Vindrent chacer leurs adversaires,
Fuis la pesanteur fonsa les pées, «5,55o
Dont en l’eau trestous trebucherent.
Non pourtant ne la devons craindre Ne tant doubter; je suis asseure Que nul ne pence de ce faire,
Mès tous à elle courrir seure. «5,555
Que se je la tiens, je vous jure,
Trayner je la feray es champs,
Et morir de mort laide et dure.
Et eslrangler à mes chiens.
MESSIRB GUILLAUME DE LA POLLE, conte do Suflort.
Or sus, pensons du remenant, «5,56o
Et ne soyons point esbaïz Quant nous les verrons ci devant.
Soyons preux, vaillans et hardis,
Et, tant que nous avons loisir,
Y nous convient fortiflier 1 5,565
De bois, de terre cl de paliz,
Que y nous vendront defier.
Y sont gens pour nous cuider prandre A ung soir ou à ung matin ;
Je vous pry, mon frere Alixandre, 15,570
Que vous y tiengnez bien la main.
Vous, messire Jehan, de cueur fin Je vous en pry tant que je puis;
Faisons tellement qu’en la fin
François soient par nous desconfis. «5,575
Qui pourroit avoir la Pucelle
Ou de tret la faire morir,
François n’ont fiance qu’en elle,
Par ce pouriés à chef venir.
Par les champs les vcrriés fouyr En tel voye et en tel façon Que sus vous jamès revenir F” 8Rg v*. Ne les verriés, je vous faiz bon.
Si convient le faire assavoir A tous noz vaillans chevaliers,
Comment chascun face devoir.
Bourgois, marchans, gens de mestiers,
Que tous y facent volontiers Devoir pour deffendrc la ville.
Tant archiers et arhalestriers,
Ung chascun selon son stille.
Et qu i soit crié, publié Par tout la ville de Jargueau,
Es environs notilhé,
A Saint Denis 1 et de çà l’eau,
Pour mcctre à ung chascun creneau Gens et garniz d’abillcment.
Qui sara riens le monstre beau Et se deffende vaillamment.
Puis fault avoir des chances trapes,
Des gresses et huyllcs boylantcs,
Puis en croix soit cloué des sacles Et autres choses excellantes,
Qui les assaillant fort tonnantes Et leur font de grief le possible.
Que tous y boutent leurs entantes A leur faire chose nuysible.
1 Saint-Denis-de-l'Hôtel, sur la rive droite de la Loire, via-è-vis Jargeau.
1 5,6oo
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r,0* LE MISTERE DU SIEGE D’ORLEANS.
MESS1RE JEIIAN.
Ce que vous dictes sera fait, f* 3<to r*. Mon très beau frcre, inconlinant; Chascun y fera si bon fjuct Que vous en serez bien content.
Et de vray, ainsi que j’entant.
Devant trois jours cerlin je suis Que secours nous aurons très grans Amenant vivres de Paris.
Le conte de SufTort y est Qui nous a promis, vous savez.
Et l’a mandé tout par exprès,
Qu’i nous viendra avitailler,
Et aveques luy amener
Mille hommes de fait, j’en suis seur.
Dont, ne vous devez esmayer :
François n’aront pas le milleur.