‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 182 sur 222 · CT · texte numérisé non relu

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Chascun suyvra voslre bannière De coraige et de cueur parfait.

VENDOSUE.

\ m’est bien tart que demain soit

Pour vois les Anglois en frontière. i5,&4&

THliDUAL l)K CARMOISI.

Tout vostre voloir sera fait,

Et ne vous doublez du contraire.

LA FICELLE

Mes bons seigneurs, comment qu i soit,

Fv3Siïv*. Vucillez y demain si bien faire

Que en puissiez loucngc et gloire i5.A5o

Acquérir tant que monde soit.

ALANSON.

Tout vostre voloir sera fait,

Et ne vous doubtez du contraire.

VENDOSUE.

Chascun suyvra vostre baniere

De coraige et de cueur parfait. 1 5,455

Lors la Pucelle et tous les seigneurs se repayeront et se arriveront. Et cependant ung hcrault anglois dit :

LE HERAULT

Je m'envoys, sans atendre plus,

A Jargueau dire la nouvelle Comment François se mcctent sus,

Acompagnez de la Pucelle,

Par une façon très cruelle,

Oui demain au matin s’en part.

1 fl./jfio

Si convient que je le revelle A mon maistre, ains qu’i soit plus tari.

Pose.

LE HERAULT

Monseigneur conte de SulTort,

Plaise vous ouyr et cntandre Dont je vous vois faire rapport Et à monseigneur Alixandre.

Deux jours a que j’é volu prandre Mon chemin aller à Orléans,

Pour ouyr, pour vois et aprandre Et savoir qu’on faisoit leans;

Si est bien mauvaise nouvelle,

Et me pardonnez, s’i vous piaist, Que demain sera la Pucelle Devant Jargueau, dont me dcsplaist.

Et suis venu tout exprès Pour vous dénoncer cestc chose,

Et plusieurs François sont après Pour vous venir cy tous enclose.

CONTE DE SUFFORT

Comment, messagier, que dy tu?

Est il vray ce que lu me dis?

Mon coraige en est fort esmeu ,

Et ne say en quel point je suis.

Je te requier tant que je puis Que tu me comptes hault et bas :

Bien cerlin je cuidc cstrc et suis Que la Pucelle n’y est pas.

LE HERAULT

Monseigneur, ne le croyez pas.

1 5, Afin

tj ne, |»ar ma fov, je lui ay veue; Et ovec des gens ung granl tas Depuis deux jours elle est venue.

El disoit on parmi la rue Que demain elle doit venir.

C’est vérité toute congnuc;

Ne m’en sachez nul desplaisir.

CONTE l>E SUFFORT.

l*ar tous les sains, j’ay grant despit De ceste maudite truende;

Assez croy ce que tu as dit:

Faire me vouldra quelque cscande.

Maudit sois tu, toy et ta bande, Faulce, desloyale, putin!

En un gibet veil qu’on me pandc Se par moy tu n’es mise à fin.

Çà, messeigneurs, pensez ici;

Je me double de la Pucclle,

Et mettra nos gens en souci ,

Que ung cliascun si a peur d’elle.

Je croy qu'elle soit immortelle F* 3ssr\ Ou que au deable et soit donnée;

Jaymès n’ouyz parler de telle.

Je ne say s’elle est deable en fer1.

M ESSUIE JEHAN DE I.A POLLE

Ma pcncéc en est fort trobléc.

Et en ay dcul en mon coraige.

Je pansois que s’en fust allée

1 Sic. Peut-être fnul-il lire ou fer, à moins de restituer :

Je u« »nj imI «Dablc dVufrr.

Demeurer en quelque villaige, • 5.5 • 5

Faire du lait et du fromage,

Qu'il y a desjà plus d’un mois,

Guidant que fust en reclusage,

Et ne pansoye plus la vois.

Mès quoy ! y nous fault tenir tous 1 5,5?o

Et faire bon guait jour cl nuyt.

Garder noz murailles et tours Très gentement, sans mener bruit.

Que cliascun de noz gens soit (luit A gouverner l’artillerie, «:>,5«5

Pour bien la tirer à proffil,

Et que on ne leur faille mie.

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