‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 19 sur 222 · LE SEIGNEUR DE FOUQUAMBERGE · texte numérisé non relu

LE SEIGNEUR DE FOUQUAMBERGE

Messeigneurs, chascun en dira Son plaisir et sa voulenté;

Mais, (juant à moy, qui m’en croira,

Nul n’en fera difficulté.

Que par vous il soit appoincté.

Incontinent et sans actendre,

En triumphe et auctorité,

Vous aillez en France descendre;

Que jamès ne poirons avoir Le remenant de vostre France,

Que de présent, croyez pour voir,

Sans aucune resistence.

De proesse avez l’excellence.

Et leur qui est entre voz mains,

Qui est divine providence;

Et, pour parvenir à vos tins.

Si est donc mon opinion Que briefment le devez faire.

En bonne paix et union,

Pour mieulx venir à vostre afi'aire.

Vous n’avez. Dieu mercy, contraire Que vous ne veignez au dessus;

Car en vous est toute victoire.

Et sont voz ariemis confuz.

F* 3 r*. GLAS1DES

Messeigneurs, vous avez mis sus Vos diz et vos opinions,

Ausquelles toutes je concluz A suyvre vos intencions.

Bien est vray qu’entre nous avons L’auctorité de toute guerre,

Et à noz fins nous parvenrons.

Tant en France qu’en Engleterre.

Qui est, croyez, chose divine,

• Et que Dieu l’a voulu ainsi.

Que riens n’est qn’il ne détermine.

Et qu’il ne le permecte aussi.

Si n’en devez avoir soussy,

Ne en faire dilacion,

Et devant tous je le dys cy.

Que telle est mon oppinion.

LE SIRE DE GRE/, nepveu «te Saltcbn, rappitainr d'Ycntille.

Four brcfvc cxpedicion,

Messeigneurs, puis que il vous plaist,

Dire vueil mon intencion,

F' 5 »\ Et ce qu’il me semble qu’il est. :

C’est que vous devez, sans arrest,

Partir dehors de ceste terre.

En grant couraige, par exprès,

A vouloir fournir ceste guerre.

Tant que serez en ce pays,

Vous ne serez crains ne doubtez,

Et ne pourrez vos anemis Jamès plus avant surmonter;

Et diront que vous n’oserez Les assaillir d’ores en avant;

Par quoy, de ce leur donnerez Hardiesse et coraigc grant.

Et icy en diz devant tous.

Si me semble la vérité,

Que de vous tenir à repos,

N’est pas la chose en seureté.

En vous est toute auctorité De proesse et de vaillantise.

Et France avez jà surmonté Par vostrc très haultc entreprise.

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