‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 26 sur 222 · I.K SIRE GUILLAUME DE LA POLLE · texte numérisé non relu

I.K SIRE GUILLAUME DE LA POLLE

. Messeigneurs, vous voyez comment Oy devant, en nostre présence.

Il a allégué piaillement

■j 5 r*. Son cas et mis en ordonnance; <i65

Et croy que bonne pourvoyance Est bonne pour niectre en ce cas.

Avecques toute diligence,

Et en adviser hault et bas.

Nous savons aussi clercment

Que nous avons encores affaire, 97"

Et n’avons pas l'achevemcnt De nostre entreprise parfaire.

Nous avons encoircs, au contraire,

Plusieurs villes et belles places

Qu’i convient à nous les retraire, 97$

Par force d’armes ou menaces.

Si seroie d’oppinion De assembler nostre puissance.

Puis savoir la rébellion

Voit*, [tour eo*.

De lout le remanant de France ,

El les sommer sans diffcrance,

Pour savoir qui contredira;

Puis après, d’escu et de lance Promptement on les desfyra.

LF. DUC DE SOMBRESKT.

Ainsi faire le conviendra,

Et est bien dit, comme il nie semble.

Que par ce point on congnoislra K’ »f> »*. Les contrediz; par ceste exemple.

N’y aura celuy qui ne tramble A vouloir dire le contraire;

Et, puis que sommes cy ensemble, Dire vueil à mon auditoire :

Nous avons encor grant pays A subjuguer, comme savez;

Mais, quant nous l'aurons entrepris, Nous le recouvrerons de legier.

Berry avons à recouvrer,

Et sur la rivière de Loire,

Qui est peu, selon mon cuider.

Non pourtant sil 1 failli il faire.

Et, comme il dit, il seroit bon Sommer les places et les lieux,

Et tous les pays d’environ,

Que verrez faire pour le miculx.

De présent sommes vertueulx .

Et puissans d’armes et de port, S'aucuns nous sont contrarieuix.

De les assaillir sans depport.

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1 Sic, pour *1 U.

TALLEBOT.

Messeigneurs, vous dictes très bien.

Est bien advisé en ce cas. >ou,

Il fault faire ou ne faire rien,

Et y advisez hault et bas.

Vous savez que vous n’avez pas L’achevement de ceste guerre ;

Assembler devez voz estas, u.i5

Sans plus en parler ne enquerre.

Nous sommes, Dieu mercy, puissans.

Et en armes crains et doubtez,

Que il n’est celuy tant soit grant De qui ne soyons redoubtez. u>»o

Nul ne vous ose débouter Ne aucunement riens desdire;

Si devez doneques surmonter Tous ceulx qui vouldront contredire:

El, comme a esté dit icy, io»r.

Sommer devez voz adversaires Pour y besoigner, trestout ainsi Comme verrez à voz affaires.

Si aucuns vous trouvez contraires,

Assaillir les fault rondement, i«3..

Adfm que autres exemplaires Hz y preignent publiquement.

LE SlllE DE HONGRESFORT.

Vous dictes bien certainement,

Mcsseigncurs, et avez bien dit

Qu’i fault poursuivre chauldement m»30

Voz anemis, sans contredit.

Que s’il est qui vous intredit,

Ou qui vous face le reffuz,

Assaillv soit par vostre edit,

Et que tantost il soit mis jus.

Mais, avant, je conseillcroye Que feissiez assembler voz gens En armes, puis prandre la voye A s’en aller droit et avant.

Vous avez Chartres, qui est grant Et forte ville de dellence;

Allez vous en bouter dedans.

Vous estes ou millieu de France.

Vous saurez là toutes nouvelles.

Qui vous viendront de toutes parts, Et cculx qui tiendront vos querelles.

Ou ceulx qui ne les tiendront pas.

Alors, vous verrez, en ce cas.

Par conseil, que vous devrez faire.

Et assemblerez voz estas,

Ainsi comme c’est la maniéré.

LANCELOT DE LiSLE, mantchal d’ Angleterre.

Il dit voir : quant serez à Chartres, Plus voz ancinis vous craindront.

Quant ilz verront à bonnes certes.

Vostre puissance doubteront.

Et pourrez aller où seront Cculx qui ne veulent obeyr;

Puis, à l’eurc, congnoistront Comment ilz veullent deflaillir.

Et adont vous pourrez sommer Ceulx que verrez estre besoing, Comme on vous pourra informer De voz anemis près et loing.

Al

Si vous en dv icy à plain Mon advis, ainsi que j’entend, Que devez prendre ce chemin,

Et qu’il est expédient.

CLASIDKS.

Messeigneurs, pour vous abréger, J’ay oy voz oppinions.

Que vous avez cy alléguez,

Et voz consultacions,

Lesquelles, par vives raisons,

On les doict fournir, et parfaire Voz dietz et voz conclusions,

Sans voulloir aller au contraire.

Et suis bien de l'oppinion F* *7 »•. Que à Chartres on doit aller, Sans en faire dilacion,

Qui sont voz amis très privez.

Là , vous pourrez consulter Des choses que avez affaires,

El beaucoup mieuix disposer De vos bcsoignes neccessaires.

LE SIRE DE MOL1NS

J’en suis bien de l’oppinion1 Que à Chartres nous en aillions.

Pour faire la conclusion De ce que faire nous devons.

Vous saurez les rebellions.

De» ceulx qui vouldront obeyr

ioS5

1 C'est la leçon primitive, qu'une main plus moderne a rayée et remplacée par celle-ci : C'en votre eipedieiou.

Et anssi les intencions,

Quel party ilz vouldront tenir.

MESSIRE JEHAN DE LA POLLE

Messeigneurs, c’est bien advisé;

Que tel est qui dit mal de nous.

Bien loing d’icy, à son privé.

Quant il vous verra, sera pour vous.

Vostre présence fera paours A voz anemis, ne doublez,

Et leur ferez muer propoux,*

Quant il vous verront appresser1.

LE SIRE DE PONT

Il dit bien et suflist assez,

Et en suis de l’oppinion.

Si conseille par cschcver De faire vostre inlenciou.

Aussi avez fait mencion De Chartres, il y l’nult aller.

Si devez, sans dilacion,

Y entendre, sans plus parler.

SALLEBRY.

Messeigneurs, par vostre conseil Vueil besoigner, et non autrement ; Chascun face son appareil Pour y aller présentement.

Quant je voy que totallement Ung chascun de vous s’i accorde, il nous fault partir briefvemenl

1 Approcher.

F* >*. En union, sans discorde.

Pour ce, trorapelcs, sans actendre,

Sonnez, pour assembler noz gens.

Et que chascun se vueille rendre Pour partir tout incontinent,

Garny de harnoiz bel et gent; ‘ i>»»

Et que lantost on s’apareille.

Car je y vueil aller de présent, *

Se aultre chose ne me rcsveille. *

Lors les troinpetes sonneront, et tous les princes arriveront avec leurs eslandars. Puis dit

SALLEBBY.

Or çà, seigneurs, comme je voy.

Nous sommes cy grant assemblée; "3<>

Partons donques en bel arroy.

Que Dieu nous conduise nostre armée,

Et que brief bonne retournée Nous puissions tous faire au pays.

Adfin que Engleterrc louée "35

Soit de noz parens et amis. ^

Lors partiront, et y a pose longue. — Et puis dit

SALLKBRY.

Voylà Chartres très renommée.

Excellente ville et plaisant,

Où la Vierge très honnorée • Y fait des miracles moult gratis;

L’eglise qui est triumphant.

De beaulté la plus cslevée,

Si luy supply en requérant Qu’elle preserve nostre armée.

Adont y a pose longue. — Et puis se serrons 1 tous, et Sallebry se lieve et dit :

SALLEBRY.

Çà, messeigneurs, pour parvenir A nostre très bonne entreprise,

Voz oppinions fault ouyr,

Et que ung chascun en devise,

* En £e cas icy, et ad vise F’ 39 v. *Tout selon son entendement;

Que la chose du tout est mise En vous* diz tout entièrement.

A Chartres sommes arrivez,

En nostre ville cappitalle,

Qui nous ayme, comme savez, •

D’une amour franche et cordialle.

C’est ville respccialle,

Après Paris que nous avons.

Qui nous est aussi plus lealle.

Et où plus nous espérons.

Donqucs, s’il vous plaist, messeigneurs, Vous direz ici voz advis De noz besoignes et labeurs,

Ad ce que avons entrepris.

Vous estes tous gens de hault pris,

Et à qui la beâoigne touche;

En tous voz faiz et en voz diz N’y eult onques janiès reproche.

Si vous pryc que en devisez De nostre affaire desoreinais,

Et que vous eu délibérez Que vous en semble que bon est.

1 4 ïe. Lise* serrant, scoiront.

1 Vous pour vos , comme déjà ci-dessus.

1 ii5

I IÔO

Vous estes icy par exprès Tous les principaulx d’Angleterre, Qui avez la charge et le faiz A soustcuir toute la guerre.

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