K* »3 V'. LE SIRE DE KAUQÜEMBERGK
Messeigneurs, mais je vous emprie,
Ne nous tenons plus par deçà. 90»
Pose. — Et partiront tous, et les seigneurs tant d’un coustd que d'autre s’assembleront tous en ung lieu; et se lieve et dit
S1LLBBRY.
A vous, très haulx et très puissans seigneurs.
En qui proesse, vaillantise et honneurs.
Auctorité et vertu si abonde,
Je suis icy ung de vos serviteurs.
Pour vous servir, vous tous gratis et mineurs, 9«>r>
Où vous plaira aller en tout le inonde.
Vous savez tous que la grant mer parfondc A y passée et la périlleuse unde,
Pour venir cy à vous faire service.
Que s’aucuns est qui en malleur se fonde, 910
. Encontre vous je vueil qu'on le confonde,
Et suis aussi pour en faire justice.
Or, savez vous, messeigneurs et amis.
Comment le Roy si a esté remis
F* a* f*. Par feu son pere, Dieu ait lame de luy! 91»
Oncq plus vaillant ne fut en ce pays.
Preux et puissant en armes et en diz,
Sans perdre riens jamès, la Dieu mercy.
Oncques ne fut plus vaillant ne hardi
Homme vivant, je le afferme et le dv,
Qui peust sur luy avoir jamôs victoire.
Ses anemis luy ont tous obey,
Ne nul qui soit ne luy a deffailly.
Par quoy tousjours de luy sera mémoire.
Aussi, savez, nostre roy est enffaut Et en jeune aage, deliquat et plaisant.
Pour parvenir en très haultc puissance.
Nous sommes ceulx qui devons, en tous sens.
Garder le sien contre tous malveillants].
Son hcritaige et son appartenance. 98*
Dont, Dieu mercy, par vostre providence.
Monstré avez, par faiz et par science,
Et en faiz d’armes aussi entièrement.
Que partout est le bruit et excellence
Des très haulx faiz que avez fait en France. 93r>
Dont sera renom perpétuel ment ’.
Or, suis icy venu deçà la mer.
Pour vous servir de bon cucur, sans amer.
En loyaulté et faiz de vaillanlise.
Pour nostre roy que nous devons avmer, 9Sti
f* ai En luy gardant son droit, et affermer
Encontre tous, par armes, sans faintise:*
Vous requérant [qu’on] regarde et advisc Se besoing est de faire une entreprise,
Ou se en layra tout ainsi comme il est. 9*3
Par vos beaulx faiz avez France conquise.
Si en povez, du tout à vostre guise.
Du résidu en faire desoresmais.
Et de ce faire à vous je in’eu attend.
Esleu je suis de par vous lieutenant
' Lisez perpétuellement.
Du bien de vous, non pas par ma prudence,
D’autres que moy fussent plus suffisant.
Pour ung tel faiz et charge si pesant.
Qui en tel cas eussent plus congnoissance;
Mais, puisqu’on moy avez telle fiance,
A mon povoir et petite science,
M’y cmploicray du tout entièrement.
Si advisez, et «i vostre ordonnance Acomplirny, de corps et de chevance,
Et en vous’ diz du tout certainement. 90»