‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 3 sur 222 · PH K FACE · texte numérisé non relu

PH K FACE

Fa ville, et les habitants Enfermer comme en une tour.

V sont pris comme le hutour Qui est dedans la sauterelle;

Il n’en sauldront ne nuvl ne jour,

Non feroit une torterelle1.

Le uoümc primitif s ouvrait , à ce qu'il nous semlile, par la résolution qu'exprime John Kalslaff d aller au secours de ses compa- Irioles (p. aoy), el dont il indique les motifs de manière à former une exposition très-suflisanlc. Lest plus tard sans doute, après j 43g, que l'auteur aura jugé à propos d'ajouter à son œuvre un vaste prologue, comprenant tous les événements antérieurs depuis le départ d'Angleterre du comte de Salislmry. comme il y a intercalé après coup l’épisode du combat en champ clos de deux hommes d'armes gascons contre deux Anglais2. Et ainsi s'expliquerait fort bien la différence que nous venons de signaler el d’où nous tirons une conclusion à laquelle nous arrivons d'ailleurs par d autres chemins.

Parmi les nombreux personnages de notre mystère, il en est un tj ni y joue un rôle des plus honorables, mais dont la fin ignominieuse dut vouer le nom à une longue exécration. Nous voulons parler de Gilles de Hais. Déjà riche à la mort de son père, qu'il perdit à l’àge de vingt ans, Gilles de Hais le devint bien plus encore lorsqu en il eut hérité de Jean de Craon, son aïeul

maternel. 11 semble que sa fortune, prodigieuse pour le temps, lui ail causé une sorte d'éblouissement. Il crut que rien ne pouvait plus mettre de bornes à sa puissance ni faire obstacle à ses désirs. Déjà blasé sur tout ce qui peut être le but d une noble ambition, sur la gloire militaire, par exemple, il se jeta à corps perdu dans les plaisirs de tout genre, pour arriver enfin à l'abîme 1 P. ao i . — * Voir ci-dessu» . p. iv. et plus loin . p. aft t .

PRÉFACE

de vices honteux où il se perdit. Mais, comme quelques-uns de ces monstres qu'entraîne au mal une imagination ardente et déréglée , comme Néron, par exemple, avec lequel il semble avoir eu plus d'un point de ressemblance, il était artiste ou du moins il aimait les arts, notamment la musique; il entretenait prés de lui une chapelle nombreuse; il se passionna aussi pour les jeux du théâtre, dont les premiers essais avaient alors l’attrait de la nouveauté.

On lit dans un mémoire présenté par ses héritiers pour démontrer ses folles prodigalités :

Item fourni faire jeux, farces, marisques , jouer mystères à la l’entecoste et à l'Ascension sur de hauts chajfaux, sous lesquels estait hypocras et autres forts vins comme en une cave.

Qu’il se tenait es villes comme Angiers, Orléans et antres, auquel lieu d’Orléans il demeura un an sans cause et y despendit quatre vingt* à cent mille escus, empruntant de qui lui voulait prestei *, engageant les bagues et joyaux pour moins qu’ils ne valoicnt , puis les rachetant bien cher, etc. etc. 1

Après ce témoignage, n'est-il pas permis de croire que le Mystère du siège d' Orléans était du nombre de ceux que Gilles de Rais faisait jouer à si grands frais, et n’y est-on pas d’autant plus porté que cette œuvre dramatique rappelait un fait d'armes où il avait acquis quelque gloire, et qu'il y jouait son rôle parmi les personnages nus en scène par l’auteur? Une partie des sommes énormes qu’il dépensa à Orléans n'avait-elle pas celle destination? Que dire aussi de cette bannière qui lui avait appartenu et qui fut achetée pour le compte de la commune? Etait-ce sa propre bannière de combat qu'il avait mise en gage et qui était restée entre les mains d'un Orléanais? Il est difficile de le penser. N’était-ce pas plutôt un souvenir du siège, quelque étendard historique qu’il

1 D. Morice, Prouves do l'histoire de Bretagne, t. H, p. 1 330.

PREFACE

sVtnit procuré, entre autres accessoires, pour le faire figurer dans le tableau de la prise des Tourelles sur les \nglais, et que l’on jugea à propos de racheter après son départ pour le faire servir au même usage?

Ce sont là des conjectures sans doute; mais ne sont-elles pas presque commandées par les textes que nous venons de rappeler. Files se présentent si naturellement à l'esprit, et sont au moins si spécieuses, que le regrettable et estimable auteur d'une notice sur Gilles île Hais, opuscule publié il y a sept ans1 * * *, s'est à ce propos laissé entraîner sur la pente glissante qui conduit de l'hypothèse a l'affirmation. En énumérant les prodigalités de Gilles de Hais, son biographe n'oublie pas le séjour prolongé et ruineux qu'il lit à Orléans. '•Il y fait représenter, dit-il, sur la place publique avec plus de magnilicence qu’on n’en a déployé à l’entrée de Charles VII à Paris, les grands mystères représentant le siège d’Orléans, avec personnages sans nombre.» Puis il ajoute : "line curieuse recherche à faire serait de vérifier si le texte du mystère qui se trouve au Vatican ne contiendrait pas d’allusion au maréchal, et ne serait pas, en conséquence, la reproduction fie celui qu'il fit jouer. »

Comme on pourra le voir, le Mystère du siège. S Orléans contient plus que des allusions au maréchal de Hais; il le met en scène, et si fort en vue, qu'il eût été impossible, selon nous, de représenter la pièce avec un tel personnage après le 27 octobre 1660, jour où fut brûlé, dans une prairie au-dessus des ponts de Nantes, «cet effroyable vampire5" dont quelques-uns ont voulu faire le type de Barbe-bleue.

1 Notice sur Gilles de Rais, jwr \rmnnd

tîuéraud, correspondant du ministère de

l'instruction publique, etc. Nantes, i855,

hnoch. in-8\ «le 7 h pages, extraite de In Rio-

graphie bretonne , publiée par M. Levot, de Brest.

’ M. Michelet. Histoire de France, t. V.

PRÉFACE. x»

Voilà ce qui nous confirme encore dans noire opinion, que le Mystère du siège d’Orléans fut représenté dans cette ville en 1 635 e( eu i63g, non pas tel qu'il nous est parvenu, mais sous la forme moins développée dont nous avons marqué l'étendue.

Le prologue put être ajouté pour la fête du 8 mai 1660, et le Bâtard d’Orléans salué de son nouveau titre; mais, les années suivantes. qui eût osé faire dire par le roi à la Pucelle :

F.t pour vous conduire voz gens •

Aurez le inareschal de Rnis1.

Qui eût osé montrer le supplicié de Nantes amenant Jeanne à Orléans2? Aussi voit-on qu’en 1666 on représentait, à la fête du 8 mai, le mystère de saint Étienne.

Dira-t-on que notre mystère a pu être composé beaucoup plus tard, dans le dernier tiers du xve siècle, vers 1670, par exemple, et qu'à celte époque l’impression causée par la mort infamante •le Gilles de Rais devait être déjà très - a fia i blie ? C'est une supposition que nous ne saurions repousser d’une manière absolue, mais qu’il nous répugne d'admettre comme naturelle. Trente ans ne suffisent pas à effacer la trace de forfaits tels que ceux dont la justice demanda compte au maréchal; et si, après ce laps de temps, on se rappelle encore les noms de criminels célèbres par leurs seuls crimes, à plus forte raison n aurait-on pas oublié celui de Rais; et de quel œil, en ce cas, l’eùt-on vu jouer un rêle honorable dans une pièce où figurait Dieu lui-même.

Nous venons d'avancer, par hypothèse, jusqu'aux environs de l’an 1670 la composition de notre mystère. Si nous nous arrêtons là, c'est que l’écriture du manuscrit ne semble guère nous permettre d'aller plus loin. Nous ne croyons pas avec M. Quicherat.

P. 436. — ‘ P. 438, 446 «1 sniv.

.-Si

<j ni un re>le n en jugeait (joint de visu, que cette écriture soit une -cursive gothique du commencement du xvi* siècle*. *

Ainsi, c’est de i/igg à 1670 ou environ qu’a été composé le Mystère du xie/re d'Orléans. La date du siège d'un côté, de l'autre celle de 1 écriture du manuscrit, nous renferment dans ces limites. Mais rien n'établit que ce manuscrit soit le manuscrit original, et, par conséquent, alors même qu'il paraîtrait dater de 1670 seulement. rien n'em pécherait de croire le poème plus ancien. On \ est d'autant plus disposé, que si la pièce a été représentée, on ne comprend guère qu elle ait pu l'être après iàào. El qu elle l ait été ou non, peu importe; il sullit que l'auteur la destinât à la représentation. De si près qu'il voulut suivre l'histoire, il aurait pu, en ce cas. se dispenser d évoquer l’ombre maudite de (îilles de Rais; il l'aurait pu, disons-nous, et aurait senti qu'il le devait, ue l’ùt-ce que dans l'intérêt de son œuvre.

Or. si nos conjectures sur la représentation du Mystère à Orléans ne paraissent pas sullisammcnl fondées, si le fait est révoqué en doute faute de témoignages contemporains plus directs et plus explicites, au moins est-il impossible de ne point admettre que dans l'intention de l'auteur celte pièce fût destinée à être jouée sur le théâtre? C'est ce qui ressort presque à chaque page de l altenlion avec laquelle il a noté les pauses, c'est-à-dire les intermèdes musicaux qui séparaient les principales scènes, indiqué les 1 nsi rumen ts qui devaient être employés pour chacune de ces pauses: pause de trompettes, pause d orgues, etc. réglé enfin, lorsque de la parole on passe à l'action, tous les incidents, tous les détails du tableau placé sous les yeux du public. Celte préoccupation de mise en scène est frappante et ne laisse aucun doute. Evidemment l’auteur voulait que son œuvre fût représentée.

Procè* dt Jeanne d'Arc , I. V. p. 79.

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Kilo la été, selon nous, à la date que nous avons indiquée, el sans doule à grunds frais. A raison de quoi on dira peut-être que les comptes de la commune, précédemment cités, ne mentionnent. pour les foies de i43o et i63q. que dos articles d'une bien faible importance eu égard aux dépenses considérables que devait entraîner la représentation d'un mystère comme celui que nous publions. En effet, il contient plus de cent personnages parlants, sans compter une armée de figurants el de comparses: et comme les jeux du théâtre étaient loin d’èlre à celte époque aussi simples et aussi primitifs qu'on serait tenté de le supposer, il exigeait un appareil immense.

On peut répondre, d'abord, que toutes les dépenses de la ville d'Orléans ne figurent pas sur les registres des comptes que rendaient les receveurs des deniers communs. C'est ce que prouvent une assez grande quantité de cédules ou quittances particulières conservées dans les dépôts publics de cette ville.

L'objection, d'ailleurs, ne saurait avoir aucune valeur aux yeux de ceux qui savent comment s'organisaient, au xvc siècle, les représentations théâtrales. A cette époque, lorsqu'il s’agissait de réjouissances publiques, on comptait plus que de nos jours sur l'initiative de chacun. La main de l'autorité ou de l'administration locale ne se montrait pas partout. Les municipalités pouvaient sans doute contribuer pour une certaine part aux frais des spectacles populaires, aider les compagnons qui les entreprenaient à soutenir leurs dépenses , comme il est dit dans l'un des articles rapportés ci-dessus; mais, en général, et de nombreuses preuves l'établissent, les représentations de mystères étaient organisées par des associations de bourgeois et artisans, sous le patronage et avec l'assistance pécuniaire de riches personnages, de seigneurs du pays ou même de seigneurs étrangers. Nous avons déjà dit qu en cette circonstance il était bien naturel de .voir dans le maréchal de Hais

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le patron, l’organisateur de la solennité dramatique où il put prendre plaisir à se voir représenter lui-mêine. et où sans doute, rumine ailleurs, sa main prodigue s'ouvrit toute grande.

Si d autres objections que nous n'apercevons pas ne viennent ruiner l'édifice de nos conjectures, si l'on accepte comme probables les propositions que nous avons cherché à établir, on sera conduit du même train à reconnaître que le Mystère du s iège (F Orléans, composé et représenté à une époque encore aussi voisine des événements, par un auteur qui avait dù y prendre part ou les voir se dérouler sous ses yeux, et devant un public encore tout plein du sujet, on sera conduit, disons-nous, à reconnaître que ce mystère ne doit pas être sans valeur historique. Examinons celle question.

Ce n’est pas, d'ordinaire, dans un monument de ce genre qu'on est tenté d aller chercher les matériaux de l'histoire. On peut toujours craindre que la fiction ne se soit fait une trop large part aux dépens de la réalité, et que l'imagination de fauteur ne se soit trop volontiers donné carrière. Rien de semblable ne peut être reproché à fauteur du Mystère du siège d'Orléans. A part deux ou trois scènes où il a usé du merveilleux selon le goût de son temps, c'est-à-dire où il a fait intervenir Dieu, la Vierge et les saints, il s'est proposé surtout de mettre en action et de faire passer sous les yeux des spectateurs, dans leur ordre chronologique, les événements qui signalèrent la mémorable défense d'Orléans en i ùî»8 et 1&99. et la délivrance de celte ville par l'intervention de la Pucelle.

Cette exactitude rigoureuse, ce réalisme, comme on dirait aujourd’hui, aurait semblé de nature à faire classer cet ouvrage parmi les monuments historiques qui nous sont parvenus sur la

Pucelle el sur son époque. C'est le contraire qui est arrivé. L'auteur d'une publication qui fait le plus grand honneur à l'érudition Irançaise de notre temps, M. J. Quicheral, dans son recueil des documents originaux concernant Jeanne d'Arc, s'autorise île cette exactitude même pour n'accorder aucune importance à notre mystère.

-La valeur historique de cet ouvrage est nulle, a dit M. Quicherat1, non parce que l'auteur s est éloigné de l'histoire, mais, au contraire, parce qu'il l’a suivie de trop près. Sa pièce nest autre chose que le journal du siège dialogué et mis en vers, avec une exposition dont l'idée est empruntée à la chronique de la Pucelle. •»

Si M. Quicheral avait comparé page par page notre poënie el le journal du siège, nous nous sentirions fort ébranlés par re jugement d'un critique aussi éclairé et aussi familier avec tous les détails de l'histoire du temps. Mais, il nous l a dit lui-même, il n'a connu le Mystère du siège d’Orléans que par quelques fragments et par les rubriques destinées à expliquer les mouvements de la scène, l'action, en un mol. qui est loin de l'emporter sur le dialogue autant qu’il l'a cm. Nous (enterons donc, de démontrer que son jugement a été peut-être trop absolu, trop sévère.

D'où peut-on induire que notre mystère a dû être calqué sur le journal du siège? De la conformité de l'un avec l’autre, sans nul doute, et nous avouons qu'en général ils sont conformes. Nous avouerons même, si l'on veut, que l’auteur du mystère a pu se servir du journal du siège pour mieux développer et contrôler ses souvenirs. Mais le savant éditeur des procès de condamnation el de réhabilitation de Jeanne d'Arc a distingué deux parties dans la précieuse relation dont il a reproduit le texte : l'une, qui se rapporte au voyage de Reims et aux faits postérieurs, lui semble

/Vomi» île J< wm,* li'Arc, l. V. |>. 79

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prise dans les récils du hérault Berriel de Jean Chartier; l'autre. <|ui raconte les événements don! l'Orléanais fut le théâtre, et qui constitue le journal du siège proprement dit, a été. selon lui.

inenls mêmes. Ce registre, nous accordons que notre auteur en ail l'ail usage, sans qu'on puisse, à notre avis, le démontrer rigoureusement. mais sans qu'on puisse non plus en rien conclure contre la valeur de ses informations personnelles; supposé, comme nous le croyons, qu'il ait écrit la partie primitive de son ouvrage avant i?i35.

I.a question rie date ici domine toutes les autres. Si l'auteur du mystère li a composé son poème que sur le journal du siège tel qu'il nous est parvenu, il l a écrit après 1/167; et, en ce cas, nous souscrivons au jugement de M. Quicherat. Mais si le mystère, comme nous le pensons, est antérieur à t/i35, eût-il été composé à I aide du registre dont M. Quicherat admet l'existence, il offrirait encore, à nos yeux, un certain intérêt historique, et l’on peut aller jusqu'à dire, toujours dans la même hypothèse, que le rédacteur du journal du siège, celui qui le compilait après 166 7, à moins qu'il 11e se soit borné à copier textuellement le registre dont il s'agit, était placé, pour le rectilier ou le compléter, s'il y avait lieu, dans des circonstances moins favorables que l'auteur de notre mystère.

B ailleurs, de ce que deux documents seraient conformes entre eux, pour le fond, s'ensuivrait-il nécessairement que l'un serait I original, I autre une copie? N'est-ce pas de la concordance entre les documents d'une même époque que l'histoire lire la preuve la plus sûre de l'authenticité des faits qu'elle enregistre? El quand un historien 11e répète pas l'autre dans les mêmes termes, quand il n est pas purement et simplement un plagiaire, 11e peut-on pas penser, quelle que soit la conformité de leurs récits, qu’ils

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ont puisé 4 une source commune, la vérité? Sur ce point. M. Quicherat, aussi bien que nous pour le moins, sait à quoi s'en tenir.

Le point de droit étant hors de doute, on reconnaîtra, en fait, sans difficulté, que la versification du mystère ne rappelle eu rien le style du journal du siège; et du moment que fauteur du premier de ces ouvrages choisissait la méthode exégétique, c’est-àdire se bornait 4 suivre les faits et à les mettre en action dans Tordre où ils s'étaient passés, il devait nécessairement se rencontrer avec le journal, dont le grand mérite est de raconter jour par jour tous les incidents du siège soutenu par les Orléanais.

Voyons maintenant si cette similitude est aussi complète que fa jugée M. Quicherat, et si l'on ne trouve pas entre les deux ouvrages des différences assez notables, pour permettre de croire que 1 un n'est pas la source unique de l'autre.

Le journal du siège ne commence qu’4 partir du jeudi i a octobre 1628, jour de l'arrivée des Anglais devant Orléans. Le poème remonte beaucoup plus haut, et ne consacre pas moins de quatre-vingt-cinq pages aux faits antérieurs.

11 s’ouvre en Angleterre par une réunion des principaux chefs anglais, que le duc d’Orléans vient supplier d'épargner son domaine. On assiste ensuite au départ des Anglais, qui arrivent à Rouen, puis 4 Chartres, où ils tiennent conseil. De là. fauteur conduit Salisbury et Glacidas ou Glasdale devant maître Jean des- Boillons, célèbre astrologue, qu’ils veulent consulter sur leur future destinée. Enfin, il nous fait voir les préparatifs de défense des Orléanais, pendant que l’ennemi, après avoir passé la Loire à Meung, arrive devant Orléans, non sans avoir pillé, en passant, l’église de Notre-Dame de Cléry.

De tout cela, rien ne se trouve dans le journal du siège, si ce n’est une mention très-courte de la visite de Salisbury 4 Jean des

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Roillons et du pillage de Cléry, dont il n'est parlé quincidemment et après la mort du général en chef des Anglais.

En ce qui concerne les premières opérations militaires et la prise des Tourelles par les assiégeants, les deux documents donnent des renseignements identiques. Mais il faut remarquer que l'auteur du mystère nous transporte presque aussi souvent dans le camp ennemi que dans le camp français, et qu'il se trouve, dans les passages où il fait parler et agir les Anglais, quelques traits curieux, dont les uns sont évidemment le produit de son imagination, tandis que les autres ont au moins pour eux la vraisemblance historique.

Citons-en un exemple. Dans un conseil que tiennent les chefs des assiégeants avant l'assaut des Tourelles, Salisbury raconte un songe qu’il a eu pendant la nuit et dont il tire un pronostic funeste. Assurément c’est là un récit imaginaire, une réminiscence qui fait honneur à l'érudition classique de notre auteur; mais lorsque, après la mort de leur général, les Anglais se décident à envoyer vers Talbot, et lorsque l'un d'eux insinue que le célèbre capitaine sera d'autant plus disposé à venir devant Orléans, qu il n'aura plus au-dessus de lui Salisbury. dont il supportait avec peine l'autorité suprême, il est infiniment probable qu'on entend là l'écho d un bruit qui avait couru sur la mésintelligence des deux principaux chefs anglais.

Si l'auteur du mystère omet certains faits de la défense de la ville, en revanche il donne plus de développement que le chroniqueur à ceux qu'il choisit pour les mettre en scène. Le journal du siège, à propos de la mort de Salisbury, tué. comme on sait, par un boulet, au moment où il regardait la ville par une embrasure du fort des Tourelles, se borne à dire qu i! fut atteint d'un canon tiré d une tour appelée Notre-Dame, «combien qu’il ne fut oneques seu proprement de quelle part il avait été gecté; r> et, quant aux

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conséquences de cette mort, que «ce fut grand dommaige aux Anglais et par le contraire grand prouflit aux François.» L’auteur du poème tire de ces faits plusieurs scènes qui ne manquent ni de vivacité ni d’intérêt, et que rien n'empêche de croire conformes à l'histoire (pag. tai, *33 et suivantes). On y voit le messager que les Anglais envoient à Talbot en Normandie pris par des compagnons français et amené à Orléans, où il apprend aux habitants et défenseurs de la ville la mort du chef de leurs ennemis, ce dont ils témoignent une grande joie. On y voit encore (p. 1 A 1) le receveur de la ville et plusieurs capitaines qui font faire par les canonniers la revue de leurs pièces, et, trouvant un canon vide que le canonnier certifie avoir chargé, en concluent que c’est Dieu lui-même qui l a tiré pour punir Salisbury de ses méfaits sacrilèges et de son manque de foi envers le duc d'Orléans.

En continuant cet examen, on voit dans le mystère les Orléanais envoyer au roi Charles VII plusieurs bourgeois, non-seulement pour réclamer du secours, mais aussi pour obtenir l'autorisation de détruire, par mesure de sûreté, les monuments situés dans un certain rayon sous les murs de la ville. Le journal ne manque pas de mentionner cette destruction des édifices, mais il ne parle pas de la députation orléanaise, qu’il faut distinguer d'une autre ambassade postérieure, composée de gens de guerre. Viilars, Xaintrailles, etc. et dont il est question dans le journal, page 116. et dans le mystère, pages a 3 A, 3 53 et suivantes.

Enfin, quand le Bâtard d’Orléans, La Hire et autres capitaines français arrivent au secours de la ville assiégée, notre poème place à Saint-Jean-le-Blanc un engagement entre leur troupe et les Anglais, qui sont repoussés, rencontre dont ne parle pas le journal, très-succinct, d'ailleurs, pour tout ce qui se passa à la fin d'octobre et pendant le mois de novembre.

Si. à part ces différences, le mystère ressemble au journal dans

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I ordre des faits principaux, on rencontre çà et là, dans les incidents secondaires, dans les détails, dans la manière de présenter les événements, des différences d’où l’on peut conclure que le poème n'a pas été calqué sur la chronique.

Bornons-nous à citer quelques-unes de ces différences en ce qui concerne Jeanne d Arc. En parlant de son arrivée à Chinon et de son entrée en campagne, le rédacteur du journal du siège a commis plusieurs anachronismes pour avoir trop précipité la marche des événements. Dans le mystère, bien qu’il ne contienne pas de dates, l'exactitude semble mieux observée. I^es scènes que l'auteur intercale entre chaque épreuve que subit la Pucelle au début de sa carrière donnent à l'action une marche plus lente, plus conforme à la réalité, et respectent mieux la perspective historique. Dans les entrevues et les conversations entre le roi et I héroïne, telles que les rapporte l'auteur du mystère, on trouve des traits qui appartiennent en propre à ce dernier. H y a lieu de noter aussi tout ce qui est relatif à l'armement de Jeanne et à son étendard, dont la description diffère dans les divers chroniqueurs. sans qu’il soit impossible, toutefois, de concilier leurs témoignages1.

Les autres personnages qui figurent comme acteurs dans l'œuvre dramatique fournissent aussi d’utiles indications pour éclaircir la question qui nous occupe. Tous, en général, sont nommés dans le journal du siège; mais, à l’inverse, le poème ne met pas en scène tous ceux qui. d’après la chronique, ont concouru à la délivrance d'Orléans. Parmi ces omissions, d'ailleurs peu nombreuses, il en est une qu’il importe de signaler. Le journal du siège parle avec éloge d’Aymar de Poisieu, qui n’était encore que page en i&ag, en disant qu'il s'illustra par la suite2. Ce passage, rapproché d'autres circonstances, a fourni à M. Quicherat un puissant 1 Voir Bibliolhtyue de l'école tics Charles, iv' série, t. V, j». 353. — * Quicluirat . IV. p. t)5.

argument pour assigner à ia rédaction de ce document la date approximative de 1/167. Or> ^ nes»l Pas question de cet Aymar de Poisieu dans le mystère, et nous voyons là un nouvel indice de son ancienneté. En effet, s’il eût été composé dans la dernière moitié du xv* siècle, on n’aurait pas manqué d’y faire figurer ce seigneur, que la faveur de Louis XI éleva au commandement d'une division de francs-archers comprenant l'Orléanais.

Les noms des mêmes personnages, principalement ceux des chefs anglais, sont étrangement défigurés dans les deux ouvrages que nous comparons; mais ils n’y sont pas orthographiés, ou, si l’on veut, estropiés de la même façon; et cette remarque ne s'applique pas seulement aux noms d'hommes, mais encore aux noms de lieux : par exemple, le fort dont la reprise décida la levée du siège est appelé fort des Tourelles dans le mystère comme dans les comptes de l’hôtel de ville d’Orléans de cette époque, tandis que le rédacteur du journal du siège écrit toujours les Tournelles. Ces différences d’orthographe, lorsqu’elles se produisent avec persistance, n ’éloignent-elles pas toute idée de calque, tout soupçon de plagiat?

En somme, si les deux ouvrages se ressemblent tant, en dépit des différences que nous venons de noter, c’est qu’ils ont une commune origine, c’est qu’ils ont été écrits sans doute dans la même ville, par deux Orléanais, qui l’un et l’autre, et chacun de son côté, ont puisé aux mêmes sources, consulté les mêmes notes ou registres, et recueilli les mêmes souvenirs en s'inspirant des mêmes sentiments.

Cette origine orléanaise ne nous semble pas plus douteuse pour l’un que pour l’autre. Sans parler de la provenance du manuscrit de notre mystère, qui faisait partie de la bibliothèque de l’Orléanais Petau, l'influence locale se révèle presque à chaque page* du poème. L’auteur, bien qu’il ait donné à la Pucelle la place et le

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rôle qui lui conviennent, s’est beaucoup moins proposé, disons-le, de faire une œuvre en son honneur que de célébrer la délivrance de la ville et du duché d'Orléans. Il s’arrête lorsque son cadre est rempli, c’est-à-dire lorsque les Anglais ont été chassés de l'Orléanais, à la suite de la bataille de Patay. Le duc d'Orléans, absent et prisonnier, n'y est jamais oublié; ses droits y sont rappelés fréquemment; et si les chefs anglais périssent, c’est pour lui avoir manqué de foi. Le receveur de la commune, représentant des bourgeois de la ville, occupe souvent la scène, et témoigne en toute occasion les meilleurs sentiments. De môme, la lidélité des Orléanais, leur vaillante résistance y est particulièrement rappelée et vantée, même par la Pucelle, qui termine en engageant les citoyens d'Orléans à garder à jamais mémoire de leur délivrance et à la célébrer chaque année par des fêtes et des processions. C'est le dernier mot de la pièce, et il est significatif.

Mais ce qui constitue la véritable originalité de l’œuvre que nous publions, considérée comme document historique, c'est le relief qu’elle donne à certains faits, la vie dont elle les anime. Quelle que fût son inexpérience, le versificateur du xv* siècle, du moment qu’il entreprenait de faire parler et agir des personnages historiques devant leurs contemporains, devait entrer assez avant dans la réalité pour satisfaire ou tout au moins pour uc pas blesser le sentiment du public. S’il n'est pas toujours dans la vérité absolue, il se maintient au moins dans la vérité relative et donne au fait la forme acceptable et acceptée au moment où il écrit. Ses personnages parlent, sinon comme ils ont parlé réellement, au moins comme ils ont pu parler. Il en résulte que, dans le développement des scènes, dans les tirades qu'il met dans la bouche des acteurs, on trouve nécessairement des traits qui ne sont pas dans les chroniques et qui nous transportent à l’époque dont il traduit un glorieux épisode. Qu’on lise, par exemple, la scène où la

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Pucelle, du haut des murs d'Orléans, s'adresse aux capitaines anglais, qui lui répondent par un déluge d'injures1; celle où le héraut du duc de Bourgogne passe dans le camp anglais en enjoignant aux sujets de ce prince de cesser de porter les armes dans les possessions du duc d'Orléans2; celle où le comte de Suffolk se rend à Guillaume Renaut, qu'il veut auparavant armer chevalier3, et d'autres encore que nous pourrions citer; c’est là l'histoire prise sur le vif; et ces tableaux nous donnent, des incidents qu'ils reproduisent, une idée plus nette, plus frappante que les récits des chroniqueurs.

L’historien de nos jours saura donc gré à notre dramaturge inconnu de s’ètre inspiré des événements de son temps; car, à l’intérêt qui s’attache au récit dialogué et mis en action, son œuvre ajoute le piquant de ces détails de mœurs, de ces particularités de langage familier, qui, sous le nom de couleur locale, étaient naguère si recherchés et que le théâtre d'une époque peut seul nous rendre complètement. Aujourd hui chacun s’efforce de se pénétrer le plus possible de l’esprit des temps passés, et de restituer aux faits, souvent mal présentés, leur véritable caractère; un des moyens d'y parvenir n’est-il pas d’apprendre comment ces faits étaient interprétés et rendus par les contemporains? Nous croyons donc pouvoir dire, sans nous faire illusion, que notre mystère ne sera lu ni sans intérêt ni sans profit par les écrivains si nombreux qu’attire la grande et sainte figure de Jeanne d’Arc, par ceux qui ont à cœur d’épuiser tous les témoignages, tous les documents qui nous sont parvenus sur cette héroïne et sur son époque.

Si, comme nous le pensons, l’histoire trouve encore à glaner

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dans le champ que lui ouvre notre mystère, en revanche, la littérature n'y pourra guère cueillir de fleurs pour sa couronne. Nous en avons déjà prévenu le lecteur. L'ouvrage est de la pire époque de la poésie française, et l'auteur n'était point un esprit supérieur à son temps. Mais son intention était lionne, ses sentiments excellents; et, si l'on réfléchit aux circonstances dans lesquelles il a composé son poème, il faut, pour être juste, lui tenir compte de ce qu'il a lait et ne lui pas demander ce qu'il ne pouvait faire, c'est-à-dire un beau drame en beaux vers, selon les règles de l’art le plus pur.

Son premier et son plus grand mérite, à nos yeux, est dans le choix du sujet. On sait qu'en général, nu xv* siècle, les pièces représentées sous le nom de mystères étaient exclusivement religieuses et se bornaient à mettre en action les principaux chapitres des Saintes Ecritures. On ne sortait de la grande trilogie comprenant la création, la nativité, la passion de N. S. Jésus-Christ, que pour entrer dans la légende, dans la vie des saints, et si quelques pièces vont plus loin , c’est encore pour rouler sur des anecdotes édifiantes, sur des miracles. On trouve, il est vrai, dans le recueil des mystères de Notre-Dame1 certaines pièces dont le sujet se rapproche de l'histoire profane; mais l’intérêt religieux y domine toujours, et c'est surtout cet intérêt que l'auteur semble avoir eu en vue. A ses yeux, le fait en lui-même n’était que secondaire, et ce qu'il a voulu célébrer, c'était le miracle qui l avait produit. Telle est, par exemple, l'histoire par personnages du baptême de Clovis, dû à l'intercession de Clotilde, à laquelle Notre-Dame apparaît. Telle est encore la Vie de. monseigneur saint Loys, sujet deux

1 liibl. imp. a vol. in-fol. Ms. du fonds ceux qu'a publié; M. Achille Jubinal d'après

français 819, 8sto. Plusieurs de ces pièces un manuscrit de la Bibliothèque Sainle-Ge-

onl été imprimées séparément. Il ne faut neviève.

|*as confondre ces mystères de N. D. avec

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fois traité au moins, la première fois par un auteur anonyme, vers 1670, et la seconde fois, au commencement du xvi” siècle, par Pierre Gringore1. Ces deux derniers mystères, encore inédits, quoiqu'ils nous paraissent offrir plus d’intérêt que les monuments du même genre déjà publiés, ne sont pas sans quelque analogie avec le Mystère du siège d'Orléans, mais ils lui sont postérieurs; c’est du moins notre opinion quant au premier, et, pour le second, le fait est hors de doute.

Quoi qu'il en soit, et eut-on déjà mis le pied dans la voie nouvelle où s’engageait notre auteur, il est visible qu'il s’y est avancé plus loin que personne. Sans doute, son poème n'est pas encore purement profane, et beaucoup s’en faut, puisqu’on y voit paraître Dieu, la Vierge, l’archange saint Michel et deux saints; mais choisir pour sujet un épisode de l’histoire de son temps, le mettre eu scène, en respectant les faits et en les animant, sans pour cela rompre absolument avec les traditions de l'art tel qu'on l'avait compris jusqu’alors, c’était avoir la main heureuse, comme on dit, c’était témoigner une certaine hardiesse, une certaine liberté d’esprit, c'était contribuer beaucoup à faire sortir les jeux du théâtre du cercle où ils s'étaient renfermés, c’était enfin faire un grand pas dans le chemin du progrès. H est vrai que, de même qu’elle était sans précédents, la tentative de notre poète demeura longtemps sans imitateurs. Les mystères de la Passion, des Actes des Apôtres, par Arnoul et Simon Greban, par Jean Michel et quelques autres auteurs dramatiques en vogue, continuèrent de jouir de la faveur du public et d’être représentés avec succès dans les principales villes de France. 11 est si commode de suivre la routine! Il était, d'ailleurs, si difficile de faire choix d’un sujet aussi heureux que le Mystère du siège d’Orléans ! Notre auteur inconnu fut donc, dans de

1 Mas. de la Bibl. imp. Navarre. *6, S. Germain, 1 535.

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certaines limites, un novateur habile et bien inspiré. Aussi demandons-nous qu’il lui soit tenu grand compte de son entreprise.

De savoir s'il était à la hauteur de son idée et de taille à l'embrasser, c'est une autre question. Pour traiter pareil sujet et s'en tirer glorieusement, il ne faut rien moins qu'un homme de génie, en grande veine, et une assistance digne de ce maître, qui lui laisse toute liberté. Quand il aurait eu le génie, notre pauvre poète (et il ne l'avait, pas), qu'en aurait-il pu faire? Composer une épopée, peut-être, qui à la longue aurait eu la chance d'être reconnue pour un chef-d'œuvre; mais, au théâtre, on ne devance pas son temps impunément, et c'eût été par trop le devancer que de produire, au xv* siècle, un beau poème dramatique. Voyons, en effet, dans quelles conditions notre auteur était placé.

D'abord adoptés par l'Eglise comme une continuation de l'enseignement religieux à l'usage du peuple, les mystères devaient nécessairement suivre à la lettre les livres saints, auxquels ils empruntaient leurs sujets. Il n'était permis de rien changer aux récits sacrés de l'Ancien Testament ou de l'Evangile. L'imagination de fauteur ne pouvait se donner carrière que dans quelques scènes épisodiques et dans le dialogue naïf, familier, souvent trivial , des personnages secondaires, tels que les bergers, les soldats, les démons. L'exactitude de ses tableaux, le langage plus ou moins vrai qu'il prétait à ses personnages, l'effet comique qu i! tirait des facéties de quelques-uns, constituaient son principal mérite aux yeux du public. C'est, là. il faut en convenir, ce qui fit tout le succès des mystères dont nous venons de rappeler les titres. Tel était, à cette époque, le dernier mot de l'art. On conçoit qu'il ne fût pas encore question d'unité, ni de temps, ni de lieu, ni d'action. On ne songeait pas davantage à disposer les faits de façon à les faire valoir par le contraste, à concentrer l'intérêt sur certaines scènes, à tenir en suspens l'esprit du spectateur et à l'amener de surprises

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