P H K FA CK
l 'ii liv. tournais qui vrillent à Paris exil sous parisis : pour ce exil sols p. » »
Ajoutons, pour en finir avec les comptes de la ville d'Orléans, que, dans les années qui suivent immédiatement, il n’est plus fait mention d’une représentation semblable. Il faut aller jusqu’en i466 pour trouver trace d'un divertissement ajouté à la procession le jour de la fête de la ville. C’est encore d’un mystère qu'il s'agit, mais du mystère de saint Etienne:
* -t Mahiet Gaulchier, paintre, pour don fait aux compagnons qui jouèrent le mis ta ire de S. Estienne le mic jour de may , pour leur aider à soustenir la despense de leurs chafjaulr et aultres choses ; pour ce h liv. îG sols p. »
Par ces textes, il nous semble établi qu'en 1 635 et i43q un mystère où étaient reproduits les principaux incidents du siège d’Orléans fut joué dans celle ville à la l’ète du 8 mai.
Est-il permis de croire que ce mystère était celui que nous publions aujourd’hui? C’est notre sentiment.
Il est pour nous démontré, et nous développerons ci-après les motifs de notre conviction, que l’auteur était Orléanais. Ce n’est pas seulement le cœur d’un bon Français, l’amour de l’indépendance nationale, et, par suite, la haine de l'Anglais qui se manifeste dans son œuvre, c'est encore et particulièrement le témoignage de sa fidélité et de son dévouement au duc d’Orléans, mêlé à l'expression d'un patriotisme tout local, si l'on peut ainsi parler. De plus, il nous semble visible que notre poète, poète de circonstance plutôt que de profession, écrivait à une époque encore fort rapprochée des événements, qu’il en avait été le témoin, et qu’entouré d autres témoins nombreux des faits qu'il mettait en scène . il avait à cœur de ne rien avancer de contraire aux souvenirs encore vivants de ses concitoyens, comme aussi de ne rien omettre de ce qui pouvait flatter leur légitime orgueil.
X PRÉFACE
Sans doute ce n'est là qu'une impression; mais encore faut-il. pour en détruire l'effet, quelque argument sans réplique, d'où sorte l'impossibilité absolue d'assigner à notre poème une date aussi ancienne. Nous avons dû rechercher nous-mêmes les objections qui pourraient s'élever contre notre opinion, et nous n'en avons aperçu qu'une, sérieuse il est vrai, mais non insoluble. La voici :
Le Bâtard d’Orléans est plusieurs fois, dans ce mystère, qualifié du titre de comte de Dunois, sire de Dunois, monseigneur de Ihinots. Or les lettres par lesquelles le duc d'Orléans gratifia son frère naturel du comté de Dunois sont datées du ti juillet 163g seulement. N en faut-il pas conclure que notre poème est postérieur à celle date, et n'a pu être joué ni le 8 mai t /i 3 9 ni à plus forte raison le 8 mai t63»? L'argument semble d'autant plus fort, que ce n’est pas seulement en vedette, mais dans des vers mêmes et en rime que l'on peut lire :
Venez çà, sire de Dunois1.
Voicv le comte de Dunois*.
Et vous, monseigneur de Danois5.
Ainsi, on ne peut pas même croire à une addition de copiste, facile à comprendre dans le premier cas, inadmissible dans le second. Nous aurions donc renoncé à notre hypothèse, si, en y regardant de près, nous n'avions été frappés d'une distinction trop marquée à nos yeux, trop significative pour qu'il fût possible de 11’eu pas tenir compte. C'est seulement dans le premier tiers de l'ouvrage, et jusqu’à la page 907, que le Bâtard d Orléans est qualifié comte ou sire de Dunois; après quoi, il est constamment désigné sous le nom de Bâtard d’Orléans et même rie Bâtard simplement. Il ne parle ou n’est interpellé que douze fois 1 P. t tiq. — * P. 181. — * P. 189 Ct Sü6.
PREFACE
dans la première partie, et chaque fois le titre de sire ou comte de Danois est employé seul ou précède la désignation Bâtard- d Orléans. Dans la seconde partie, au contraire, il ligure quatre-vingthuit fois, et pas une seule avec le litre qu’il reçut en i63q. Ni l'auteur ni les personnages qu’il met en scène, circonstance plus remarquable, ne {'honorent de cette qualification.
Dieu gard le Bastard d'Orléans1 !
C’est ainsi qu’on le salue.
Bastard d’Orléans, mon cliier aniv,
Vous, Bastard d’Orléans, mon cliier sire.
C’est en ces termes que s’adresse à lui la Pucelle*. Personne ne l'appelle autrement.
Cette distinction si frappante n’aurait-elle d’autre cause qu'un caprice de l'auteur ou du hasard? Nous ne l'avons pas cru. Elle provient, selon nous, de ce que le Mystère du siège (C Orléans ne renfermait, dans l'origine, que le siège d’Orléans proprement dit, et ne commençait qu’avec l’année 1639, au moment où les Anglais, maîtres des défenses extérieures de la cité, pouvaient dire des Orléanais :
Do leur terre nous avons
Jusques aux portes de leur ville,
Pour en faire ce que vouldrons Comme de nostre domicilie.
Ou encore :
Or povons nous pour le présent Bien assiger tout à l’entour
1 P. 3ai. A 1 9 , 669,660. 661. 66a. 673. 696.
‘ P- 569, 555. Vojret encore p. 617. 609,564,610.685.707,780.
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