‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 30 sur 222 · BAILLY DE MENTE · texte numérisé non relu

BAILLY DE MENTE

Il en dit toute vérité;

Se vous allez ailleurs muser, •»«»

Ils fortiflieront leur cité

De vivres, comme vins et blez,

El manderont leurs allyez, S’enfforceront de jour en jour;

Là où1, se vous les susprenez,

Hz n’auront de nully secour.

Parquoy je dy cjue, sans actendre, Vous devez assembler voz gens Et vostre chemin tout droit prahdre, Vous en aller devant Orléans;

Et ne povez mieulx que présent A les assaillir en sursaull;

Et, s’i vous sont contredisant.

Baillez leur promptement l'assault.

LE BAILLY D’ESVREL’X.

Je suis de ccste oppinion

Que vous ne devez ailleurs «pierre.

De paour de leur rébellion ,

Et qu i seront durs h conquerre.

Onques n'aymerent Angleterre, Comme j'ay tousjours oy dire;

, Pour ce, devez, sans plus enquerre,

Monstrer vostre fureur et yre.

Se allez en autruy pays,

F* 33 i* . Peut estre y serez longuement;

Ce pendant, manderont leurs amys.

Et s’enforceront bonnement.

Si ne pourrez legierement.

Comme vous pensez, les avoir.

Par quoy je dy que chaudement Il les vous convient poursuivoir;

Et vous dy que, de plaine face.

1 Là où, tandis que.

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Vous leur devez fort courre sus,

Et les poursuivre à chauldc chasse:

De différer ce seroit abuz.

Par ainsi, les renderez confus Et en vos mercyz se mecteront,

Que les verrez si remis jus.

Que les clefe ilz vous apporteront.

LE SIRE DE GRES

Ainsi comme je puis entendre,

Vous devez recouvrer Orléans,

Et est la lin où devez tendre De puissance de corps et biens;

Que, se ne l’avez, c’est riens,

Car c’est tout le ressort de France,

Que de là trestout en deppend.

Et est aux François leur liance;

Ne autrement je ne croy pas Que vous n’y ayez fort affaire.

Et le fault avoir par compas.

Aussi par subtille maniéré.

Orléans si est tout la frontière Et tout le port du remanant.

Où des François chascun espere,

Et là où chascun d’eulx se tend.

Je dy que très diligemment Vous les devez aller surprendre ;

Sans aller ailleurs amusant,

Vous devez ce fait entreprendre.

Pas ne sont de legier à prandre.

Ainsi que 1a brebis en mue.

Que pour riens ne se vouldront rendre, S’i ne voyent leur ville perdue.

LH SIRE DE MOUNS

il ne fault aller çà ne là.

Mais à Orléans ton! le plus droit,

Et, le plus tost que on pourra, *55

Ce fault faire et convient que soit.

Les assiéger si à destroil F* 34 1*. Qu’i ne puissent pas enfouyr;

Puis vous les verrez orendroit

Comme ilz vous viendront requérir! i36«

Et, quant Orléans aurez soubz mis,

Vous povez dire seurcment

Que maistrcs de la fleur de liz

Serés du tout, entièrement;

Ne nul, dessoubz le firmament, <3*>5

Ne vous osera contredire Que n’ayez le gouvernement.

Que mil jamès vous puisse nuyre.

France jamès ne partira

* D'entre les mains de nostre roy; '37°

De France et d’Angleterre sera Tout paisible, ainsi je le cro^,

Ne nul n’osera lever le doy Contre vostre magnificence;

Mais ung chascun vous fera la foy, *376

En faisant tous obéissance.

LE SIRE DE PROVINS

Je n’en double point nullement Et faire le devez aussi.

Se Orléans avez aucunement.

Vous estes hors de tout soussy.

F* 3& »•. Tout viendra à vostre mercy

Le peuple à vous de toutes parts.

Et vous serviront tout ainsi Comme voz subgectz et soudars.

Je conseille que vous laciez » Mener toute l’artillerie

Devant Orléans, sans séjourner.

Sans tarder heure ne demye;

Vous leur ferez telle saillie

Que, avant que soit huit jours entiers,

A granl joyc et. à chiere lye.

Se rendront à vous voulentiors.

Si les voulez habandonner, lls^n’arresteronl jour ne demy.

Ce sont gens plains et bien gossez1,

Et est. Orléans très bien garny,

• D’or et d’argent assez fourny.

Que voz gens n’auront povreté,

S’i passent une fois parmy.

Que ilz ont des biens à planté.

SALLKBRY.

Dont, pour cause de briefveté,

J’ay ouy vos oppinions,

Dont la pluspart en vérité P* 35 i“. Sy est qu’à Orléans nous aillons,

Vous priant, seigneurs et luirons.

S’il n’y a nul contredisant,

Qu’il en die ses conclusions.

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