LE SIRE D’ESCALES
Faire le nous fault voirement Et le plus toust que on pourra;
Y mectre bien et largement Des pyonniers, qui m’en croira. .
Incontinent elle cherra;
Et tous ceulx qui seront dedans,
Se j’en suis creu, on les pendra A ung gibet incontinent.
FOl'QUAMBERGE.
.Nous avons été durement Debatuz durant ceste guerre;
Travaillé en suis grandement,
Que je n’en scay quel conseil querre.
’Recullé m’en suis à grant erre D’uylles et de grosses boillantes,
Qu’i sembloit que pluye et tonnerre Chaussent du ciel par grans tourmantes.
t'iSTi
LANCELOT DE LISLE. marchai d’AngMm*.
J’ay esté tousjours en la presse Mes gens et moy, par telle façon Que j’ay le corps plain d’uillc et grosse Aussi puante que poison:
Et en ont gecté à foison F* 6» r'. La faulsc chenailie d’Orléans,
Si en feray tel pugnicion
Que mengiez en seront aux chiens.
LE SIRE DE GRES
Il nous convient avoir noz gens Qui leans sont mors es fossez;
Y sont de trois à quatre cent L'un sur l’autre tous amassez.
H est temps, sire, en penser Pour les mectre dedans la terre, Et pour eulx on fera Dieu prier, Pour noz bons amis d’Angleterre.
SALLEBRÏ.
Je l’ay dit qu’on les voise querre,
Et suis bien contant et d’acort,
Se les leur y veullent requerre,
Qu’i les ayent sans descort;
Et ne vueil pas, soit droit ou tort,
Que, durant qu’i les sarreront.
De guerre on leur face effort,
Nul de nous, tant qu’il y seront.
Allez, et leur dictes aussi Que je suis bien contant qu’i preignent Leurs gens, toutes foiz par ainsi Que des nostres nul ne retiegnent;
Et aussi que bien leur souvieignent 1 F* 6* v*. De leur assault rigorieulx,
Et que à la raison y viegnent Ou que mal en sera pour eulx.
' F.isez touviegne, souvienne.
aO io
aâi 5
P^se. — Et vont emporter les corps chascuu de sa part. Puis dit Sallebry durant qu'on les amasse :
SALLEBRY.
Oultre plus vous avez cy dit,
Par voz advis, qui se roi t bon
J)c inviter sans nul contredit
Leur bouloart, par grand rendon, a&3o
AdCn que avoir le poissons Par raine et par artillerie;
El croy bien que ceste façon Est bonne, je n’en doubte mie.
Donques que tantoust, sans atendre, s>5*5
Y soit mis deux cens pyonniers,
Pour le faire de là descendre Avant qu’il soit deux jours entiers.
Entre vous les cinquantinicrs
Faictes tantost ceste entreprise, aiio
Et y prenez de bons ouvriers Qui en puissent savoir la guise.
PREMIER C1NQUANT1NIER.
Messeigneurs, nous acomplirons Vostre voloir incontinant.
F* 63 r •. Et leur bouloart m y itérons *5ûo
Du tout jusques au fondement;
Mais convient necccssairement N’y toucher jusques à la nuyt.
Car les François aucunement
En pourroient bien oyr le bruit. 3ô:,o
SALLEBRY.
Vous dictes bien : ainsi le faire Le devez et est très bien dit;
Je congnois qu’en ceste matière Estes saige et bien instruit,
Et vous pry que sans faire bruit Le faciez, si secrètement Que les François ayent desduit De leur derrenier sacrement.
Il* CINQÜANTINIER.
Nous le ferons si saigement,
Par telle façon et telle voye,
Que homme soubz le firmament N’en voyra riens parmy la voye.
La chose sera celée et coye,
Que des François nul n’en sara Nouvelle, jusqu’à ce qu i voye Que dessoubz luy y tumbera.
SALLEBRY.
Je vous empry tant que je puis,
■ Que la chose soit ainsi faicte,
F* 63 »•. Et adfin qu’ilz soient surpris
De la mauvaistié qu’il ont. faicte; Que pensez que pas ne me haifcte 1 De tant de nos gens mectrc à mort Par voye faulce et contrefaicte ,
Non pour avoir esté plus fort.
Allez et faictes diligence,
Puis, ce pendant, nous penserons Pour nous venger de leur ofiencc.
De l'oultraige que fait nous ont.
Avant que d’ici nous partions.
' Cor voua pensex bien qu'il ne me plaît pas qu'ils aient mis h mort, etc.
Leur ville, faubours et cité,
Far force d’armes nous Tarons, Sans nulle difficulté.
Admit les pyonniere mineront et assortiront bombardes et canons contre bouloart. Et puis dit
LE RECEVEUR
Messeigneurs, avez veu comment Nous ont assailliz rudement En cest assault noz anemis,
Qui a tenu incessamment Quatre heures tout entièrement.
Sans avoir aucun delay pris;
Mais nenpourtant ont eu le pis,
Que sur nous n’ont il riens conquis, K* 66 r". Et nous est demouré la place
Où leur gens y sont mors et pris.
Flus de cinq cens, à mon advis.
Leans estans à Tenreverse.
L’assault a esté merveilleux En fait d’armes et oultraigeux.
Comme je dy , et longuement,
Dont la perte est tournée sur eulx:
Que nous sommes victorieux Encontre leur grant hardement.
11 avoyent en pensement De mectre tout à finement Et en fusion de bataille:
Mais ont trouvé resistement Encontre leur faulz pensement.
Que y n’ont fait chose qui vaille.
Si vous prions que au seurplus.
Pour obvyer à leur abus
le dit
il ioj
Et à leur mauvaise entreprise,
Vous requérant de plus en plus Que tousjours nous lacions du mieulx En fait d’armes et vaillantise,
Et aussi, comment qu'on advise,
Pour trouver moyen et la guise A ces Angloys résister;
Car du tout à vostre devise Voulons obeyr sans faintise Et à voz bonnes voulentez.
Doncques, messeigneurs, s’il vous plaisl. Nous vous supplions par exprès Que vous dycz qu’il est de faire.
Vous voyez le besoing qui est,
Comment noz anemis sont prestz ,
De jour et de nuyt, pour mal faire.
Si est dont chose neccessaire De conseil, en ceste matière.
En fait de bien nous gouverner.
Vous savez qu’i tiennent frontière.
Pour nous vouloir du tout deffaire,
Sans y vouloir riens espargner.
Pour ce, messeigneurs, advisez En dire voz oppinions,
Et vous en veillez conseiller De l’a(ïaire que nous avons;
Que toutes noz intencions Est de soustenir pour le Roy Sa ville et les environs,
Ou y mourir en desarroy.
LF. SIRE DE VILLARS
Nous avons congnu les Angloys
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ifnu
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De leur force et de leur puissance.
Dont lesqueiz, ainsi que congnois.
Il ont fait une grant vaillance.
L’assaull a esté à oultrance. .
Et de coraige merveilleux; Nonobstant, résistance \ a esté faicte contre eulx.
Les bourgeoises y ont servy D’uylles, gresses et autres choses, r Et aux Anglois a beaucoup nuyt
En cest assault, bien dire l’ose;
Et le mal, comme je suppose.
Est tourné sur noz anemis.
Comme chascun dit et proppose,
Il leur est advenu le pis.
Et au regard du bouluart,
Je n’oseroic conseiller De le tenir ne toust ne lart.
Que y nous a fort travaillez.
Mieux vauldroit l’abactre et brullcr, Et le mectre tout au néant,
Que par luy vensist cncombrier.
Ne aucun inconvénient.
LE SIRE DE COliRAS.
Quant à moy, je conseilleroye Le bouluart estre abatu,
Par telle façon et par tel voye Qu’i fut de tous point demolu.
Vous savez, a esté batu De bombardes et gros canons;
Il est froissé et tout rompu.
Et convient que l’abandonnons.
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Mais me semble qui convient faire Autre bouiuart sus le pont,
F* «5»*. Pour aucunement nous retraire,
Sc aucuns dangier nous voyons.
Et qu'i soit fait tout front à front 1675
Comme au droit de la Belle Croix 1 ;
Par ce point le pont garderont*.
Le passaigc et les destroiz.
LK SIRE DF. GUITRY
Je croy qu’il n’est pas à tenir.
Et ne seroit que confusion a6h«
Pour faire de noz gens morir,
Ny autre chose n’y gaignerons;
Que il n’est ne puissant ne bon.
Mais tout molu et afliné.
Et, qui pis est encore, dit on issa
Que les Anglois l’ont tout myné.
Par quoy, le plus toust qu’on pourra ,
Le faire bruller et abatre;
Ne qui ainsi le lessera, il pourroit noz Torrelles batre.
Et, par icelui, nous combatre.
En nous faisant grant violence;
Dont nul ne s’en doit point debalre,
Et puis qu’il n’est pas de deffence.
LF SIRE MATHIAS.
Au regart de le faire abatre, «6g5
il est bien expédient,
1 Croix en bronze doré, qui s’élevait, h cette époque, entre la onzième et la douzième arche du pont.
’ Lisez garderont.
Sans plus en parler ne debntre.
Que il ne profïitc de riens;
Mais par luy inconvénient
Nous peut venir par le garder. *700
Si conseille que incontinent On le voist abatre et bruller.
Oultre plus, il nous convient faire Sus le pont aultre bouluart.
Pour tenir la ville en frontière. «70s
A la garder de celle part.
Puis y nous convient, d’autre part.
Rompre une arche de nostre pont.
Pour nous garder d’aucuns azarl.
Ainsi que par fortune vont. 47 «o
LE SIRE DE SAINTRAILLES
J’é ouy voz oppinions :
Me semble que faire se doit,
C’est ung bouluart sus le pont.
Comme au droit de la Belle Croix:
Que s’il advenoit aux destroix Nostre fortiflication,
Noz ennemis recullcroit ’.
Qui n’aront dominacion.
Encore pour nostre seureté De rompre une arche il est mesticr:
S’i nous prenoit neccessité,
Y ne pourroient pas apresser.
P «6 »*. Et les pourroit on rebouter
Par force d’armes et puissance.
Et ne se pourroient efforcer A nostre ville faire offence.
1 Lise?; reculeroient , et plus haut, ndvenoient.
POTON
Je conseille qu’on s’en avance,
Et faire tout le contenu,
Nous inectre tous en ordonnance:
Le temps est bref, je lé cognu.
Aucuns m’ont dit que en a veu Des pyonniers tout à l’entour,
Qui l’ont myné et desmol u Pour nous bailler ung mauvais tour.
Et dy que nous devons attendre D’ores en avant ne tant ne quant;
Le bouloart fault mectre en cendre, Et rompre une arche incontinent; Que, se vous [estoient]1 surprenant.
Suyvre vous pourroient en la ville Voz anemis jusques dedans,
Et faire des maulx ung cent mille.
LK RECEVEUR
Messeigneurs, du tout en la forme Que verrez qui sera du mieulx, ChascunMe vous bien s’en informe, De le faire sommes joyeux;
F* 67 r\ Que pour certain nous sommes ceulx De voloir à vous estre uniz En toute place et en tous lieux.
Et voz volentez acomplir.
Et de ceste heure, sans attendre, Allons y dont mectre le feu,
• Sans arrester en place et lieu,
Et l’abactre et le mectre en cendre.
1 !,« texte donne ettiez.
■jj3o
LE SIRE DE S A1NTR AILLES
Chascun veille son harnoiz prandre,
Puis qu’ainsi est qu'il est conclu.
LE SIRE DE VILLARS
Et de ceste heure, sans atendre,
Allons y dont mectre le feu.
POTÔN.
Il nous convient aussi entendre
Aux Tourelles, ce n’est pas jeu. *760
Que nul n’y voise sans adveu,
Et penser de se bien defl’endre.
LE SIRE DE GUITRY
Et de ceste heure, sans atendre.
Allons y dont mectre le feu ,
f* 67 v*. Sans arrester en place et lieu, *765
Et l’abatre et le mectre en cendre.
Lors partiront en amies et ordonnance, et yront inertie le leu dedans le buuloart. Et y a pause. — Et mectront à bas tout le dit bouloart, et en feront incontinent ung au droit de la croix, sus le pont, et abalronl une arche devers la ville. Après cela fait, dit
SALLEBRY.
Seigneurs, duez, [comtes] et barons,
Meclez vous tous en ordonnance;
Vous voyez que les François font,
• Ne scay pour quelle esperance. 3770
Hz ont abalu, par oultrance,
Leur bouloart et desmolu ,
Tout à coup, en une instance.
Ne scay qu’il ont trouvé ou veu; Conseillez nous qu’il est de faire, • Durant que nous sommes icy.
Trouver nous convient la maniéré De les avoir par quelque si.
Vous avez veu comment aussi
p 6* r'. Leur bouloart ont mis par terre;
Je congnois assez par ainsi Qu’i ne sont pas las de la guerre.
' LE CONTE DE SUPPORT
Quant à moy, je conseilleroye Que on leur baillast ung assault,
Ainsi comme je le vouldroye, «7*5
Qui leur fust fort cruel et chauit,
Depuis le bas jusques en hault De leurs Tourelles et muraille.
Vous les aurez, sans nul delfault. ■ •
Que ilz n’ont deffence qui vaille. 3790
MESSIRE JEHAN DE LA POLI.E
Mon frère dit bien vrayeraent :
Que, se vous avez leurs Tourelles, Vous avez tout entièrement,
Que y ne se fient qu’en icelles.
Vous avez gens qui, par eschelles, Les vous poursuivront de si près.
Que, maugré les villains rebelles, Par force d’arme les arez.
LE SIRE D’ESCALLES.
Vous les aurez legierement, De cela je ne doubte point.
108 LE MISTERE Dll SIEGE D’ORLEANS.
F' fiR v*. Batuz sont jusqu’au fondement De nostre trait, de nos angins;
Et conseille que, à toutes fins,
A ce beau matin de dimenche.
Les assaillez de point en point,
Sans avoir le bras en la manche.
FOUQUAMBBRGE.
Faictez sonner incontinent
Voz trompetes, comment qui soit,
Sans que on n’oye Dieu tonnant Du bruit que ferez orcandroit.
Et baillez l’assault si estroit.
Depuis le pii': jusques à mont,
■ Se nul est qui se trouve au droit, L’envoycrez peseber aux poissons.
LE BAILLY IVESVREOX.
Je suis de vostre oppinion.
Que, ce malin, vous y vueillez Vous mectre en grant affection.
Et bien grjyidement employer.
Vous avez le jour bel et cler.
Et avez loisir et espasse;
Frappez dedans comme un sanglier.
Et que vostre povoir tout passe.
F’ fio i*. LANCELOT DE LISLE, hailly de Cliartr-».
Mes gens et moy, nous sommes preslz De bailler l’assault promptement.
En ce fait vaillans et expers.
Et pour eschcller proprement.
Ne faictes que commandement
aSub
•(Si g
sSso
Pour commander quant on vouldra,
Vous verrez merveilleusement Que ma compaignie y sera.
GLASIDAS.
Promptement on commencera A tirer grosse artillerie,
Que leur gresse leur tumbera Ou au mains la greigneur partie.
Puis voz gens prestz pour-la saillie,
A ce beau dimenche matin;
Vous les aurez n’en doubtez mie.
Nul d'eux n’atendra le liufin.
LE SIRE DE GRES
Vous aurez, je croyf les Tourelles Des François bien logierement.
Que, ou point qu’i sont et y telles,
N’y a deffencc aucunement.
6ÿ »*. Debrisées jusqu’au fondement
Sont de bombardes et canons; •
Hz y morronl finablement.
Que nul abry leans y n’ont.
LE SIRE DE PONS
Et , se leur Tourelles prenez.
Vous pourrez dire seurement Que leur cité et ville avez.
Sans avoir nul destourbement;
Que vous batrez entièrement Leur ville, par telle façon,
Que nul d’eulx [n’osera J 1 nullement Saillir dehors de la maison.
Le manuscrit porto : ne sern.
aS.'io
1 8 ôti
LE SIRE DE MALINS
Vivres ne leur pourront venir *855
De nulle part, il est certain.
Vous pouvez la Beausse tenir Et la riviere en vostre main;
Ils morront tous leans do fain.
Ne nul ne les garantira; * as»',,,
Avant ung mois aurez la fin.
Sans coup ferir on les aura.
SALLEBRY.
Messeigneurs, je le croy ainsi,
Et n'en faiz double nullement.
F 7" r\ L’assault sera baillé dfssi,
A ceste heure cy proprement;
Mais dire vueil mon pensement D’un songe qui m’est advenu.
En ceste nuyt, en mon dormant,
Dont j’ay ®sté ung peu esrneu. -1870
Je vous diray m’estoit advis Qu’en ung fort lialier je chassoye Après ung sanglier, que je vis ,
Que je rencontré en ma voye;
Et tout ainsi que haloye *873
Mes chiens après le sanglier.
Et comme je le regardoye.
Se transfigura en lévrier.
Tautoust après, je ne vis plus
Levrier ne le sanglier aussi. »«««
Je m’avance à courre sus A mes chiens, tretout ainsi,
En disant : Hare! ve le cy!
lit
Firent semblant de reculler.
Et fuz pour certain esbay, sssr.
Que ung loup me vint esgratigner.
Lequel loup me prist au visaige Pour le premier commancement,
. Et me list ung villain oultraige.
Cuidant en morir proprement, 3890
Lors m’escriay en mon dormant.
Par si très grant merancollye,
P7<m\ Me resveille subitement,
Cuidant qui fut fait de ma vie.
CONTE DE SUFFORT
Puis, sire, qu’en voulez vous dire? •
Volez vous dont en songe croire? •
Maintes l’oiz je le songe pire ,
Et en ay encore bien mémoire;
Mais vous savez et est notoire : ,
En songe nul ne doit penser;
Chacun scet, et est chose voire, *
Le songe est toujours mensonger.
CLAS1DAS.
* Comment! ce1 songe estoit vrays.
Plusieurs ne fussent mes en vye.
Les hergiers des champs seroient rovs, *<*«5
Et noblesse seroit bergerie.
L’ault’rier, sur une gallerye, •
Je songe que du hault cheoye.
Par force de vent et de pluye.
Et à la fin que je noyaye. «»•<» •
• 1 Ce pour te, si.
112 LE MI STERE Dü SIEGE D’ORLEANS.
LE SIRK D'KSCALLES.
Nulluy ne se doit arrester En songe n’en divinerie,
F" 71 r\# Et s’en doit on du tout osier.
Que cela n’est que resverye:
Et vient cela par fantasie,
Par faulte de repoux avoir.
Boutez vous en hors, je vous prie,
El pensons de l’assaull prouvoir.
SALLEBRY.
C’est très bien dit. Dont ordonnez .
Des premiers qui bailleront l'assaull,
•Et voz trompelcs si sonnez ,
Pour donner dedâns sans dclfault.
Faictes qu'i soit cruel et chault.
Et frappçz dedans de randon ,
Sans espargncr nul tant soit liault * Ne à mercy 11e à ranson.
Adonl les trompctes des Anglois sonncronl, «t le bafîroy de la ville pareillement; et crvront ceulx de In ville à T arme! et cliaseun va sur le pont, et trouve l’en le sire de Saintrailles tout armé avec scs gens; et dit
LE SIHK DE SAINTRAILLES
Messeigneurs, mectez vous en rant.
•Et y allez par ordonnance;
F* 71 v*. Que à ung chacun je deiïens
Y aller, sans avoir licence. »9;<«
Vous1 qui estes gens de dellence.
Montez à mont sus les Tourelles.
1 S'adressant à une troupe des défenseurs de la ville.
lia
LE MISTERE DU SfEGE D'ORLEANS.
El y montrez vostrc vaillance,
Ainsi comme sus inlideilcs.
Après, vous1, pour les refrescfiir, ‘
Pour leur donner ayde et secours.
Puis les blessez, pour les guérir,
. tp Faictes les apporter bien tous.
Afin que autres, sans séjours,.
Se puissent bouter en leur place,
Et secourir à tous propoux,
Sans faire faulte 11e falace.
Puis sc renouvellera l'assault en grant fait d’armes el longuement; et plusieurs morts et blessez des François ; puis dit #
LE SIRE DE SAINTRAILLES
Enlfans, enfians, retrayez vous,
Je voy que nous avons le pire,
Et sont fort plus puissans que nous.
Noz gens endurent trop martire; Retrayez vous, sans plus le dire,
Ou je voy que vous estes mors.
Que chascun de vous se relire,
<•" 7* r'. Et se boute tout point dehors.
’jgAO
Puis ici les trompetes des François sonneront une relraicte, et descendront tous des Tourelles, et apporteront deS mors et blecez, et babandonneront lesdites Tourelles, se reculleront jusques en la ville; et y aura- une arche rompue et plusieurs se tiendront au bouloart nouveau fait; elles Angloys monteront dedans les Tourelles, cryanl ville (jaigiiêe, et mcctcront leui-s estandars dessus lesdites Tourelles et lances, faisant grnnt bruit. Puis dit
GLASIDAS.
Mcsseigncurs, nous avons gaigné, 1 L'acteur désignait ici une seconde troupe.
A cc coup, honneur et ebovance,
Saus avoir gueres barguigné.
Par force d’armes et puissance;
Et avez à vostre plaisance Leurs Tourelles et boulouart.
Par vostre proesse et vaillance Des bons anais de nostre part.
LE CONTE DE SUFFORT
Vous voyez noz gens là dedans, Comment il ont gaigné la place;
Bien povons dire que Orléans Est nostre, pour peu de menace.
Sy fault bien que pardon ou grâce Leur faciez, ou v sont tous mors.
Vous les aurez en peu d’espasse.
Vers vous ne sont puissans ne forts.
agao
aqfio
FOUQliAMBERGE.
Nous devons bien faire grant chiere, Et avoir bien le cucur en joye, Quant leur bouloart cl frontière Avez soubmiz par ceste voye.
De leur ville je ne donroye Pas un bouton que ne l’ayez;
Elle est vostre, c’est chose vrave. * Nul ne vous en peut délayer.
SALLEBRY.
J’é grant désir que sus ce soir De m’alcr esbatre là mont1.
Pour voir la ville à mon vouloir.
Ut-haut.
• »«üKr -
LE MISTERE DU SIEGE DJORLEANS.
Leurs ediflîees et maisons,
Et aussi que nous regardions,
Pour assiéger, l’arlillerye De noz bombardes et canons.
Pour mieulx faire nostre saillie.
F* 7.1 1'. LE PRINCE D’ESCALLES.
C’est bien dit. Quant il vous plaisa 1 Nous yrons pour veoir leur cité;
A voir fort plaisant vous sera, Qu’elle est de grant auctorité.
James n’culrent adversité.
C’est ce qui les a fait tenir;
Et puis ayment de loyauité Leur roy Charles et pour morir.
LANCELOT DE USLE.
De trop l’aymer bien repentir Y se pourraient, est grand folye*.
Nul 11e les peut plus secourir,
Ne leur ayder, quoy qu’on nous die; Et est à eulx grant resverye De vouloir tenir longuement,
Que y luy3 perdront tous la vie,
Et defincront piteusement.
. SALLEBRY.
J'é volonté certainement De monter en hault en présence.
Pour voir la ville piaillement,
Que à la voir je prens plaisance.
•' Sic, pour plaint. 5 Que y luy. .
' Le manuscrit porte : et grand folye.
3ooo
. . car iis y |»er<lronl . ctr.
p 73 »*. Glassidas, j’ay espérance
Que nous l’arons en peu de temps.
GLASSIDAS
H n’en fault avoir nulle doubtance • Que ne l’ayez incontinent.
SALLEBRY.
J’é désir d’y vouloir aller,
Glassidas, et je vous ernprie Que avec moy vous en viengnez,
Et pour me tenir compaignie.
GLASSIDAS
Monseigneur, mais, je vous ernprie.
Allons y sans atendre plus;
Que joyeux suis, je vous allie.
D’avoir les François ruez jus.
Puis y a pause. — Sallebry et Glasitlas vont et montent aux Tourelles. Puis <1)1