‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 50 sur 222 · I.ors lit les lectres, en faisant grant admiration; puis dit · texte numérisé non relu

I.ors lit les lectres, en faisant grant admiration; puis dit

LE MISTER E Dü SIEGE D’ORLEANS.

TALLKBOT.

Par tous les sains, comme je crois.

C’est Irayson et decepvance.

fia ! liay ! voici grant desplaisance.

Est mort le conte Sallebry ?

LE .MESSAGIER

Ouy, monseigneur.

TALLEBOT.

Quant je y pense, J’en suis despiaisant et marry.

Je jure Dieu qui est lassus Se je n’y vois en ma personne,

Et sa mort vengera y sus et jus.

Contre François, qui que en groigne.

Retourne à eulx, sans plus d’aloigne, Que devant Orléans m’en yray.

Et pour mieulx faire leur besoigne,

Petit et grant n’espurgneray.

LH MESSAGIER

Monseigneur, à Dieu vous cumulant!

Je m’en revoys la droicte voye A messeigneurs, devant Orléans,

Le grant trot, que Dieu me convoyé!

TALLEBOT. *

Dy leur que je me mes en voye.

Pour les aller brief secourir.

Et qui m’est bien tari que je y soye, Pour les François faire mourir.

iinüo

Lors part le messagier, puis dil

TALLF.BOT.

Çà, messeigncurs, sans dciuourance.

Armez vous tout iucontinant,

Et vous mectez en ordonnance.

Pour aller au siégé d’Orléans.

Faictes tt soyez diligens De charger bombardes, canons, Serpentines à grant puissance, Arbalestes, bez de faucons,

Pouldres, pierres, maillez de pion, Jaques et auberjBns à maille.

Lances, voulgcs à grant foison,

Broches de fer, crochet, tenaille.

Je vueil que tout, comment qu’il aille,

Y soit mené devant Orléans,

• Que je vueil raser leur muraille,

Ville mcctre à feu et à sang.

LE MARESCHAL TALLEBOT.

Monseigneur, ne vous en doubtez,

Quant y vous plaira, partirons.

F* mi V. Je vois faire tout aprester,

Et faire les provisions.

Vivres aussi nous mènerons Avecques vostre artillerie,

Que les François ne dureront Devant vous heure ne demye.

TALLEBOT.

Mareschal, mès je vous emprie,

Faictes en ce cas diligence,

Ao5S

Anfii.

Que partir vueil, n’en doublez mie.

Sans plus en faire demourance.

LE MARESCHAL TALLKBOT.

Monseigneur, je vois en présence ,

Et ne vous doublez autrement,

Que vous en verrez apparence Avant deu\ jours certainement.

Puis y a pause. — Et le messagier du Roy dit :

LE MESSAGIER

Or, sui ge tant allé, venu,

Arrivé suis ou .droit repose ,

Quant noble inarcscha! j’ay veu, C’est le sire Sainte Sevaire.

Je m’en voys vers luy me retraire r 109 f . Pour luy annoncer mon messaige, Ainsi comme c’est chose voire.

De par le Roy très noble et saige.

Puis est monseigneur de Bueil, Jaques de Chambannes aussi;

Je les voy là, de noble aqueil Et de noblesse bien garny.

• Leur vois dénoncer tout ainsi Comme enchargé m’a esté,

Affin que tantoust acompiy Soit mon messaige et appoincté.

[S'adressant au maréchal :j

• Vers vous, mareschal de valeur.

Je vous viens cy faire messaige.

De par le Roy, prince donneur.

Vous mande, comme noble et saige,

Aogu

'llOD

Que vous et tout vostre bernage Vous amenez pardevers luy,

Pour faire aucun beau vasselaige.

Comme vaillant, preux et hardi.

Monseigneur de Bueil aussi.

Chargé je suis de le vous dire, Comment le roy Charles vous pry Que vous viengncz vers luy, de tire. • Et vous aussi, très noble sire, Monseigneur Jaques de Chambannes.

Venez à lui sans contredire.

Comme preux et vaillant en armes.

Incontinent et sans actendre;

M’a chargé que je le vous dye,

Que vous et voz gens vueiliez prandre, Et mener vostre compaignie.

Que ainsi faire le vous prie,

El que tous soyez diligent.

SAINTE SUAIRE

Acomply sera, n’en doubte mie,

Tout son plaisir incontinent.

Messeigneurs, vous avez ouy Du Roy cy présent son messaige, Comment nous est mandé par luy.

Que nous et tout nostre bernaige Vers luy uoys facions le voyaige;

Pour son vouloir aucunement,

Si dy que nous tous de coraige Devons lacomplir bonnement.

LE SIRE DE CHAMBANNES

Vous dictes bien certainement;

De luy obcyr c’est raison,

Et faire son commandement,

Luy complaire en toute saison,

' Que je me tiens de sa maison Pour luy obeyr et complaire,

* .Et le servir sans mesprisun

Du tout à son bon plaisir faire.

LE SIRE DK BEI Eli..

Au très noble Roy débonnaire Servir le veuil sans différence.

F* io3r\ De quelque cas qu’il ait affaire,

M’y emploiera)' de ma puissance.

De me# gens et appartenance,

Du tout en tout, sans faillir riens.

De mon corps et de ma cbevance,

A le servir sur toute riens.

SAINTE SL AIRE

Messagier, soye diligent De retourner au Roy, luy dire Que nous sommes tous désirant Servir nostre souverain sire.

Ne nul de nous riens ne desire Que de luy voloir obeyr.

LE MESSAGIER

Je feray qui devra suffire,

Luy rapporter vostre plaisir.

.Vers Theauldc de Vallepraigne,

Me convient devers luy aller;

C’est ung chevalier de montaigne,

Ai 45

Ai 55

Bien excellent, à bref parler.

Je luv vois mon fait reveler.

Aussi au sire de Gliaulmonl,

Je les voys tous deux saluer,

Puis que ainsi assemblez. sont.

J S'adressant h Tlicauldc de Vallcpaigne et au sire de Cliauiuoul :j

Très chiers et honnorez seigneurs,

Le Boy pardevers vous m’envoye,

P io3 v. Ainsi que ses amys greigneurs,

El où y prant plaisir et joye.

Ainsi comme c’est chose vroyo,

A vous deux mande assembleinent ‘Que vous plaise vous mectre en voye D’aller vers luy présentement;

En armes, vous et tous voz gens.

Vous prie que vous y viengnez.

Que, ainsi comme je l’entend.

Que c’est pour aucuns guerroyer,

Et, comme à ses amys privez.

Le vous mande expressément.

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’i i Su

THEAULDE DF. VALLEPAIGNE.

Enten tu, dy luy, messagier,

Nous ferons son commandemcnl.

Et vous, monseigneur de Chaumont,

Comme à moy le vous mande aussi;

Vous voyez comme y nous semont,

De -nous sera loyaulment servy.

Quant vous serez prest, je vous pry Que nous y aillons tous ensemble,

Il en sera plus resjouy,

Et mieulx en serons, si me semble. 4 ls1-

LE SIRE DK CHAUMONT

. Quant à de moy, je vueil servir Le Roy, mon chier seigneur et sire,

A son bon voloir.et plaisir,

F' iof. i*. En tous ses faiz sans contredire,

Qu’i n’est riens que plus je desire Que de le servir loyaulment;

Et moy et mes gens, tout de tire,

Yrons vers luy présentement.

THEAULDE DE VALLEPAICNK.

• Aprestons nous legiercment ,

Sans en plus faire de 'demeure,

■ Puis y alons honnestement.

Sans atendre ne pas ne heure;

Que, ainsi comme je procure,

11 a de nous necccssité.

LE SIRE DE CHAUMONT

Venu luy est quelque advanture, A»o5

Par quoy il nous a invité.

Aa.o

Aa.5

LE MESSAG1ER.

Or, ay je jà fort cxploicté Mon voyage certainement,

Et, par tout là où j’av esté,

Sont tous prcstz à mon mandement.

Ne me reste fors seullement Parler au sire de Vignoilles,

F' ioa a*. Dit La Hire, puis proprement Auray parfait en deux paroHes.

Je le voy là, en son demaine,

Aauo

Ai 9$

LE MISTERE DU SIEGE D’ORLEAiNS.

Si le me convient saluer,

Que c’est un vaillant cappitainc Qu’on pourroil au monde trouver.

j S'adressant à La Hiro :] •

Monseigneur, je vous viens noncer,

De par le roy Charles puissant,

Qu’i vous mande que vous viengnez Vers luy, en armes, et voz gens.

J.A HIRK.

Messagier, bien soyez venant.

Joyeux suis de vostre venue,

Quant le Roy de moy luy souvient, Joye si m’en est survenue;

Que y n’est riens dessoubz la nue, Chose que je desire mieulx.

Que le Roy de noble value Le puisse servir en tous lieux.

Tu luy diras que je luy mande Que je m’en yray devers luy.

Et de gens de fait une bende Luy merray, dont il sera servy.

• Que s’il a de quelque ung ennuy.

Ou qu’i soit en merancoiie,

K* io» r. Incontinant sera pugny

De moy et de ma compaignie.

LE MESSAGIER

Sire, de vostre seigneurie

Je prans congié, puis qu’il vous plaist.

Et au Roy, à grant chiere lye, .

* Luy diray que vous estes prest.

Itifi LE MISTER K DU SIEGE D'ORLEANS.

LA HIRE

Tu lu y (liras par exprès Que je feray ce <|u’i demande.

Et tout son plaisir loing et près:

Acompliray ce «ju'i me mande.

LE MESSAGIER

Or, ay je parfait mon message.

Au noble Roy vois dénoncer Comment chascun, de bon coraige, Veult tout son plaisir avancer.

fvf>rs y a pose. — El vient devers le Roy el dit :

Chier sire, je viens, sans cesser.

De vostre messaige parfaire,

K >o5 Lesquelz se sont tous efforcez

De tout vostre bon plaisir faire.

• Si les verrez tantost venir,

Que plusieurs sont jà en la voye ,

Et si ont trcstouz granl désir De vous servir à très grant joye.

LE ROY

Ta venue fort je desiroie,

Pour savoir de toy des nouvelles.

MESSAGIER

Chier sire, c’est bien chose vraye Que y vous sont bonnes et belles.

Pose. — Puis dit Tallebot, tout armé à blanc, à ses gens :

TALLEBOT.

0 Mareschal, l'aides, je vous prie,

Que nous partions, il en est temps.

Et menez nostre artillerie Avecques nous toul quant et quant; Qu'i n’est riens que désire tant Que la ville d’Orléans je voye , r F” 106 r. Pour estre encontreux combatant,

Et que à mon vouloir je y soye.

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