‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 6 sur 222 · PRÉ FAC K · texte numérisé non relu

PRÉ FAC K

S’il suppose ou ajoute un e là où il n’y en a pas, en revanche notre poêle n’en tient pas compte dans beaucoup de mots où il le trouve, et il en donne la preuve en le supprimant souvent, comme dans ces vers:

Ce <|ue i lemnndrei vous Tarez'.

Partiront et namtront plus *.

Par conséquent, il faut lire:

Ils n’arreslcroiit jour ne demy ■*.

comme si l e était omis. Donnera, donneront ne comptent souvent que pour deux syllabes; fera, feront, que pour une seule, comme dans des textes beaucoup plus anciens où l’on rencontre parfois ces formes : fra, front. Mais nous ne pensons pas que personne avant Fauteur du Mystère du siège £ Orléans ait effacé le premier e de périlleux , comme il l’a fait dans les vers ci-après, qui ne peuvent se mesurer autrement :

De mal et de danger périlleux*.

Laquelle est en danger périlleux 6.

Même suppression dans le mot chevalier:

Es tu chevalier? — ÎScnny; pour quoy6?

Nous n'avons pas besoin de dire que notre poète se permet les hiatus quand les hiatus lui sont nécessaires. Dans le cas contraire, il opère l’élision, ou plutôt la mesure du vers indique qu’il faut l’opérer. Car, dans les anciens textes, comme aujourd'hui encore, la lettre élidée ne laisse pas d’être fort souvent écrite. Seulement

PREFACE

on trouvera ici des lettres exprimées qui sont supprimées dans nos habitudes actuelles.

Parmi les singularités qu'on serait tenté datlribuer à notre poète, et qu il faut pourtant déduire de son compte, on remarquera la mesure du mot royaume , qui n’entre dans le vers que pour deux syllabes, et, en cas d’élision, se réduit à une. Les exemples abondent; nous en choisirons trois :

Que vostre royaume recou verrez1 *.

Et pour ayder, je le croy,

Au Roy à recouvrer son royaume *.

Ne plus puissance n’nront de gouverner En cesluy royaulme, ainçois gueres de temps3.

Les deux premiers exemples se trouvent dans des vers de huit syllabes, dont se compose la plus grande partie du poëme; le roisième appartient à un discours (pii est écrit presque entièrement en vers de dix syllabes, mesurés comme ceux de nos anciennes chansons de geste. Dans les trois cas, royaume ne fournit au vers qu'une syllabe : rau»i(e]. L e final est muet.

Plus d'un siècle auparavant, dans la chronique métrique de Godefroi de Paris, on trouve le même mol dans les mêmes conditions:

De tout le reaume avoit la cure *.

Ce fu cil à cui fu commis Du royaume le gouvernement4.

Dont deslionnor

Avint au royaume elgranl meschief*.

1 F. A35. * Ms. de la Bibliothèque impériale . l'omis

’ P. 719. fr. i46, fol. 80 v\ col. 3.

5 P. 781. * Fol. 60 v*. col. 3.

* Ms. de la Bibliothèque impériale . fonds fr. i46. fol. 80 v\ col. 3.

xm

PKK FA Œ.

Kt avec eiz maint soudoier Du royaume et de divers pais1.

L orthographe du mot. dans le premier de ces exemples, en indique la prononciation, el explique ce que le fait peut avoir d’étrange à nos yeux.

Le nom de la ville d'Orléans donne lieu, dans notre poème, à une observation analogue: il n’y compte que pour deux syllabes, et l e y parait négligé comme dans nouveau ou dans beau. On sait que dans des textes plus anciens on trouve déjà Orliens en deux svllabes.

Nous pourrions aisément multiplier ces remarques, comme nous aurions pu multiplier les notes au bas des pages; mais ce serait faire injure au lecteur el nous donner à trop bon marché des airs de science qui enfleraient inutilement ce volume déjà si gros. Terminons cette introduction, comme nous l’avons commencée, en plaçant sous la protection du grand nom de Jeanne d’Arc et le Mystère du siéffe d'Orléans et le travail de ses éditeurs.

1 Fol. fifi v*. roi. 1.

PERSONNAGES

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