‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 63 sur 222 · IL · texte numérisé non relu

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Où nous n’avons gueros amendé.

Comme j’ay ici regardé,

Il y a aujourd'uy Irois mois Que lions avons cy abordé Grant nombre de poissons Anglois.

LANCELOT DE LISLE

Le xnc jour d’octobre Arrivasmes premièrement ,

Où y fut fait uiig grnnt obprobre D’armes très furieusement ;

Or, sommes nous présentement Au me de janvier :

Ce sont trois mois entièrement.

Sans estre do ce port bougez.

FOtJQlLAMBEHGK.

Il est vray. Donques, je conseille Que promptement on les assaille,

Et que très fort on les resveille.

De tous coustez qu’on le leur baille.

Icy lerrez une bataille Qui pour les Torrelles garder; D’aultrc costé, comment qu’il aille, Conviendra que les assaillez.

K1 i sa »\

LE BAILLI D’ESVnEÜ.V.

Sire Tallebol, c’est bien dit ; Traverser nous fnult la riviere,

Et y mener, sa#s contredit.

Gens pour tenir bon de frontière.

Puis, desployez vostre bannière.

Pour les assaillir sans delfuult.

A cjoy

Je ne croy janiès, du contraire,

Que vous ne les ayez d’assault.

LE SIRE DE GRES

Messeigneurs, y fault adviser Lesquelz vous merrez par delà;

Il est temps en disposer,

Tant cculx qui demorront deçà;

Que ung chascun de nous fera Tout ce que avez propposé,

Et deust estre fait «lès pieça.

Si croy, c’est beaucoup demoré.

LE SIRE DE MOUNS

Il est encores assez à heure,

Tous les jours nostre ost se renforce;

■Ve fault que une bonne adventure A qui Dieu envoyera la force.

Y convient que chascun s’efforce A faire ung assault fort cruel,

Dont les François auront la force,

Mais qu’on leur face bien nouvel.

LE SIRE DE PONT

En ce fait, je conscilleroye Que on y proveust chaudement.

De toutes parts les assailleroye.

Four faire fin aucunement.

Vous avez bon commancemèïit,

Quant leur riviere vous avez;

Deçà ne sauldra nullement Ung ozillon, vous le savez.

GLASIDAS.

Messcigneurs, vous savez assez, a^sô

Longuement avez esté cy.

Dont les François avons grevez.

Et mis en tourment et soussy.

Si nous ont fort lassez aussi,

Mais, non pourtant, quelque rigueur A9S0

De guerre ou traveil, par ainsi François n’ont pas eu le meilleur.

TALLBBOT.

J’ay ouy les oppinions

De vous chascun, de part en part,

Si en fais les conclusions

Icy présent, que Dieu nous gart !

Glasidas, quant de ceste part.

Les Torrelles vous garderez,

Et à voz gens aurez regart.

Pour les conduire et aourner. *970

Vous, le sire de Fouquamberge,

Bailly d’Esvreux, sire de Grès,

Avecques luy, en ce passaige.

Si vous pry vous y demorez.

Sire de Pont, aussi serez A970

Avec le sire de Molins,

Et la Sauloigne vous garderez.

Tout ce pays, à toute fins.

De. l’autre couslé nous yrous.

Le vaillant c<$ite de Suflort a«»8o

Et son frere nous y nierons,

Qu’il est ung prince de grant port;

Le sire d’Escalles, le fort,

LE MISTERB DU SIEGE D ORLEA.NS.

Ovec toute sa compagnie,

Nostre marcschal Lancelot,

Qui conduira la seigneurie.

Me semble que sommes assez,

Avccques nostre artillerie

Et tous mes gens, qui, sans cesser,

Ne désarmeront, je vous allie.

De deçà, ne vous faignez mie,

Quant viendra que l’assault baillerons; Et croy que ne demorra mie Gueres que la ville n'ayons.

GLASIDAS.

Monseigneur, par voslre ordonnance.

Nous ferons ce qu’il vous plaLsa.

Menez voz gens sans differance.

Et nous deuiorrons par deçà.

Si besoing est que aillons là.

Vous ne nous pourrez que mander.*

De vous et de nous en aura Secours, ainsi que l’entendrez.

TALLEBOT.

Or sus, trompetes, sy sonnez,

Et toute nostre compagnie Se vueille icy assembler A partir, en la seigneurie.

A Dieu, messeigneurs; je vous prie, Faictes si bien de vostre part,

Affin que chascun de vous die Que victoire aura le liepart.

KOliQUAMBEBGE.

Lieutenant, ne vous en doublez,

AÿgS

ÜOÛO

5oo5

De ceste part nous y ferons Si bien que François maudiront Qu’il ont voulu résister.

TALLEBOT.

Je vous vueil bien dire et noter Que avant huit jours les arons.

PiiAi». GLASIDAS.

Lieutenant, ne vous en doubtez.

De ceste part nous y ferons.

TALLEIIOT.

Adieu, nous allons aprester

Pour aller, et nos compagnons | I»uao

Quant sur les François chargerons,

Gardez vous bien de tous coustez.

• LE BAILLY D’ESVREIX.

Lieutenant, ne vous en doublez,

, De nostre part nous y ferons

Si bien que François maudiront 5r.aj

Qu’il ont voulu résister.

Ivors Tallebot part, et toutes ses gens, à Ironipetes et clairons; el passent la rivière nu droit de Saint Lorens; puis le baflray sonne d'Orlcons; el tous les François seront ensemble, tous armez, et viennent au devant. Fuis dit

MONSEIGNEUR DE DUN0I3, lnuar.1 d’oHr»»-.

Aux armes tous, comment qu i soit.

Voylà les Anglais cy venir,

F* 1*5 <*■ Devers Saint Lorens, tout le droit.

Si nous convient sur eulx courir,

Que y ne puissent parvenir A leur très mauvaise entreprise.

Messcigncurs, pensez de saillir En fait d’armes et vaillantise.

SAINTE SUAIRE

Aller nous convient audevant, 5«.3â

Qu’en riens ne nous puissent surprandre;

Qhascun y vueille estre vaillant.

Et penser de soy bien dcITendre.

Je congnois que y veullent tendre

A nostre cité assiger

Si nous convient bien y entendre.

Et soigneusement y songer.

LA IIIRE.

Partir fault, sans actendrc plus,

. Et, tant qu’i sont en desarroy,

Saillir y nous convient dessus. i°4s

En coraigc et en grant arroy.

Je suis tout presl, quant est de moy,

Et sont mes gens en ordonnance;

Qu’il est heure, comme je voy.

Sans etï faire plus diflcrar.ee. 5o5o

THBAULDB DE VALLEPAIGNE.

Je les voy forment apresser.

Et descendant vers Saint Lorens.

Y nous peuvent trop fort cnpresser,

Et nous enfermer cy dedans;

Si vault inieulx aller au devant »o55

Pour résister allencontre.

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De souiïrir venir trop avant.

C’est pour nous donner mal encombre.

POTON

Faictes les trompâtes sonner.

Qui donront à noz gens coraige.

Pour nos anemis dommaiger, Qui sont au long de ce rivage:

Adlin que ne facent dommaige Rn apressant près de la ville.

Pour leur deflendre le passaige.

F.t leur mauvaistié est subtiiie.

LE SIRE DE SAINTRAIIXES

Quant vous vouldrez, nous sommes prest A partir tout présentement,

Si n’en vueÜlez plus faire arrest.

Voicy voz gens entièrement.

E" nfi rV LE SIRE DE DU.NOIS. LwUrd d’Offeaiu.

Conduisez vous honnestement Sans saillir sur eulx à la foulle.

Que vous pourriez aucunement Peut estre y perdre coq et poulie.

Or sus, seigneurs, en ordonnance.

Laliire fera l’avangardc,

Vous, seigneur maresclial de France, Aussi vous vous en prendrez garde;

Nous autres, pour l’arriere garde Fort de près nous vous suyverous.

Que chascun en son fait regarde Adlin que nous résistions.

Lors partiront. Puis dit

TALLEBOT.

Mcsscigneurs, chascun bien entende,

Je voy noz anemis qui saillent

En une très notable bande, 5o«.i

Et voy bien que y nous assaillent.

Mectez vous y tous en batailles

Pour résister leur assault.

Sans espargner boyaulx, vcntrailles.

Tuez tout, soit petit ou hault. 5«oo

r n6 %•. LB CONTE DE SUPPORT.

Je les voy oppresser moult fort Et ne sommes pas bien en point;

Que ebascun soit de bon accort Résister à toutes fins.

N’ayez point en vous les cueurs vains, So«i5

Soyez hardiz, victorieux;

Se vous gaignez, soyez certains Jamès ne sera parlé d'eulx.

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