GAUCOURT
C’est la cliose que plus desire :
Anglais grever de ina puissance.
POTON
On les doit du tout desconfire De. venir ou royaulme de France, Ouqucl n’ont nulle appartenance Ne nul droit, chascun le peut dire.
ifi7 r\ VBRDUNG.
C'est la chose que plus desire :
Anglois grever de ma puissance.
Et employer or et chevance De tout mon povoir les destruire.
Lors icy y a pause longue. — Puis le roy de France se mettra a genoux paradis; et dit
LE ROY
O Dieu très digue et glorieux.
Puissant, cternel roy des cieulx!
Je vous pry, ayez souvenance De moy dcsplaisant, soucieux,
Quant je regarde de mes yeuix Mon royaume qui est en doubtance.
A 1 Dieu du ciel, Dieu de puissance,
G Ko*.
68oS
devers
«Stô
Plaise vous avoir remembrance •
* . De me secourir, il fust tant ; . .
En moy n’est plus nulle espérance Ne avoir de nul recouvrance,
De homme qui soit, tant soit il grant. Jliesus ! se je vous av niellait Et que envers vous av forfait, iéj Vous requiers pardon humblement.
Et que je ne soye delfait,
Ne le royaulme ainsi contrefait Par anemis villainemcnt.
Y vous a pieu certainement Me bailler le gouvernement Du royaulme, par permission;
Se j’è fait faulte aucunement.
Je m’en reprens très grandement.
Vous requérant remission.
O créateur de tout le monde.
En qui tout pouvoir si babonde .
El dont vient consolacion.
Là où vostre vertu redonde,
Y n’est riens sur la terre ronde Où n’ayez dominacion.
Or voy ge la destruction Du royaulme et la perdicion.
Se vous ne mcctez à garant.
Helas! ayez compassion Par la vostre rédemption.
Plus n’ay d’espoir que à Orléans:
Or n’y scav plus qué confort querre Je voy, par fortune de guerre,
168 ic. Et suilisant de la tenir.
Je vueil delesser le pays
iîfif.
LE MlSTERE DU SIEGE D'ORLEANS.
Kl inc consent estre desmis,
Y ray Dieu, se c est vostre plaisir.