N O STR K DAME
I) chier lilz ! très devotemcnl Et très affectueusement,
Je vous requiers tant que je puis Que ne souffrez aucunement Au monde tel encombrement Comme je voy qu il est empris :
C’est que le roy des fleurs de liz.
Que en dignité avez mis Conduire le royanlme de France,
Qu’i soit par estrauges souhmis.
Et que ccluy roy soit desmis,
Chier filz, ce seroit viollence.
Ces Anglois, venuz d'Engleterre.
N’ont nul droit en icelle terre De France, n’à culx n’appartient.
Or voy par fortune de guerre Le vcullent avoir et acqucrre .
Et mectre le Roy au néant,
Qui est vray roy des crestiens El sur tous les roys parmanant Esleu par la vostre elemence.
Si lesanemis ont Orléans.
Y conquestront le remanant A leur voulenlé et plaisance.
O mon filz ! doulceinent vous prie Que ce fait vous ne souffrez mie.
De nostre bon roy crcstien,
Que perde ainsi la seigneurie De France et noble monarchie
tiSâ.S
F* iHq i".
Oui est si noble terrien.
C’est le royaume qui tout soustienftj Crestienneté et la maintien[t].
Par la vostre divine essence,
\e autre n’y doit avoir rien :
Au roy Charles luy appartient],
Qn’il est droit heritier de France.
SAINT EUVBKTRB.
Pore tout puissant ! humblement Vous voulons prier et requerre Que y vous plaise aucunement Garder vostre bon roy de guerre.
Lequel vous a voulu requerre. Humblement, en miséricorde.
Contre par qui il est en serre.
Sans avoir pitié ne concorde.
Chier Sire, vous savez aussi Quant vint à mon cslcclion.
Que evesque je fus par ainsi :
Fistcs ma procréation Par vostre salutation,
Moy indigne de vostre grâce:
De ma constitution
Fut à Orléans là mon espace.
•Dont pour lesquelz je vous supplie Qu’i vous plaise les préserver;
De celle grève viilcnnye De guerre qu’i soient conservez.
Leur patron fuz, vous le savez.
Et par la vostre providence.
Sire, vueillcz obtempérer A les garder de ceste offence.
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‘.»(i8 LE MISTERE DU SIEGE D’ORLEANS.
SAINT AÏGNAN.
Chier pcre, ayez en ramenbrance Pitié des liabitans d'Orléans !
» Y vous pleut par vostre ordonnance Que evesque fuz, moy inocent.
Je vous pry, soyez souvenant De la glorieuse promisse,
Quant vous fistes parler l’enflant Pour m’octroyer ce bénéfice1.
Pour iceulx je vous vueil prier,
En leur grande nécessité,
(lue vous leur vueillez octroyer La paix cl la Iransquilité;
K* 1Ü9 «*. Qu’i sont en grant adversité
A tort, sans eause et sans raison,
Par genz rempliz d’iniquité,
A qui n’appartient la maison.
DIEU
Mere, j’é très bien entendu Que m’avez fait une requesle Pour mon peuple, qui est perdu Par' leur vie faulse et deshonncste.
Je congnois que chascun s’apreste A moy du tout desobcyr;
Nulluy 11e fait riens qu’à sa teste,
Sans me voloir de riens servir.
Prostrés, bourgeois et laboureux,
Gens de pratique et autrement.
De présent sont tous deccpvcurs
(hj3o
1 Allusion à 1« manière dont saint, lignnn fut «lu dvèquo et'Orldaus. Voyez lu vie de m. suint.
D’eulx gouverner injustement.
Tout se maintient meschanteinent.
Sans nulluy (le moy tenir compte; Dont les delessé povrement Gheoir en déshonneur et honte.
Puis les plus grant d’auclorité.
Les haulz princes, ducs et barons, Rempliz d’orgueil et vanité, Maugreeurs, jurcurs et félons.
Que de moi nulle mémoire n’ont K* 17.. r*. Ne ne vous ont en reverence,
Mais tout à opposite sont,
Vivent du tout à leur plaisance;
Je ne puis ce fait consentir Vostre requeste, chere mere.
Que l’air si est empuanty
Pour leur vie orde et depulaire1, •
Ne 11’ont en aucune maniéré De vous ne de moy ramembrance.
S’ilz endurent de la misere,
Vous savez, c’est droite sentence.