MICHEL ANGE
Mon chier seigneur, en grant coraige Acompliray vostre ordonnance Vers la pucelle bonne et saige:
Le cas luy dirav en presence,
Je y vois, sans nulle différence,
Faire vostre commandement.
DIEl’.
Que elle aye bonne fiance.
Sans sov esbayr nullement.
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Pose d'orgue?. — Et vient devers la Pucelle gardant les brebii de son pere et queusant 1 en linge.
MICHEL
Jeune pucelle bien eurcuse,
Le Dieu du ciel vers vous m’envoye, • Et ne soyez de rien peureuse,
Prenez en vous parfaicte joye.
Dieu vous mande, c’est chose vraye, F* 17» *•. Que y vicult estre avec [que] vous, Où vous soyez en quelque vove;
Si n’ayez point, doneques de poux2.
Sa voulenté et son plaisir Est que vous aillez à Orléans,
Pour en faire Anglois saillir Et lever le siégé devant.
Se de vous sont contredisant,
En armes vous les convaincrez,
Ne contre vous ne seront puissans; Mès de tout point les subjugrez.
Puis après, y vous conviendra A Rains mener sacrer le Roy,
Que ainsi Dieu vous conduisa,
Et Charles oster hors d’esrnoy.
Combien qu’il ait beaucoup desroy5 Et pour le présent fort à faire,
Dieu le fera paisible en soy.
Que il a ouy sa priere.
Et au seigneur de Baudricourt,
Vous luy direz que y vous mayne Incontinent, le chemin court,
1 Cousant.
’ Poux, pour.
Le même que désarroi.
Que il est vostre cappitaine.
Ainsi que c’est chose certaine.
Devers le Roy vous mènera ,
En abit d'omine, toute seine.
Que Dieu toujours vous conduira.
LA PUCELLE
Mon bon seigneur, que dictes vous ?
Vous me faictes trop esbaye :
Cecy nç vient point à propoux .
En ce je ne scay que je die.
Moy, povre pucclle, ravye
Des nouvelles que vous me dictes,
Sachez, je ne les entend mie,
Que y me sont trop auclentiques.
Je ne vous pourroye respondre Ainsi, moy, povre bergerete.
Vous qui cy me venez semondre.
Comme une simple pucelete,
Gardant es champs dessus l’erbete Les povres bestes de mon pere.
Une jeune simple fillete ,
Vous dis sont à mon bien contraire.
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