‹ Le mistère du Siège d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la Bibliothèque du VaticanChapitre 10 sur 158 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

La ville, et les habitants Enfermer comme en une tour.

Y sont pris comme le butour Oui est dedans la sauterelle; Il n'en sauldront ne nuvt ne jour.

Non feroit une torterelle'.

Le poëme primitif s'ouvrait, à ce quii nous semble, par la résolution qu'exprime John Falstafl' daller au secours de ses compatriotes (p. 209). et dont il indique les motifs de manière à former une exposition très-suflisante. C'est plus tard sans doute, après 1^39. que l'auteur aura juge' à propos d'ajouter à son œuvre un vaste prologue, comprenant tous les événements antérieurs depuis le départ d'Angleterre du comte de Salisbury. comme il y a intercalé après coup l'épisode du combat en champ clos de deux hommes d'armes gascons contre deux Anglais ^. Et ainsi s'expliquerait fort bien la diflerence que nous venons de signaler el d'où nous tirons une conclusion à laquelle nous arrivons d ailleurs par d'autres chemins.

Parmi les nombreux personnages de notre mystère, il en est 1111 (pii y joue un rôle des plus honorables, mais dont la fin ignominieuse dut vouer le nom à une longue exécration. Nous voulons pailler de Gilles de Rais. Déjà riche à la mort de son père, «pi'il perdit à l'âge de vingt ans, Gilles de Rais le devint bien plus encore lorsqu'en i^Sa il eut hérité de Jean de Craon. son aïeul maternel. Il semble que sa fortune, prodigieuse pour le temps, lui ait causé une sorte d éblouissement. Il crut que rien ne pouvait plus mettre de bornes à sa puissance ni faire obstacle à ses désirs. Déjà blasé sur tout ce qui peut être le but d'une noble and)ition, sur la gloire militaire, par exemple, il se jeta à corps perdu dans les j)laisirs de tout genre, pour arriver enfin à l'abîme

' I'. 201. — ^ Voir ci-dessus, p. iv, et plus loin. p. a8i.

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