PRÉFACE. XV
Voiià ce qui nous confirme encore dans notre opinion, que le Mystère du siège d'Orléans fut représenté dans cette ville en i ^35 V^ et en l'iBc). non pas tel quil nous est parvenu, mais sous la l'orme moins développée dont nous avons marqué létendue.
Le prologue put être ajouté pour la fête du 8 mai i4/io. et le Bâtard d'Orléans salué de son nouveau titre; mais, les années suivantes, qui eût osé faire dire par le roi à la Pucelle :
Et pour vous conduire voz gens Aurez le mareschal fie Rais'.
Qui eût osé montrer le su[)plicié de Nantes amenant Jeanne à (Jrléans"'? Aussi voit-on qu'en i4^6 on représentait, à la fête du 8 mai. le mystère de saint Etiemie.
Dira-t-on que notre mystère a pu être composé beaucoup plus tard, dans le dernier tiers du xv* siècle, vers 1^70, par exemple, er quà cette époque l'impression causée par la mort infamante de Gilles de Rais devait être déjà très-alTaiblie? G est une supposition que nous ne saurions repousser d'une manière absolue, mais qu il nous répugne dadmettre comme naturelle. Trente ans ne suffisent pas à effacer la trace de forfaits tels que ceux dont la justice demanda compte au maréchal: et si, après ce laps de temps, on se rappelle encore les noms de criminels célèbres par leurs seuls crimes, à plus forte raison n'aurait-on pas oublié celui de Rais; et de quel œil. en ce cas. Teût-on vu jouer un rôle honorable dans une pièce où figurait Dieu lui-même.
Nous venons d'avancer, par hypothèse, jusqu'aux environs de l'an 1^70 la composition de notre mystère. Si nous nous arrêtons là. c'est que l'écriture du manuscrit ne semble guère nous permettre d'aller plus lom. Nous ne croyons pas avec M. Quicherat.
P. /,.3i.^ p. /,38. Ziie etsuiv.